09/09/2011

Le Printemps arabe n’a pas encore eu lieu à Genève

L'imam de la Mosquée de Genève, Rachid Farhat, s'est fait viré. Son crime : avoir évoqué, à mi-mots, les révoltes du Printemps arabe et partagé ses aspirations démocratiques. Cette liberté de ton n'a pas plu aux dirigeants de ce lieu saint, maqués avec la dictature d'Arabie saoudite.

 

Genève, ville de liberté et capitale des droits humains, ne peut pas accepter une telle attitude provenant de l'un des Etats les plus tyranniques de la planète. Les pétrodollars de ce pays ne peuvent pas être un blanc-saint à n'importe quelle attitude. Ce licenciement abrupt, contraire au droit du travail, n'est pas le premier abus d'autorité des patrons de la Mosquée provenant de la Ligue islamique mondiale. En 2007, quatre collaborateurs avaient déjà pris la porte abusivement, dont le porte-parole progressiste Hafid Ouardiri.

 

En promouvant le wahhabisme, l'Arabie saoudite impose la version la plus réactionnaire de la religion musulmane. Un Islam gravé dans le marbre, rigide, n'évoluant pas avec la société. Une antithèse des sources de cette religion, à l'époque la plus progressiste des religions monothéistes.

 

Genève est une démocratie libre. La religion musulmane prônée ici doit s'intégrer dans cette dynamique de libertés, émancipatrice pour l'humanité.  « Nulle contrainte en religion », dit le Coran, dans la Sourate 2, au Verset 256. Les dirigeants réactionnaires de la Mosquée de Genève devraient méditer cette sagesse, signée Mahomet.

 

Christian Brunier, anc. député genevois