18/08/2012

Bilan des 100 jours de François Hollande

Ce n'est qu'un début, continuons le combat !

                                                                                                             

Le tocsin a sonné. L'heure du bilan des 100 premiers jours de la Présidence de François Hollande est arrivée. Tous les médias titrent dans ce sens. Les commentaires fusent. On questionne déjà les Françaises et Français pour percevoir leur niveau de satisfaction. Futilités !

 

Hollande a toujours affirmé qu'il inscrivait son action sur la durée de son mandat de 5 ans. Pas de coup médiatique superficiel. Loin, les effets de manche made in Sarkozy. Dans cette actualité complexe, l'élu socialiste veut graver son changement dans le marbre et éviter la poudre aux yeux. Le jeu politique axé sur l'insignifiant est enterré. Le changement qu'il porte se concrétisera lors d'un long marathon et pas par saupoudrages aussi légers qu'inefficaces.

 

Son style est bien différent, presqu'anachronique dans cette société de l'instantané et du zapping. Le projet politique reprend le leadership sur les jeux des petites phrases tonitruantes. La réforme en profondeur supplante l'action pschitt, sans effet ni importance réelle !

 

Françoise Hollande, comme son gouvernement et sa majorité parlementaire, prennent leur temps pour réfléchir, étudier, consulter, dialoguer, puis concrétiser, avant d'évaluer et éventuellement corriger. C'est avec cette ténacité et ce sérieux que la véritable réforme de la société se déploie. Seuls les impatients peuvent être déçus ; qu'ils ne confondent pas empressement avec efficience.

 

Dans la dynamique de cette réalisation dans la durée, l'escarcelle des succès se remplit progressivement.

 

Sans viser l'exhaustivité, les exemples de réussites sont déjà nombreux ... Le comportement du politique est en mutation. Les Ministres ont réduit leur salaire dans un souci d'exemplarité et se plient à une charte éthique rigoureuse. Le train de vie des élus est réduit. La mixité est la règle au sein du Conseil des Ministres. Les femmes occupent la moitié des sièges, elles qui étaient condamnées depuis trop longtemps à n'occuper qu'un petit nombre de sièges, souvent subalternes. Hollande a mandaté le sage Lionel Jospin pour former un groupe de travail devant moraliser la vie politique et stopper le cumul des mandats politiques.

 

La loi contre le harcèlement sexuel a été ficelée rapidement. Le SMIC a été enfin augmenté, même si cette hausse reste insuffisante. L'allocation de rentrée scolaire a sui le même sort bénéfique. La retraite à 60 ans a été rétablie pour les travailleuses et travailleurs accomplissant des boulots pénibles. Une enveloppe de nouveaux postes d'enseignement a été accordée, mettant fin  aux coupes budgétaires récurrentes de la droite. L'école est redevenue une priorité pour cette nouvelle majorité de gauche. Un signe prometteur pour construire un projet d'avenir pour le pays. Le détricotage des lois fiscales sarkozystes, qui favorisaient indignement les grandes fortunes, a commencé. La police de proximité, remède pour lutter contre l'insécurité, retrouve de la vigueur dans les quartiers les plus risqués. Les loyers dans les villes asphyxiées par la spéculation sont désormais encadrés.

 

Au niveau international, la voix de la France compte, à nouveau, dans le concert des grandes puissances. Avec son humour, son sens du contact facile et son intelligence vive, François Hollande a vite trouvé sa place parmi les dirigeantes et dirigeants de la planète. Quoi qu'en dise ses adversaires, la France a pris la pole position pour favoriser la paix et la démocratie en Syrie. En Afghanistan, le nouveau Président tient sa promesse et à lancer le retrait des troupes françaises. En Birmanie, sa rencontre avec Aung San Suu Kyi est un signal fort en faveur des libertés. Dans l'Union européenne, François Hollande a impulsé la croissance, reléguant l'intégrisme « austéritaire ».

 

De nombreux chantiers se sont ouverts ou sont programmés pour faire évoluer la France, l'Europe et le monde. Le changement, c'est maintenant, même si les résultats ne sont pas tous immédiats.

 

Un seul vrai bémol ! La politique d'exclusion  menée à l'encontre du peuple persécuté des Roms. L'acharnement du Ministre de l'Intérieur Manuel Valls est une trahison aux idéaux socialistes, qui entache les débuts de l'ère Hollande. Le Président de la République ne pourra pas le laisser agir plus longtemps. La Première Secrétaire du Parti socialiste français et Maire de Lille Martine Aubry ne décolère d'ailleurs pas contre Valls. Elle a même écourté ses vacances pour venir commenter avec désarroi le démantèlement d'une résidence de Roms dans sa ville, sans qu'elle soit informée,  nonobstant son programme d'intégration des gens du voyage novateur et remportant de beaux succès.

 

Après 100 jours au pouvoir, il est bien trop tôt pour tirer un bilan crédible de l'action de Hollande. Ses débuts sont prometteurs. Le style sobre, normal et proche de la population donne un air rafraichissant à la politique et à la France. Ce n'est qu'un début ... Continuons le combat !

 

Christian Brunier, ancien député socialiste

27/07/2012

Des gestes simples qui rendent humain l’exercice du pouvoir

« Une présidence normale, c'est une présidence morale. »

François Hollande

 

Nous pouvons juger profondément la personnalité de quelqu'un, en analysant sa façon de se comporter avec les gens simples, dans des endroits discrets. Personnellement, lorsque je recrute une collaboratrice ou un collaborateur, je demande souvent aux personnes de l'accueil ou du secrétariat comment la personne s'est comportée avant d'entrer sous les projecteurs ou en sortant ? C'est là que les vrais caractères des gens s'expriment, loin des jeux de pouvoirs et de séduction.

 

En politique, nous retrouvons les mêmes travers. Lorsque j'étais Président de parti ou Chef de groupe parlementaire, je questionnais le personnel environnant les élues et élus sur la façon d'être de ceux-ci. Pas de hasard. Les politiques les plus respectueux avec les collaboratrices et collaborateurs les assistant dans leurs complexes missions, étaient, sans hésitation, celles et ceux s'engageant avec le plus de sincérité pour le bien commun. De droite comme de gauche, ce diagnostique fonctionne. Loin des projecteurs et des médias, nous pouvons mesurer très concrètement la force des valeurs de chaque élue ou élu.

 

A l'Elysée, dès sa première arrivée, François Hollande a fait stopper sa voiture officielle pour saluer les agents responsables de sa sécurité. Puis, il a fait de même avec chaque collaboratrice et collaborateur du siège de la Présidence française. Tout le monde est resté pantois, peu habitué à cette reconnaissance.

 

Le staff élyséen pensait que ces gestes de sympathie étaient là pour marquer ce premier jour de Présidence. Une exception. Que nenni ! Le bougre récidive chaque jour. Cette marque de politesse et de considération devient une habitude. Un petit bonjour par là. Un comment ça va par ici. Le Président français crée de la connivence, valorise l'ensemble de l'équipe. Il s'intéresse aux autres.

 

Un ancien fonctionnaire du Palais de l'Elysée était, comme ses collègues, tétanisé par les Présidents précédents. Hollande propage de l'humanité, tisse de la confiance et génère de la sérénité.

 

Cette marque de fabrique de l'exercice du pouvoir, avec humilité et respect, confère de l'authenticité aux combats du Président François Hollande en faveur de l'équité sociale.

 

Un pouvoir humain s'engageant sincèrement pour les autres humains.

 

Christian Brunier, ancien Président du PS genevois

14/07/2012

14 juillet 2012 : Hollande, sobre, digne, voulant tout simplement le bien des Françaises et des Français

Pour le premier 14 juillet de sa Présidence, François Hollande rétablit l'interview traditionnelle du Président de la République française. Un rendez-vous intimiste avec les Françaises et Français. Plus de Garden-party bling-bling à l'Elysée. Il juge ce moment primordial, après deux mois de Présidence et des débuts passés souvent à l'extérieur, absorbé par des conférences internationales. « J'étais éloigné géographiquement, mais pas politiquement », confie François Hollande.

 

En début d'intervention, il rappelle ses priorités : croissance, justice sociale, emploi.

 

Les premières questions fusent à propos des 8'000 suppressions d'emplois annoncées par le groupe PSA Peugeot / Citroën. François Hollande est choqué et favorable à une intervention de l'Etat : « L'Etat ne peut pas rester indifférent. » Il s'étonne du report de cette dramatique annonce après les élections présidentielles, égard troublant envers l'ancien gouvernement. Il estime « trop facile de dire que c'est la faute du coût du travail » et fustige le comportement des actionnaires qui ont pensé prioritairement à leurs privilèges avant d'investir pour l'avenir de leur entreprise.

 

Le nouveau Président français a commandé un rapport d'expertise, dont la livraison est fixée avant la fin du mois de juillet 2012, pour connaître la vérité économique de ce groupe automobile. Il juge le plan stratégique de PSA « pas acceptable » et encourage la concertation. Sa porte est ouverte aux syndicats. Il va définir, avec son gouvernement, un plan stratégique du domaine automobile français. Ce document de mesures comprendra certainement une incitation à acheter des véhicules fabriqués en France, notamment en privilégiant les véhicules propres, dont les autos hybrides. Des mesures encourageront, en outre, la recherche et l'innovation. Au passage, il glisse une peau de banane sous la prime à la casse votée par l'équipe Sarkozy. Cette mesure a été onéreuse pour les finances publiques et a encouragé particulièrement l'achat d'automobiles bas de gamme, polluantes et fabriquées à l'étranger.

 

La situation est grave. François Hollande le reconnaît, mais connaissait la situation auparavant. L'endettement a atteint le record de l'histoire du pays. Le chômage se situe à un niveau très inquiétant. Le déficit commercial extérieur est lui aussi au plus haut. Le Président français reste néanmoins déterminé et rappelle ses 60 promesses de changement, dans la durée.

 

Il y aura des efforts à entreprendre. Hollande ne cachent rien de la situation. Il assure qu'ils seront justes : « Ces efforts doivent être cherchés vers ceux qui ont le plus. »

 

Pour les dépenses publiques, il vise une maîtrise des comptes en agissant sur tout ce qui n'est pas douloureux et pas utiles : voyages onéreux, actes de prestiges, bureaucratie excessive, ...

 

Lorsque les journalistes lui reprochent de n'avoir pas remis en cause le Pacte européen de stabilité budgétaire, il rétorque avoir tenu sa promesse de campagne. Son élection à la tête de la France a fait prévaloir la croissance pour soutenir l'activité économique de l'Europe, qui se borne plus qu'à la rigueur. Certes, ce changement reste insuffisant. L'alternance politique en France a cependant permis une réorientation de l'Europe. François Hollande se sent toutefois un peu seul à gauche dans une Europe de droite. Pourtant, il est écouté. La parole de la France est à nouveau respectée.

 

Pour réhabiliter la politique, le Président de toutes les Françaises et de tous les Français annonce la création d'une commission rassemblant toutes les sensibilités politiques, présidée par Lionel Jospin. Ce groupe sera chargé d'émettre des propositions sur le non cumul des mandats, le financement des partis et des campagnes politiques, le mode de scrutin, la lutte contre les liens d'intérêts et l'éthique des élues et élus.

 

Au niveau international, il appelle à l'arrêt des massacres en Syrie. Pour lui, les pressions doivent s'accentuer pour pousser Bachar Al Assad au départ afin de faire place à la démocratie.

 

Le sport n'a pas échappé aux thématiques abordées. Sans se substituer à la Fédération française de football, Monsieur Hollande invite les internationaux français de football au respect. Il ne pense pas que l'arrogance des footballeurs français provienne de leurs salaires élevés. Les Espagnols gagnent davantage. Ils ont pourtant une grande fierté à honorer leur maillot national.

 

Pour conclure, le journaliste demande au Président quel talent doit-on déployer pour rester populaire ? François Hollande souligne qu'il ne faut pas un talent, mais du mérite ; à construire envers la population française.

 

Cet échange démontre que la politique n'est pas un spectacle. Juste la volonté de changer et d'améliorer la société.

 

Christian Brunier, ancien député socialiste

 

10/06/2012

Enfin, des salaires dignes et décents pour les patrons

« Je crois au patriotisme des dirigeants, qui peuvent comprendre

que la crise suppose l'exemplarité des élites politiques et économiques. »

Jean-Marc Ayrault, Premier ministre

 

François Hollande l'avait promis, durant sa campagne à la Présidentielle. Il passe rapidement à l'acte, respectant, comme d'habitude, ses engagements. Les rémunérations des patrons des entreprises publiques seront diminuées, afin que l'écart entre les plus petits salaires de ces sociétés et leur patron, soit au maximum de 1 à 20, ce qui est déjà pas mal. Les salaires de ces boss doivent devenir dignes et décents.

 

Concrètement, à titre d'illustration, le salaire d'Henri Proglio, le PDG d'EDF passera de 1,55 million d'euros à 496'800, alors que la rémunération moyenne de son entreprise est de 39'000 euros par an. Celui de Luc Orsel, dirigeant d'Areva, diminuera de 49%, soit de 679'000 euros à 335'000. Le Président Directeur Général de la Poste, Jean-Paul Bailly, atteindra 377'160 euros au lieu de 635'974. Gérard Mestallet, le patron de GDF Suez, avec ses 3,3 millions d'euros en 2010 verra chuter son revenu de 89%.

 

4,5 millions d'euros pour le PDG de Michelin en 2010, 2,6 millions d'euros pour le patron d'EADS ou 3,3 millions d'euros pour celui de GDF Suez la même année. Comment un patron peut-il justifier un salaire si conséquent ? Parallèlement, il faut se souvenir que le SMIC, est fixé, depuis le 1er janvier 2012, à 1'398,37 euros bruts mensuels, soit 9,22 euros bruts de l'heure. Ce salaire minimum n'a jamais été augmenté durant le quinquennat de Sarkozy, à l'exception des indexations légales automatiques. Une société  visant à être saine, équitable et durable ne peut digérer de telles distorsions.

 

Le pavé jeté dans la marre par François Hollande et son gouvernement ne changera évidemment pas l'état des finances publiques. C'est toutefois un acte symbolique d'importance. Un appel à l'exemplarité et à l'éthique pour les chefs des 52 entreprises, partiellement ou totalement, publiques. Le Président socialiste veut des dirigeants d'entreprises publiques irréprochables. Ce nouveau système salarial doit se profiler comme un exemple à suivre aussi par les grandes entreprises privées, dans lesquelles les écarts de rémunérations sont parfois colossaux.

 

Plusieurs postures à la tête des entreprises fortement étatiques se sont révélées scandaleuses. L'indemnité de 1,5 million d'euros  versée à  Anne Lauvergeon pour son départ d'Areva n'en est qu'un triste exemple.

 

Ces dernières années, pour résister à la crise, les salaires des employées et des employés ont tendanciellement stagnés ou peu progressés, alors que les gains des PDG et des actionnaires prenaient l'ascenseur. La fracture sociale, déstabilisante pour l'ensemble de la société, s'est encore accrue avec ces écarts de revenus inacceptables.

 

Avec des rapports de 1 à 6 ou 7 entre les plus petits salaires et les plus hauts, une entreprise peut déployer une courbe salariale motivante et attrayante pour garder et recruter des talents, à condition que les plus faibles rémunérations se situent à un niveau attractif. Sur la base d'une échelle de 1 à 20, on se rend bien compte de la sagesse de la mesure impulsée par François Hollande.

 

Dans cette cohérence, l'Etat français vient de s'opposer en tant qu'actionnaire important de plusieurs sociétés à des parachutes dorés offerts à des PDG ou à différentes primes injustifiables. L'indemnité de départ  du patron de l'équipementier aéronautique et de défense Safran a été notamment refusée par l'Assemblée générale des actionnaires.

 

Concilier responsabilité, compétence et motivation avec éthique et dignité est l'un des paris de François Hollande. Par ses premières mesures, il contribue à orienter l'économie vers davantage d'humanité et de durabilité ; dans l'espoir que cette vague d'éthique déferle sur les rives des grandes firmes privées ...

 

Christian Brunier, ancien Président du Parti socialiste genevois

08/06/2012

Clic-clac d’une douce France !

La photo officielle de François Hollande arrive dans chaque Mairie, signée Raymond Depardon, créateur de l'agence Gamma. 36'000 clichés distribués dans toutes les municipalités françaises. Cette photo étonne. Elle bouscule les habitudes. Au milieu de la nature, elle change des trop nombreux portraits des Présidents coincés dans des lieux clos. En plein air, cette photographie s'illustre comme un signe d'ouverture. Elle donne du souffle.

 

L'auteur a réalisé 200 photos en 30 minutes. En mouvement. Il a choisi celle qu'il préférait et l'a soumise à François Hollande. Celui-ci a confirmé la sélection effectuée.

 

Depardon ne se juge pas comme un portraitiste. Lors de la conférence de presse présentant l'œuvre, il a affirmé avoir pris ce cliché « comme un paysage, le paysage de la France ».

 

Au fond, on devine le drapeau de la République et celui de l'Europe. Ce clin d'œil s'affiche de manière originale. La France et l'Europe ne se résument plus à des étendards, omniprésents sur certaines photos des prédécesseurs de Hollande. La France est un panorama, un environnement plaisant. Le Président, lui aussi, n'occupe pas tout le territoire. Il laisse de la place pour les autres. La naturalité est la thématique centrale du tableau.

 

La mise en évidence de l'environnement rend l'humain libre. Après la présidence bling-bling de Sarkozy, nous retrouvons une simplicité, une éthique de l'exercice du pouvoir. Pas de frime inutile. De la sobriété et de la place pour l'action.

 

Le Président normal se retrouve sur une photo normale. La sérénité transpire. Dommage que les bras du leader socialiste restent trop tendus. Cette journée ensoleillée s'avère plaisante. Les couleurs apaisantes suggèrent la quiétude. Nos yeux contemplatifs ressentent la douceur de vivre, caractérisant si bien ce pays, l'un des plus beaux du monde.

 

Le portraitiste Gilles Favier confie, avec humour, à « Libération » : « Au final, le Président à l'air d'un Playmobil. » Heureusement, sans avoir pris la coiffure de ce jouet.

photo Hollande.jpg

17:51 Publié dans Politique | Tags : france | Lien permanent | Commentaires (0)

23/05/2012

Hollande in America

« Nous devons être fidèles au rêve de ceux qui ont voulu le progrès social.

Faites ce rêve avec moi ! Ce sera la réalité de demain ! »

François Hollande

 

François Hollande avait commencé sa carrière internationale de Président en allant dîner avec la Chancelière allemande, dès le soir de son intronisation.

 

La suite se passe aux USA, avec une rencontre avec Barack Obama dans son bureau ovale de la Maison-Blanche, une autre avec Hilary Clinton, une séance du G8 à Camp David, un G20, puis un sommet de l'OTAN à Chicago, et une bonne dizaine de bilatérales avec des  influents de la planète.

 

L'examen est un succès pour le nouveau Président Hollande sur différents axes cruciaux pour l'évolution de la planète.

 

Certains prétendaient que les dirigeants mondiaux voyaient d'un mauvais œil l'élection d'un socialiste à la tête de l'Hexagone. L'accueil a été au contraire chaleureux. Par son humour et son intelligence, Hollande a su créer rapidement du lien avec ces figures du pouvoir mondial. Evoquant la première rencontre entre Hollande et Obama, Aquilino Morelle, le Conseiller politique du Président français, a déclaré : « Le courant est passé tout de suite. »

Le tutoiement entre les deux hommes a été immédiat. Les bons mots ont fusé entre ces deux esprits vifs et drôles.

 

François Hollande a su imposer sa vision pour combattre la crise économique mondiale. Englués dans l'austérité, les dirigeants du monde ne voyaient pas d'issue à cette problématique. La croissance par la relance est la recette du socialiste français, repris en cœur par les grands du monde. Barack Obama a adopté une posture à la Hollande : « Nous devons trouver une approche responsable combinant consolidation budgétaire et soutien fort à la croissance. » Une thématique qu'il compte bien reprendre à son compte dans sa course à la réélection.

 

Face au géant chinois, François Hollande ne s'est pas dégonflé. Il a demandé des relations plus équilibrées et des échanges commerciaux basés sur la réciprocité. Il a insisté aussi pour que le Yuan devienne enfin une monnaie convertible.

 

Ils voulaient tous faire plier le petit nouveau sur l'Afghanistan. Là encore, Hollande a tenu le cap et est resté fidèle à ses promesses. La France a confirmé son retrait militaire anticipé du bourbier afghan. François Hollande a osé dire aux grands de ce monde que le retrait d'Afghanistan n'était pas négociable pour la République française.

 

Les avis sont unanimes. François Hollande a réussi son bizutage parmi les dirigeant-e-s de la planète et a démontré qu'il fallait compter avec la France. Il a imposé son style : décontracté sur la forme, fermeté de conviction sur les dossiers.

 

Le dernier mot revient à la journaliste Laure Bretton, qui dans « Libération » résumait si bien  le déplacement US de François Hollande : « Le Président français a voulu donner une triple image : le dirigeant au travail sans perdre une minute, le président tenant ses promesses de candidat et celui par qui pouvait venir le changement. » Yes we can !

17/05/2012

Une équipe qui a de la gueule

« Je veux réinstaurer la justice dans tous nos territoires,

 en métropole comme en outre-mer. »

François Hollande

 

En ce 16 mai 2012, Jean-Marc Ayrault et François Hollande recherchent cet équilibre périlleux : construire un gouvernement rassembleur, compétent, capable de concrétiser les espoirs générés par l'élection de Hollande. Un aréopage prêt à redresser la France dans la justice.

 

Respectueux des institutions, François Hollande demande à son Premier ministre de lui présenter une liste, qu'il valide après quelques arbitrages.

 

En fin d'après-midi, leur équipe est dévoilée. Une équipe qui a de la gueule ! Les engagements sont tenus. Pour la première fois de l'histoire de la France, le gouvernement est à parité : 17 femmes, 17 hommes, sous la responsabilité du Premier ministre. Ce groupe est très divers, en âges, en origines, en profils. Il reflète la pluralité culturelle de la France. Aucun Ministre ne cumulera sa mission avec un autre mandat. Finalement, chacune et chacun renonceront à 30% de leur rémunération.

 

Dans le casting, nous retrouvons : Laurent Fabius Ministre des Affaires étrangères ; Vincent Peillon Ministre de l'Education nationale ; Christine Taubira Garde des Sceaux, Ministre de la Justice ; Pierre Moscovici Ministre de l'Economie, des Finances et du Commerce extérieur ; Marisol Touraine Ministre des Affaires sociales et de la Santé ; Manuel Valls Ministre de l'Intérieur ; Cécile Duflot Ministre de l'Egalité des territoires et du Logement ; Jean-Yves Le Drian Ministre de la Défense ; Nicole Bricq Ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie ; Aurélie Filippetti Ministre de la Culture et de la Communication ; Stéphane Le Foll Ministre de l'Agriculture ; Geneviève Fioraso Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche ; Arnaud Montebourg Ministre du Redressement productif ; Michel Sapin Ministre du Travail, de l'Emploi et du dialogue social ; Marylise Lebranchu Ministre de la Réforme de l'Etat, décentralisation et de la fonction publique ; Victorin Lurel Ministre de l'Outre-mer ; Jérôme Cahuzac Ministre délégué au Budget ; Valérie Fourneyron Ministre des Sports ; Najat Vallaud-Belkacem Ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement ; François Lamy Ministre délégué chargé de la Ville ; George Pau-Langevin Ministre déléguée à la réussite éducative ; Delphine Batho Ministre déléguée auprès de la Garde des Sceaux ; Benoît Hamon Ministre délégué chargé de l'Economie sociale et solidaire ; Bernard Cazeneuve Ministre délégué chargé des Affaires européennes ; Kader Arif, Ministre délégué chargé des Anciens combattants ; Yamina Benguigui Ministre déléguée des Français de l'étranger ; Fleur Pellerin Ministre déléguée chargée des PME, de l'innovation et de l'économie numérique ; Dominique Bertinotti Ministre déléguée chargée de la Famille ; Marie-Arlette Carlotti Ministre déléguée aux personnes handicapées ; Pascal Canfin Ministre délégué chargé du développement ; Frédéric Cuvillier Ministre délégué chargé des Transports ; Sylvia Pinel Ministre déléguée à l'artisanat ; Alain Vidalies Ministre délégué aux relations avec le Parlement ; Michèle Delaunay Ministre déléguée aux Personnes âgées et dépendance.

 

Le groupe est soudé. Toutes et tous se sont mobilisés fortement dans la campagne de Hollande. Ami-e-s de toujours ou convertis, ils avaient toutes et tous adhéré fortement, durant la campagne, au dessein présidentiel du candidat socialiste.

 

Cette formation marque évidemment le changement. Elle respire la volonté d'agir. Un renouveau exceptionnel avec 30 nouvelles personnes n'ayant jamais exercées de fonction ministérielle. Cependant, pas des débutants. Des personnalités aux C.V. impressionnants. François et Jean-Marc ont su aller chercher du sang neuf, de l'intelligence vive, sans tomber dans la tentation de repêcher les éléphants vedettes du PS.

08/05/2012

Nos bobines dans « Libé » …

Jean-François Mabut m'interviewe, par téléphone, sur la présence de nos bobines dans le journal « Libération ». Quelques minutes après, il publie sur le net :

 

Un ponte du PS genevois fête la victoire de Hollande et se retrouve en photo dans Libé. Deux anciens députés Christian Brunier et sa femme Ariane Blum Brunier s'affichent sur trois colonnes dans le quotidien de gauche.

 

Il y avait foule à la rue Solférino puis sur la place de la Bastille, dimanche soir à Paris: quelques dizaines de milliers de personnes, des militants socialistes pour la plupart, venus des quatre coins de France, et quelques Suisses aussi. Tendus à bout de bras, les appareils photos et les smartphones immortalisent la victoire de François Hollande, saisissent la liesse populaire, twittent, facebookent à tout va un moment historique. Parmi ces millions de clichés, Libé en a choisi une bonne dizaine pour illustrer les 28 pages qu'il consacre à l'événement.

 

Surprise à la page 8, deux visages connus des Genevois occupent un gros quart de l'espace rédactionnel. Christian Brunier, un ponte du Parti socialiste, directeur de la campagne électorale des Municipales l'an dernier, et son épouse Ariane Blum Brunier, ex-députée verte au Grand Conseil, laissent éclater leur joie. La photo est signée Benoît Grimbert. Elle a été prise peu avant 18 heures dans les studios de France 2. Les visages des deux Genevois occupent l'immense écran vidéo qui sert de décor. Quelques minutes plus tard, Catherine Gaillard poste sur Facebook: « On vous a vu avec Christian au journal de France 2. J'ai cru que je m'étais trompée de chaîne ! »

 

« Nous avons reçu des dizaines de SMS à trois heures du matin, raconte Christian Brunier. Les communications étaient totalement saturées à la Bastille. Mais nous n'avons rien vu dans Libération, car les Parisiens ont droit à une autre édition. » L'ancien député socialiste genevois est double national. Il a voté dimanche matin aux Vernets et a sauté dans le TGV. « C'est mon épouse qui m'a fait la surprise. Elle a réservé les billets il y a six mois. » En fin d'après-midi ils sont à la Bastille. « Quelle cohue ! Soudain une caméra amateur nous cible, un micro, celui d'une télé locale, dont je n'ai pas retenu le nom, un journaliste recueille l'avis des militants qui viennent faire la fête en couple. Quelques minutes plus tard, un autre caméraman tente de sortir du mouvement de foule qui le fait tanguer, il se retourne, c'est France 2, nous apparaissons en direct. »

 

Nous sommes rentrés à 4 heures. A 7 heures, nous étions au 138, Faubourg Saint-Antoine où Didier Porte réalise sa revue de presse hebdomadaire, accoudé au comptoir d'un bistrot. Trois minutes qui sont ensuite diffusée par Médiapart. La victoire de Hollande, un plus pour Anne Emery-Torracinta le 17 juin prochain ? L'ancien député socialiste genevois en est convaincu : Les Genevois sont très influencés par la politique française. « Pour le PS, le temps est au beau, ça ne sera sans doute pas aussi facile dans deux ans. »

 

La Tribune de Genève écrit des articles sur pas grand chose. Il me semble avoir accompli des actes plus importants, sans grand support médiatique. Mais bon, c'est tout de même agréable ...

Libé du 7 mai 2012.jpg

Mon 6 mai ...

« Pour être aimé, il faut savoir être aimable. »

François Hollande

 

Notre bébé chatte, Jazzy, fête ses un an !

 

Je me lève à 5h.45. Impossible de dormir. Je suis trop excité par cette journée potentiellement de retour de la gauche en France et par mon court séjour dans la plus belle ville du monde : Paris.

 

Message reçu de Dani Solana : Bonsoir Christian, j'appartiens au gouvernement basque libéré, par nous, les socialistes. Tu peux imaginer ma sensibilité et mon admiration envers Hollande, et ma répulsion envers la droite et les nationalismes. En Espagne, où nous avons un grand espoir en Hollande, nous souffrons des coups de l'extrême-droite du président Rajoy avec ses amis néoconservateurs de l'église catholique. Pour nous la victoire de Hollande est vitale pour récupérer la sinistre Europe et battre l'expansion de la droite raciste, xénophobe, homophobe et réactionnaire. Tous avec Hollande !

 

Second tour de la Présidentielle française : Je donne une petite dose de solidarité et de justice sociale à la France. A 8h. 39, je vote pour François Hollande.

 

A la sortie du bureau de vote, un petit enfant regarde les affiches des deux candidats, montre Hollande et dit à son papa : « Lui, il a une tête plus sympa. Et c'est mieux écrit (ciblant avec son doigt l'écriture du slogan). » Il ira loin ce p'tit.

 

11h.49 Je prends connaissance des premiers résultats. Ils proviennent de Guadeloupe et sont nets : Hollande 71,03% des voix, Sarkozy 28,07%. Ça commence bien ! François Hollande arrive aussi en tête à Saint Pierre et Miquelon (65,31% contre 34,69%), en Martinique (68,46% contre 31,54%), en Guyane (62% contre 38%) et à Saint Martin (51,5% contre 48,5%). Mon beau-fils nous confirme ces chiffres par téléphone.

 

A peine le bulletin glissé dans l'urne, nous partons pour Paris, en TGV, dans l'espoir de fêter ce soir la victoire du socialiste François Hollande. Dans le train, j'écris, notamment un projet de texte sur la « désadministration » des entreprises. Nous logeons en plein du cœur du Quartier Latin, zone estudiantine et animée du beau Paris.

 

Vers 18 h, mon fils m'appelle alors que le métro arrive. Les premières estimations globales sont publiées sur le site Web de la Tribune de Genève. François Hollande a gagné. Nos sourires sont radieux, même si nous en étions persuadés depuis quelques jours. C'est bon, Sarko, malgré ses actes de prostitution sur les terres du Front national, est dehors !

 

A la Bastille, les scènes et stands se mettent en place dans ce lieu symbolique de la Révolution française. Mais aussi haut site de fête, puisque le 14 juillet 1790, les Révolutionnaires avaient planté une tente au milieu des ruines et posé un écriteau mentionnant « Ici on danse ». C'est là que les socialistes fêtèrent déjà leur prise de pouvoir en mai 1981. Nous allons boire un coup et avaler un plat de charcuterie pour fêter cette victoire historique pour la France, le socialisme et espérons-le pour le peuple français.

 

En mai 1981, Jacques Attali raconte que la chanteuse Dalida, en déplacement au Koweït, avait appelé les proches de Mitterrand pour connaître le résultat avant l'annonce officielle. Le camp Mitterrand avait appris la victoire par la SOFRES, célèbre institut de sondages, quelques minutes avant. Dalida, transcendée par l'élection socialiste, avertit ensuite le tout Paris, depuis le Golfe persique.  En apprenant, avant nos ami-e-s parisien-nes, la nouvelle via les médias helvétiques, nous devenons, assez discrètement, les Dalida de 2012.

 

Des milliers de personnes arrivent pour entendre l'annonce des résultats à 20 heures précises. Même si nous connaissons  le score, avec une quasi certitude, nous frémissons en patientant jusqu'à l'affichage sur les écrans géants du portrait du nouveau Président. Il est l'heure, la victoire est annoncée. Le visage de François Hollande s'affiche. Notre joie éclate. Nous sautons de joie comme des cabris. Sur « France 2 » et sur plusieurs chaînes reprenant les images de la plus grande chaîne publique, dont les Télévisions suisses, Ariane et moi apparaissons durant plusieurs secondes les bras levés en direct à la téloche et sur les écrans géants de la Bastille. Nous sommes fous de joies, comme lors du 10 mai 1981, alors que je n'avais même pas 18 berges. Malgré les problèmes de communications, celles-ci étant saturées sur la Place de la Bastille, nous recevons un tas de sms et de messages Facebook d'amis nous ayant vu à la TV.

 

En mai 1981, les socialistes, durant la fête de la victoire de Mitterrand criaient « Mitterrand, du soleil ! », tant la pluie s'abattait sur Paris. Ce soir le ciel est gris, mais la pluie épargne la Bastille, ce qui n'est pas le cas au rassemblement des supporters de Sarko où les parapluies sont ouverts lorsque leur leader arrive pour prononcer un discours exceptionnellement digne et serein. Même la météo est du côté du PS.

 

François Hollande va prononcer son discours depuis sa ville de Tulle, son bastion de Corrèze. La Place de la Bastille passe du brouhaha au silence en quelques secondes. Nous écoutons le nouveau Président socialiste : Mes chers concitoyens, Les Français, en ce 6 mai, viennent de choisir le changement en me portant à la présidence de la République. Je mesure l'honneur qui m'est fait et la tâche qui m'attend. Devant vous, je m'engage à servir mon pays avec le dévouement et l'exemplarité que requiert cette fonction. J'en sais les exigences et, à ce titre, j'adresse un salut républicain à Nicolas Sarkozy qui a dirigé la France pendant cinq ans et qui mérite à ce titre tout notre respect. J'exprime ma profonde gratitude à toutes celles et à tous ceux qui ont, par leurs suffrages, rendu cette victoire possible. Beaucoup attendaient ce moment depuis de longues années, d'autres, plus jeunes, ne l'avaient jamais connu. Certains avaient eu tant de déceptions, les mêmes tant de souvenirs cruels. Je suis fier d'avoir été capable de redonner espoir. J'imagine ce soir leur émotion, je la partage, je la ressens. Et cette émotion doit être celle de la fierté, de la dignité, de la responsabilité. Le changement que je vous propose, il doit être à la hauteur de la France. Il commence maintenant. Aux électeurs, et ils sont nombreux, qui ne m'ont pas accordé leur suffrage, qu'ils sachent bien que je respecte leurs convictions et que je serai le président de tous. Ce soir, il n'y a pas deux France qui se font face. Il n'y a qu'une seule France, une seule nation, réunie dans le même destin. Chacune et chacun en France, dans la République, sera traité à égalité de droit et de devoir. Aucun enfant de la République ne sera laissé de côté, abandonné, relégué, discriminé. Et la promesse de la réussite sera honorée pour l'accomplissement pour chacun, pour sa vie et pour son destin personnel. Trop de fractures, trop de blessures, trop de ruptures, trop de coupures ont pu séparer nos concitoyens. C'en est fini. Le premier devoir du président de la République est de rassembler et d'associer chaque citoyen à l'action commune pour relever les défis qui nous attendent. Et ils sont nombreux, ils sont lourds. Le redressement d'abord de notre production pour sortir notre pays de la crise, la réduction de nos déficits pour maîtriser la dette, la préservation de notre modèle social pour assurer à tous le même accès aux services publics, l'égalité entre nos territoires, je pense aux quartiers de nos villes et aux départements ruraux, la priorité éducative, l'école de la République qui sera mon engagement, l'exigence environnementale, la transition écologique que nous devons accomplir, la réorientation de l'Europe pour l'emploi, pour la croissance, pour l'avenir. Aujourd'hui même où les Français m'ont investi président de la République, je demande à être jugé sur deux engagements majeurs: la justice et la jeunesse. Chacun de mes choix, chacune de mes décisions se fondera sur ces seuls critères: est-ce juste? Est-ce vraiment pour la jeunesse? Et quand, au terme de mon mandat, je regarderai à mon tour ce que j'aurai fait pour mon pays, je ne me poserai que ces seules questions: est-ce que j'ai fait avancer la cause de l'égalité? Est-ce que j'ai permis à la nouvelle génération de prendre toute sa place au sein de la République ? J'ai confiance en la France, je la connais bien. J'ai pu autour de cette France-là, que j'ai visitée, que j'ai rencontrée, mesurer à la fois les souffrances, les difficultés de bien trop nombreux de nos concitoyens et en même temps, j'ai pu relever tous les atouts, toutes les forces, toutes les chances de notre pays. Je nous sais capable, nous peuple de France, de surmonter les épreuves, de nous redresser, nous l'avons toujours fait dans notre histoire, nous avons toujours su surmonter les épreuves, nous y réussirons encore pour les cinq ans qui viennent. Les valeurs de la République, la liberté, l'égalité, la fraternité, la dignité humaine, l'égalité aussi entre les hommes et les femmes, la laïcité. Tout cela, c'est autant de leviers pour nous permettre d'accomplir la mission qui est la mienne. J'ai évoqué tout au long de ces derniers mois le rêve français, il est notre histoire, il est notre avenir, il s'appelle tout simplement le progrès, la longue marche pour qu'à chaque génération, nous vivions mieux. Ce rêve français qui est celui que vous partagez tous de donner à nos enfants une vie meilleure que la nôtre. C'est ce rêve français que je vais m'efforcer d'accomplir pour le mandat qui vient de m'être confié. Mais aujourd'hui même, responsable de l'avenir de notre pays, je mesure aussi que l'Europe nous regarde, et au moment où le résultat a été proclamé, je suis sûr que dans bien des pays européens, cela a été un soulagement, un espoir. L'idée qu'enfin l'austérité ne pouvait plus être une fatalité, et c'est la mission qui désormais est la mienne, c'est-à-dire de donner à la construction européenne une dimension de croissance, d'emploi, de prospérité, bref d'avenir et c'est ce que je dirai le plus tôt possible à nos partenaires européens et d'abord à l'Allemagne, au nom de l'amitié qui nous lie et au nom de la responsabilité qui nous est commune. Mesdames, messieurs, chers concitoyens, nous ne sommes pas n'importe quel pays de la planète, n'importe quelle nation du monde, nous sommes la France. Et, président de la République, il me reviendra de porter les aspirations qui ont toujours été celles du peuple de France, la paix, la liberté, le respect, la capacité de donner au peuple le droit aussi de s'émanciper de dictatures ou d'échapper aux règles illégitimes de la corruption. Eh bien oui, tout ce que je ferai sera aussi au nom des valeurs de la République partout dans le monde. Le 6 mai doit être une grande date pour notre pays, un nouveau départ pour l'Europe, une nouvelle espérance pour le monde. Voilà le mandat que vous m'avez confié. Il est lourd, il est grand, il est beau. J'aime mon pays, j'aime les Français et je veux qu'entre nous, il y ait cette relation, celle qui permet tout et qui s'appelle la confiance. Enfin, avant de vous quitter, mais je reviendrai, je veux saluer tous ceux qui m'ont permis d'être ce que je suis aujourd'hui: ma famille, ma compagne, mes proches, tout ce qui fait finalement la force d'âme d'un homme ou d'une femme au moment où il brigue une grande responsabilité, et là, au moment où je vais l'exercer. Je salue aussi les forces politiques, le mouvement que j'ai dirigé. Je suis socialiste, j'ai toujours voulu le rassemblement de la gauche mais, plus largement, le rassemblement de tous les républicains. Et je salue les humanistes qui ont permis aussi notre victoire ce soir. Enfin, je salue mon département de la Corrèze. Je vous dois tout, vous m'avez toujours apporté vos suffrages, et encore pour cette élection, je pense que nous serons le département qui m'a donné le plus, non pas en nombre, mais en ampleur par rapport à la population. Je salue ma ville de Tulle, la ville que j'ai dirigée, là où nous sommes. Vous m'avez permis par la légitimité du suffrage de pouvoir convaincre aujourd'hui tous les Français. Mais désormais, je suis au service de la France et je suis mobilisé dès à présent pour réussir le changement. Telle est ma mission, tel est mon devoir. Servir, servir la République, servir la France, servir au-delà de nous-mêmes, servir les causes, les valeurs que, dans cette élection, j'ai portées et qui auront à être entendues ici en France, et partout en Europe et dans le monde. Vive la République et vive la France !

 

Explosion de joie ! Le public est transporté. Surtout les jeunes. Je suis heureux de voir l'espoir naître dans leurs yeux. La Présidente des Vert-e-s genevois-es Emilie Flamand nous retrouve dans le public. La foule est gigantesque à la Bastille. Sur la grande scène, proche de nous, des artistes se produisent : Anaïs, Yael Naïm, Yannick Noah, Axel Bauer, ... Plusieurs leaders de la gauche se succèdent pour crier leur joie : Ségolène Royal, Martine Aubry, Cécile Duflot, Eva Joly, Jean-Marc Ayrault, Harlem Désir, Bertrand Delanoë, Arnaud Montebourg, Lionel Jospin, Robert Hue .... Le meilleur est assurément Benoît Hamon.

 

Enfin, après de longues heures d'attente, le héro du jour débarque, avec sa compagne Valérie Trierweiler. La Bastille exulte. Il est minuit 40. Chut, il parle : « Vous êtes une foule immense. Moi, je vous ai entendus, j'ai entendu votre volonté de changement. Je veux vous exprimer ma gratitude. Merci peuple de France. Merci de m'avoir permis d'être votre président de la République. (...) » Ensuite, François Hollande promeut les valeurs de la République. Le Président fait vibrer la foule : « Souvenez-vous de ce jour toute votre vie. Il doit donner envie à d'autres peuples en Europe. Dans toutes les capitales, au-delà des chefs d'Etat, il y a des peuples qui n'en peuvent plus de l'austérité. »

 

Le discours terminé, un tonnerre d'applaudissements et de cris se fait entendre. Nous allons boire une bière, crevant de soif après des heures coincés au milieu des supporters de Hollande. La soirée est magnifique.

15/04/2012

Avant le Champagne de dimanche prochain …

« Je n’aime pas le vin. Je bois du Coca light », balance Nicolas Sarkozy. Ne pas aimer le pinard est une perte de plaisir dommageable, tant ce nectar peut s’avérer délice. Ce non-amour pour les œuvres viticoles est assurément un handicap dans l’un des pays phares de la production de ce magnifique produit. Mais, horreur ! Troquer ce rince-gorge divin par du Coca light est la preuve éloquente d’un mauvais goût, illustratif parfois de ses discours. Cette cuvée présidentielle a incontestablement le goût de bouchon.

 

Tandis que Sarkozy dit préférer le Coca light au vin, François Hollande s’écrie, dans le magazine "Terre de vins" : « La dégustation de vin est pour moi synonyme de convivialité, en famille ou avec des amis. C’est le plaisir et la découverte. Nous avons la chance en France d’avoir un terroir exceptionnel, riche de grands crus et de vins plus accessibles. »

 

Encore une bonne raison de voter Hollande !