31/10/2010

Décès de Georges Haldas, Une sacrée page se tourne

Jeune, je jouais de la musique dans un sous-sol du Boulevard Carl-Vogt. Dans le même coin, je fréquentais les bistrots avec mes potes. À 21 ans, je m’établis sur ce boulevard de Genève, au-dessus du resto de la « Boule d’Or ».

 

C’est dans ce quartier populaire et animé que je rencontrai à de multiples reprises l’écrivain Georges Haldas. Il noircissait des feuilles de papier au café « Chez Saïd », en zyeutant le papelard de tout prêt, vu ses problèmes de vue. Je le croisais aussi fréquemment dans le parc du Musée d’ethnographie, sis dans la même rue. Il flânait et méditait sur les bancs, pensant certainement à ses prochains écrits.

 

Ce poète relatait les histoires simples de la vie, témoin de son époque et de son environnement. Avec beaucoup d’humour et de bon sens, il s’intéressait aux êtres humains et à leurs histoires. C’est certainement grâce à cette humanité, qu’Haldas s’engagea humblement pour la paix et pour l’autodétermination des peuples, dont particulièrement celui de Palestine.

 

« Les morts, quand vous les oubliez, vous les tuez une deuxième fois. », disait-il. Vu son œuvre, la récidive n’est pas à l’ordre du jour.

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11:10 Publié dans Culture | Tags : haldas, ecriture, culture | Lien permanent | Commentaires (0)

18/07/2010

En verve

Je lis « En verve » de Boris Vian, recueil des envolées lyriques et humoristiques de ce virtuose du langage.

 

Vous aimant, je vous ai sélectionné quelques passages dont vous me donnerez des nouvelles. Commençons par le sein : « Ne sachant pas à quel sein me vouer,  j’ai choisi le plus confortable, le sein gauche de Marilyn Monroe, le droit est un peu fatigué par la vie quotidienne qu’il mène. »

 

Vian est assurément un philosophe à étudier : « On se rappelle beaucoup mieux des bons moments ; alors , à quoi servent les mauvais ? » Ses grands questionnements touchent tous les aspects de la vie quotidienne : « Pourquoi est-ce qu’on a envie de pisser toutes les fois qu’on vient de trouver la bonne position pour dormir ? »

 

La violence militaire l’exaspérait : « Militaire : variété d’homme amoindri par le procédé de l’uniforme qui est une préparation à l’uniformité totale du cercueil. » Ou encore : « Le pluriel du général, c’est des générés. ». Bis stp : « Laisser la littérature aux mains des imbéciles, c’est laisser la science aux mains des militaires. »

 

Les cons, je les ai déjà évoqués, voici un extrait illustratif : « C’est drôle comme les gens qui se croient instruits éprouvent le besoin de faire chier le monde. » Si l’analyse des humains le passionnait, celle des animaux l’amennaient sur des pistes novatrices : « Il y a deux façons d’enculer les mouches : avec ou sans leur consentement. »

 

Il parlait de Q avec talent littéraire : « Les mots et les pets ont ceci de commun que ce sont des volumes d’air qui sortent aux extrémités, du tube digestif. S’exercer le Q pour parler. »

 

Conclusion Monsieur Vian : « Rions gaiement de la censure, des culs gelés et des pisse-froid. » Exécution !

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08:21 Publié dans Humour | Tags : verve, vian, humour, ecriture | Lien permanent | Commentaires (3)