jazz

  • Magnifique soirée au Festival de Jazz de Junas

    Soirée au Festival de Jazz de Junas, dans le Gard. Sur la Place de l'Horloge, à l'Anthracite, nous écoutons, en fin d'après-midi, « New Orleans Phil's Band ». Ce groupe du Languedoc-Roussillon nous fait revivre les grands standards du jazz des années 1910 à 1950. Ce groupe a été fondé par Philippe Abbal, qui assume aussi la Présidence du Hot Club Jazz Languedoc Roussillon.

     

    Nous dînons dans les anciennes carrières du village, lieu du festival. Le site gallo-romain est exceptionnel, avec ses roches s'élevant vers le ciel.

     

    Ensuite, nous allons écouter Raphaël Imbert Octet. Raphaël Imbert est un autodidacte atypique. Saxophoniste, arrangeur, pédagogue, il  est un improvisateur de talent et un homme chaleureux. J'apprécie tout spécialement l'éclat de sa sonorité. A ses côtés, la chanteuse américaine et guitariste Sarah Quintana apporte une touche supplémentaire avec sa merveilleuse voix. Le joueur de banjo et chanteur Paul Elwood est aussi l'une des forces de l'orchestre. La musique du groupe est recherchée, riche, très diverse, tout en restant accessible à un large auditoire. En sus de musiciens de qualité qui l'entourent, Raphaël Imbert travaille avec le logiciel Omax, qui nourrit des effets sonores et créent de fulgurantes impros. Je prends mon pied durant ce concert de haut vol. Au terme de sa prestation, Raphaël Imbert va remercier les techniciens, au milieu du public. Ce geste de gratitude est certainement signe d'une humanité marquée.

     

    Un mythe du blues électrique arrive : Magic Slim ! L'homme a vieilli. Il a de la peine à sa déplacer. Sa voix et son touché de guitare restent exceptionnels. Du blues pur, interprété avec génie, mais sans surprise.

  • Festival de Jazz de Cully

    Nous assistons au concert de Melingo. Cet Argentin est l'as du tango déjanté. Nous avions découvert ce talent au Théâtre antique d'Arles. Le grand Melingo, un bohème de Buenos Aires, trempé dans le tango, la dérision, la déraison et le rock contestataire de l'Underground. Le révolté argentin qui avait quitté courageusement son pays pour échapper à la dictature militaire, chante en Lunfardo, l'argot populaire de la Capitale argentine. Il aligne les chants canailles, accumule les pitreries et jubile sur scène. Il additionne le talent musical et une overdose d'humour.

     

    Dandy déjanté, ses éclats de rire et sa voix roque font mouche. Il nous administre une bonne tangothérapie, mélange savant de joie et de mélancolie, de sensualité et de rébellion. Virtuose de la clarinette et du chant, voire gratteur de guitare, Daniel Melingo déploie avec charisme ses péripéties personnelles et se mute devant nous en un héro romanesque. Certains le disent fou. Il est tout simplement un artiste complet, sorte de clown, rendant la poésie follement drôle et le tango tellement actuel.

    daniel_melingo09-2.jpg
  • Heureux comme un gamin dans un magasin de jouets

    « Quand je joue, je suis toujours heureux. Je me sens comme un gamin dans un magasin de jouets. », lâche Jamie Cullum. Oui, il est parfaitement lucide sur le bonheur éclatant vécu sur scène et sur celui offert généreusement à son public.

     

    Son génie transpire, déchaîné derrière son piano et avec sa voix de crooner derrière le micro. Il se marre, plaisante avec la salle, saute d’un endroit à un autre et démarre dans un solo de taré.

     

    La fusion avec ses musiciens crée une complicité digne des plus grands groupes musicaux. Jamie Cullum, jeune prodige aux doigts agiles, est à l’aise dans tous les registres. Belle ballade langoureuse, air latino endiablé, standard de jazz, impro délirante, rock musclé, les rythmes virevoltent et les genres musicaux défilent à grandes cadences. Deux seules constances : la folie de la musique et le talent.

    Cullum.JPG

     

    Photo de Christian Brunier, Genève 2010

     

     

  • Charito au Petit Journal de Montparnasse

    Au « Petit Journal de Montparnasse », un célèbre club de jazz parisien, nous passons un grand moment de bonheur en écoutant Charito. Elle est l’une des grandes voix du jazz au Japon, bien qu’originaire des Philippines.

     

    Avec un swing et une voix au top, elle chante les grands airs de Michel Legrand sur des arrangements délicats. Elle est accompagnée par un groupe talentueux formé du batteur Jean-Pierre Derouard, du contrebassiste David Salesse, de l’excellent pianiste Alain Mayeras et d’Alain Brunet, très bon trompettiste, qui devrait s’empêcher de chanter.

     

    Elle interprète avec délice les ballades, dont le thème du film d’amour « L’Eté 42 » et le langoureux « Quand on aime ». Charito qualifie l’œuvre de Legrand de « belle et spontanée expression de la vie ». Son interprétation, juste en tête-à-tête avec le pianiste, de « You must believe in spring » est prodigieuse.

     

    Elle vient de reprendre en disque les standards de Michaël Jackson, revus en mode jazzy. A découvrir au plus vite …

     

    Cette Ella Fitzgerald aux yeux bridés, toujours souriante, nous offre un beau bout de plaisir, comme le jazz peut en donner tant !

    Chorito.JPG
    Photo : Christian Brunier

     

  • Air comme Jazz

    J’écoute « Round Midnight », standard de jazz composé par Thelonious Monk en 1944. Cette balade est un appel à l’amour. Langoureuse et sophistiquée, cette mélodie fait émerger les mystères et les plaisirs de la nuit.

     

    Noctambule, ces harmonies me transportent. La trompette de Miles Davis renforça encore la sensibilité de cet air, qui est l’un des plus beaux du richissime répertoire du jazz.

     

    Cette « mélodie complexe » comme la qualifiait le grand Miles a été reprise par de multiples artistes, dont Dizzy Gillespie, Art Pepper et Stan Getz. Claude Nougaro la chanta brillamment sous le titre « Autour de Minuit ».

    Round%20Midnight.jpg