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  • Bilan des 100 jours de François Hollande

    Ce n'est qu'un début, continuons le combat !

                                                                                                                 

    Le tocsin a sonné. L'heure du bilan des 100 premiers jours de la Présidence de François Hollande est arrivée. Tous les médias titrent dans ce sens. Les commentaires fusent. On questionne déjà les Françaises et Français pour percevoir leur niveau de satisfaction. Futilités !

     

    Hollande a toujours affirmé qu'il inscrivait son action sur la durée de son mandat de 5 ans. Pas de coup médiatique superficiel. Loin, les effets de manche made in Sarkozy. Dans cette actualité complexe, l'élu socialiste veut graver son changement dans le marbre et éviter la poudre aux yeux. Le jeu politique axé sur l'insignifiant est enterré. Le changement qu'il porte se concrétisera lors d'un long marathon et pas par saupoudrages aussi légers qu'inefficaces.

     

    Son style est bien différent, presqu'anachronique dans cette société de l'instantané et du zapping. Le projet politique reprend le leadership sur les jeux des petites phrases tonitruantes. La réforme en profondeur supplante l'action pschitt, sans effet ni importance réelle !

     

    Françoise Hollande, comme son gouvernement et sa majorité parlementaire, prennent leur temps pour réfléchir, étudier, consulter, dialoguer, puis concrétiser, avant d'évaluer et éventuellement corriger. C'est avec cette ténacité et ce sérieux que la véritable réforme de la société se déploie. Seuls les impatients peuvent être déçus ; qu'ils ne confondent pas empressement avec efficience.

     

    Dans la dynamique de cette réalisation dans la durée, l'escarcelle des succès se remplit progressivement.

     

    Sans viser l'exhaustivité, les exemples de réussites sont déjà nombreux ... Le comportement du politique est en mutation. Les Ministres ont réduit leur salaire dans un souci d'exemplarité et se plient à une charte éthique rigoureuse. Le train de vie des élus est réduit. La mixité est la règle au sein du Conseil des Ministres. Les femmes occupent la moitié des sièges, elles qui étaient condamnées depuis trop longtemps à n'occuper qu'un petit nombre de sièges, souvent subalternes. Hollande a mandaté le sage Lionel Jospin pour former un groupe de travail devant moraliser la vie politique et stopper le cumul des mandats politiques.

     

    La loi contre le harcèlement sexuel a été ficelée rapidement. Le SMIC a été enfin augmenté, même si cette hausse reste insuffisante. L'allocation de rentrée scolaire a sui le même sort bénéfique. La retraite à 60 ans a été rétablie pour les travailleuses et travailleurs accomplissant des boulots pénibles. Une enveloppe de nouveaux postes d'enseignement a été accordée, mettant fin  aux coupes budgétaires récurrentes de la droite. L'école est redevenue une priorité pour cette nouvelle majorité de gauche. Un signe prometteur pour construire un projet d'avenir pour le pays. Le détricotage des lois fiscales sarkozystes, qui favorisaient indignement les grandes fortunes, a commencé. La police de proximité, remède pour lutter contre l'insécurité, retrouve de la vigueur dans les quartiers les plus risqués. Les loyers dans les villes asphyxiées par la spéculation sont désormais encadrés.

     

    Au niveau international, la voix de la France compte, à nouveau, dans le concert des grandes puissances. Avec son humour, son sens du contact facile et son intelligence vive, François Hollande a vite trouvé sa place parmi les dirigeantes et dirigeants de la planète. Quoi qu'en dise ses adversaires, la France a pris la pole position pour favoriser la paix et la démocratie en Syrie. En Afghanistan, le nouveau Président tient sa promesse et à lancer le retrait des troupes françaises. En Birmanie, sa rencontre avec Aung San Suu Kyi est un signal fort en faveur des libertés. Dans l'Union européenne, François Hollande a impulsé la croissance, reléguant l'intégrisme « austéritaire ».

     

    De nombreux chantiers se sont ouverts ou sont programmés pour faire évoluer la France, l'Europe et le monde. Le changement, c'est maintenant, même si les résultats ne sont pas tous immédiats.

     

    Un seul vrai bémol ! La politique d'exclusion  menée à l'encontre du peuple persécuté des Roms. L'acharnement du Ministre de l'Intérieur Manuel Valls est une trahison aux idéaux socialistes, qui entache les débuts de l'ère Hollande. Le Président de la République ne pourra pas le laisser agir plus longtemps. La Première Secrétaire du Parti socialiste français et Maire de Lille Martine Aubry ne décolère d'ailleurs pas contre Valls. Elle a même écourté ses vacances pour venir commenter avec désarroi le démantèlement d'une résidence de Roms dans sa ville, sans qu'elle soit informée,  nonobstant son programme d'intégration des gens du voyage novateur et remportant de beaux succès.

     

    Après 100 jours au pouvoir, il est bien trop tôt pour tirer un bilan crédible de l'action de Hollande. Ses débuts sont prometteurs. Le style sobre, normal et proche de la population donne un air rafraichissant à la politique et à la France. Ce n'est qu'un début ... Continuons le combat !

     

    Christian Brunier, ancien député socialiste

  • Des gestes simples qui rendent humain l’exercice du pouvoir

    « Une présidence normale, c'est une présidence morale. »

    François Hollande

     

    Nous pouvons juger profondément la personnalité de quelqu'un, en analysant sa façon de se comporter avec les gens simples, dans des endroits discrets. Personnellement, lorsque je recrute une collaboratrice ou un collaborateur, je demande souvent aux personnes de l'accueil ou du secrétariat comment la personne s'est comportée avant d'entrer sous les projecteurs ou en sortant ? C'est là que les vrais caractères des gens s'expriment, loin des jeux de pouvoirs et de séduction.

     

    En politique, nous retrouvons les mêmes travers. Lorsque j'étais Président de parti ou Chef de groupe parlementaire, je questionnais le personnel environnant les élues et élus sur la façon d'être de ceux-ci. Pas de hasard. Les politiques les plus respectueux avec les collaboratrices et collaborateurs les assistant dans leurs complexes missions, étaient, sans hésitation, celles et ceux s'engageant avec le plus de sincérité pour le bien commun. De droite comme de gauche, ce diagnostique fonctionne. Loin des projecteurs et des médias, nous pouvons mesurer très concrètement la force des valeurs de chaque élue ou élu.

     

    A l'Elysée, dès sa première arrivée, François Hollande a fait stopper sa voiture officielle pour saluer les agents responsables de sa sécurité. Puis, il a fait de même avec chaque collaboratrice et collaborateur du siège de la Présidence française. Tout le monde est resté pantois, peu habitué à cette reconnaissance.

     

    Le staff élyséen pensait que ces gestes de sympathie étaient là pour marquer ce premier jour de Présidence. Une exception. Que nenni ! Le bougre récidive chaque jour. Cette marque de politesse et de considération devient une habitude. Un petit bonjour par là. Un comment ça va par ici. Le Président français crée de la connivence, valorise l'ensemble de l'équipe. Il s'intéresse aux autres.

     

    Un ancien fonctionnaire du Palais de l'Elysée était, comme ses collègues, tétanisé par les Présidents précédents. Hollande propage de l'humanité, tisse de la confiance et génère de la sérénité.

     

    Cette marque de fabrique de l'exercice du pouvoir, avec humilité et respect, confère de l'authenticité aux combats du Président François Hollande en faveur de l'équité sociale.

     

    Un pouvoir humain s'engageant sincèrement pour les autres humains.

     

    Christian Brunier, ancien Président du PS genevois

  • 14 juillet 2012 : Hollande, sobre, digne, voulant tout simplement le bien des Françaises et des Français

    Pour le premier 14 juillet de sa Présidence, François Hollande rétablit l'interview traditionnelle du Président de la République française. Un rendez-vous intimiste avec les Françaises et Français. Plus de Garden-party bling-bling à l'Elysée. Il juge ce moment primordial, après deux mois de Présidence et des débuts passés souvent à l'extérieur, absorbé par des conférences internationales. « J'étais éloigné géographiquement, mais pas politiquement », confie François Hollande.

     

    En début d'intervention, il rappelle ses priorités : croissance, justice sociale, emploi.

     

    Les premières questions fusent à propos des 8'000 suppressions d'emplois annoncées par le groupe PSA Peugeot / Citroën. François Hollande est choqué et favorable à une intervention de l'Etat : « L'Etat ne peut pas rester indifférent. » Il s'étonne du report de cette dramatique annonce après les élections présidentielles, égard troublant envers l'ancien gouvernement. Il estime « trop facile de dire que c'est la faute du coût du travail » et fustige le comportement des actionnaires qui ont pensé prioritairement à leurs privilèges avant d'investir pour l'avenir de leur entreprise.

     

    Le nouveau Président français a commandé un rapport d'expertise, dont la livraison est fixée avant la fin du mois de juillet 2012, pour connaître la vérité économique de ce groupe automobile. Il juge le plan stratégique de PSA « pas acceptable » et encourage la concertation. Sa porte est ouverte aux syndicats. Il va définir, avec son gouvernement, un plan stratégique du domaine automobile français. Ce document de mesures comprendra certainement une incitation à acheter des véhicules fabriqués en France, notamment en privilégiant les véhicules propres, dont les autos hybrides. Des mesures encourageront, en outre, la recherche et l'innovation. Au passage, il glisse une peau de banane sous la prime à la casse votée par l'équipe Sarkozy. Cette mesure a été onéreuse pour les finances publiques et a encouragé particulièrement l'achat d'automobiles bas de gamme, polluantes et fabriquées à l'étranger.

     

    La situation est grave. François Hollande le reconnaît, mais connaissait la situation auparavant. L'endettement a atteint le record de l'histoire du pays. Le chômage se situe à un niveau très inquiétant. Le déficit commercial extérieur est lui aussi au plus haut. Le Président français reste néanmoins déterminé et rappelle ses 60 promesses de changement, dans la durée.

     

    Il y aura des efforts à entreprendre. Hollande ne cachent rien de la situation. Il assure qu'ils seront justes : « Ces efforts doivent être cherchés vers ceux qui ont le plus. »

     

    Pour les dépenses publiques, il vise une maîtrise des comptes en agissant sur tout ce qui n'est pas douloureux et pas utiles : voyages onéreux, actes de prestiges, bureaucratie excessive, ...

     

    Lorsque les journalistes lui reprochent de n'avoir pas remis en cause le Pacte européen de stabilité budgétaire, il rétorque avoir tenu sa promesse de campagne. Son élection à la tête de la France a fait prévaloir la croissance pour soutenir l'activité économique de l'Europe, qui se borne plus qu'à la rigueur. Certes, ce changement reste insuffisant. L'alternance politique en France a cependant permis une réorientation de l'Europe. François Hollande se sent toutefois un peu seul à gauche dans une Europe de droite. Pourtant, il est écouté. La parole de la France est à nouveau respectée.

     

    Pour réhabiliter la politique, le Président de toutes les Françaises et de tous les Français annonce la création d'une commission rassemblant toutes les sensibilités politiques, présidée par Lionel Jospin. Ce groupe sera chargé d'émettre des propositions sur le non cumul des mandats, le financement des partis et des campagnes politiques, le mode de scrutin, la lutte contre les liens d'intérêts et l'éthique des élues et élus.

     

    Au niveau international, il appelle à l'arrêt des massacres en Syrie. Pour lui, les pressions doivent s'accentuer pour pousser Bachar Al Assad au départ afin de faire place à la démocratie.

     

    Le sport n'a pas échappé aux thématiques abordées. Sans se substituer à la Fédération française de football, Monsieur Hollande invite les internationaux français de football au respect. Il ne pense pas que l'arrogance des footballeurs français provienne de leurs salaires élevés. Les Espagnols gagnent davantage. Ils ont pourtant une grande fierté à honorer leur maillot national.

     

    Pour conclure, le journaliste demande au Président quel talent doit-on déployer pour rester populaire ? François Hollande souligne qu'il ne faut pas un talent, mais du mérite ; à construire envers la population française.

     

    Cet échange démontre que la politique n'est pas un spectacle. Juste la volonté de changer et d'améliorer la société.

     

    Christian Brunier, ancien député socialiste

     

  • Enfin, des salaires dignes et décents pour les patrons

    « Je crois au patriotisme des dirigeants, qui peuvent comprendre

    que la crise suppose l'exemplarité des élites politiques et économiques. »

    Jean-Marc Ayrault, Premier ministre

     

    François Hollande l'avait promis, durant sa campagne à la Présidentielle. Il passe rapidement à l'acte, respectant, comme d'habitude, ses engagements. Les rémunérations des patrons des entreprises publiques seront diminuées, afin que l'écart entre les plus petits salaires de ces sociétés et leur patron, soit au maximum de 1 à 20, ce qui est déjà pas mal. Les salaires de ces boss doivent devenir dignes et décents.

     

    Concrètement, à titre d'illustration, le salaire d'Henri Proglio, le PDG d'EDF passera de 1,55 million d'euros à 496'800, alors que la rémunération moyenne de son entreprise est de 39'000 euros par an. Celui de Luc Orsel, dirigeant d'Areva, diminuera de 49%, soit de 679'000 euros à 335'000. Le Président Directeur Général de la Poste, Jean-Paul Bailly, atteindra 377'160 euros au lieu de 635'974. Gérard Mestallet, le patron de GDF Suez, avec ses 3,3 millions d'euros en 2010 verra chuter son revenu de 89%.

     

    4,5 millions d'euros pour le PDG de Michelin en 2010, 2,6 millions d'euros pour le patron d'EADS ou 3,3 millions d'euros pour celui de GDF Suez la même année. Comment un patron peut-il justifier un salaire si conséquent ? Parallèlement, il faut se souvenir que le SMIC, est fixé, depuis le 1er janvier 2012, à 1'398,37 euros bruts mensuels, soit 9,22 euros bruts de l'heure. Ce salaire minimum n'a jamais été augmenté durant le quinquennat de Sarkozy, à l'exception des indexations légales automatiques. Une société  visant à être saine, équitable et durable ne peut digérer de telles distorsions.

     

    Le pavé jeté dans la marre par François Hollande et son gouvernement ne changera évidemment pas l'état des finances publiques. C'est toutefois un acte symbolique d'importance. Un appel à l'exemplarité et à l'éthique pour les chefs des 52 entreprises, partiellement ou totalement, publiques. Le Président socialiste veut des dirigeants d'entreprises publiques irréprochables. Ce nouveau système salarial doit se profiler comme un exemple à suivre aussi par les grandes entreprises privées, dans lesquelles les écarts de rémunérations sont parfois colossaux.

     

    Plusieurs postures à la tête des entreprises fortement étatiques se sont révélées scandaleuses. L'indemnité de 1,5 million d'euros  versée à  Anne Lauvergeon pour son départ d'Areva n'en est qu'un triste exemple.

     

    Ces dernières années, pour résister à la crise, les salaires des employées et des employés ont tendanciellement stagnés ou peu progressés, alors que les gains des PDG et des actionnaires prenaient l'ascenseur. La fracture sociale, déstabilisante pour l'ensemble de la société, s'est encore accrue avec ces écarts de revenus inacceptables.

     

    Avec des rapports de 1 à 6 ou 7 entre les plus petits salaires et les plus hauts, une entreprise peut déployer une courbe salariale motivante et attrayante pour garder et recruter des talents, à condition que les plus faibles rémunérations se situent à un niveau attractif. Sur la base d'une échelle de 1 à 20, on se rend bien compte de la sagesse de la mesure impulsée par François Hollande.

     

    Dans cette cohérence, l'Etat français vient de s'opposer en tant qu'actionnaire important de plusieurs sociétés à des parachutes dorés offerts à des PDG ou à différentes primes injustifiables. L'indemnité de départ  du patron de l'équipementier aéronautique et de défense Safran a été notamment refusée par l'Assemblée générale des actionnaires.

     

    Concilier responsabilité, compétence et motivation avec éthique et dignité est l'un des paris de François Hollande. Par ses premières mesures, il contribue à orienter l'économie vers davantage d'humanité et de durabilité ; dans l'espoir que cette vague d'éthique déferle sur les rives des grandes firmes privées ...

     

    Christian Brunier, ancien Président du Parti socialiste genevois

  • Clic-clac d’une douce France !

    La photo officielle de François Hollande arrive dans chaque Mairie, signée Raymond Depardon, créateur de l'agence Gamma. 36'000 clichés distribués dans toutes les municipalités françaises. Cette photo étonne. Elle bouscule les habitudes. Au milieu de la nature, elle change des trop nombreux portraits des Présidents coincés dans des lieux clos. En plein air, cette photographie s'illustre comme un signe d'ouverture. Elle donne du souffle.

     

    L'auteur a réalisé 200 photos en 30 minutes. En mouvement. Il a choisi celle qu'il préférait et l'a soumise à François Hollande. Celui-ci a confirmé la sélection effectuée.

     

    Depardon ne se juge pas comme un portraitiste. Lors de la conférence de presse présentant l'œuvre, il a affirmé avoir pris ce cliché « comme un paysage, le paysage de la France ».

     

    Au fond, on devine le drapeau de la République et celui de l'Europe. Ce clin d'œil s'affiche de manière originale. La France et l'Europe ne se résument plus à des étendards, omniprésents sur certaines photos des prédécesseurs de Hollande. La France est un panorama, un environnement plaisant. Le Président, lui aussi, n'occupe pas tout le territoire. Il laisse de la place pour les autres. La naturalité est la thématique centrale du tableau.

     

    La mise en évidence de l'environnement rend l'humain libre. Après la présidence bling-bling de Sarkozy, nous retrouvons une simplicité, une éthique de l'exercice du pouvoir. Pas de frime inutile. De la sobriété et de la place pour l'action.

     

    Le Président normal se retrouve sur une photo normale. La sérénité transpire. Dommage que les bras du leader socialiste restent trop tendus. Cette journée ensoleillée s'avère plaisante. Les couleurs apaisantes suggèrent la quiétude. Nos yeux contemplatifs ressentent la douceur de vivre, caractérisant si bien ce pays, l'un des plus beaux du monde.

     

    Le portraitiste Gilles Favier confie, avec humour, à « Libération » : « Au final, le Président à l'air d'un Playmobil. » Heureusement, sans avoir pris la coiffure de ce jouet.

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