08/12/2010

Faites ce que je dis, pas ce que je fais …

Le bulletin du syndicat de la Police genevoise soutient le programme « Le Respect, ça change la vie ». Bravo !

 

Revenant du boulot, une bagnole se précipite dans le carrefour, alors que le feu passe largement à l’orange foncé, bloquant les autres par égoïsme.

 

Pas de bol, la voiture chauffarde est une bagnole de la police, absolument pas en urgence. « Le Respect, ça change la vie », à coup sûr ! Reste à le mettre en pratique.

 

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20:54 Publié dans Humour | Tags : police, genève | Lien permanent | Commentaires (4)

03/05/2010

PIN-PON pour défendre les fondements de nos libertés

« La police doit être une mère et non pas une commère. »

Charles Joseph de Ligne

 

Pour les politiques à Genève, il y a quelque chose de sacré dans la Police cantonale. Comme un tabou, on n’y touche pas. Ou plutôt, on a peur de la réformer, de la transformer, de l’améliorer. Cette situation s’est aggravée avec l’apparition des policiers députés au Grand Conseil genevois, n’hésitant pas à violer le droit de réserve incombant à leur fonction d’autorité et à intervenir sur des sujets où leurs liens d’intérêt sont évidents.

 

Il y a quelques mois, le député socialiste Roger Deneys a osé ! Osé dire tout haut, ce que tout le monde pense tout bas. Il a déposé un projet de loi rendant incompatible la fonction d’autorité de policier avec l’exercice du pouvoir politique.

 

Le postulat est évidemment juste. Un policier doit être au service du pouvoir élu démocratiquement, garant de la sécurité et des libertés. Comment peut-il garder sa neutralité en affichant ses idées politiques, souvent de manière tranchée, et parfois extrémiste ? Les fonctions d’autorité, les personnes assermentées, ne peuvent être engagées politiquement, sans tomber dans une confusion des genres néfaste à une démocratie.

 

Par analogie avec le pouvoir judiciaire ou le personnel de grande proximité avec les membres d’un gouvernement, la fonction de policier ne doit pas permettre l’accession à un Législatif ou à un Exécutif. On ne peut pas être à la fois Juge et Arbitre. Le policier est garant de faire  respecter les lois et les institutions, pas de les définir.

 

Le projet de loi de Roger Deneys est l’expression du bon sens, des règles de bonne gouvernance et des principes fondateurs de l’Etat de droit. Pourtant, plusieurs député-e-s sont en train de lâcher Roger Deneys. Le principe est connu. Ils sont d’accord sur le fond, mais pas sur la forme. La « forme » est en politique la bonne excuse pour esquiver le courage. Une nouvelle fois, les politiques se couchent devant la police, par peur de perdre un lobby puissant, représentant un groupe électoral fort. D’autres craignent un retour du débat sur l’éligibilité de tous les fonctionnaires. Il serait peut-être judicieux de donner la parole au peuple. Un tel changement législatif modifie la Constitution. La consultation-citoyenne devient donc obligatoire. La sagesse et le courage du peuple pourraient s’avérer bien plus élevés, sur cette question, que ceux des élu-e-s.

 

La loi Deneys réaffirme les fondements même du Serment du policier genevois : «  (…) de remplir avec dévouement les devoirs de la fonction à laquelle je suis appelé; de suivre exactement les prescriptions relatives à mon office qui me seront transmises par mes supérieurs dans l’ordre administratif; de garder le secret de fonction sur toutes les informations que la loi ou les instructions reçues ne me permettent pas de divulguer; de dire, dans les rapports de service, toute la vérité sans faveur, ni animosité; et, en général, d’apporter à l’exécution des travaux qui me seront confiés, fidélité, discrétion, zèle et exactitude. »

 

Le métier de policier est une profession difficile et admirable. La très grande majorité des professionnels l’assument avec brio et respect. Ce projet de loi s’inscrit dans la dynamique de redonner de la crédibilité à la police genevoise afin qu’elle assure la sécurité, élément essentiel du  bien-être humain, qu’elle défende notre Etat de droit et qu’elle préserve nos institutions démocratiques, base de nos Libertés.

 

 

Christian Brunier, ancien Président du Parti socialiste genevois

19:51 Publié dans Liberté | Tags : police, liberté | Lien permanent | Commentaires (1)

22/11/2009

Protéger les fichiers policiers, c’est défendre nos libertés

Je n’ai aucune sympathie pour le tyrannique Hannibal Kadhafi et ne supporte pas les individus violents envers leurs proches, leur personnel ou d’autres humains.

 

Son arrestation et celle de son épouse par la police genevoise étaient totalement justifiées, ces individus ayant brutalisé deux de leurs employés.

 

Il est, par contre, scandaleux que des photos prises par la police puissent se retrouver à la une des médias.

 

Après enquête, impossible de trouver l’auteur de cette fuite policière. Etonnant ?

 

La moindre des applications informatiques gère les traces des utilisateurs accédant à des données. Là rien. Impossible de savoir qui, avec son petit PC, est venu télécharger ces photos pour les envoyer aux journalistes.

 

Lorsque les fichiers de la police peuvent être pillés sans crainte, la liberté et le respect de la personnalité ne sont plus assurés.

 

Pour la défense de nos libertés, il est primordial que la police sécurise ces fichiers et que les auteurs de fuite soient immédiatement sanctionnés.

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26/06/2008

Mensonge au sein de la police genevoise ?

J’interpelle le gouvernement genevois sur une communication scabreuse de la Police genevoise :

En date du 21 février 2008, j’ai adressé au Conseil d’Etat la question suivante :

Le 23 janvier dernier, cinq élu-e-s et anciens élus politiques (la conseillère administrative de Meyrin Monique Boget, l’ancien conseiller d’Etat Christian Grobet, l’ancien conseiller national Pierre Vanek, et les députés Alain Charbonnier et Christian Brunier) ont invité la presse devant les locaux de la société Gate Gourmet. Un point de presse était organisé pour soutenir les collaboratrices et collaborateurs de cette entreprise qui luttent pour obtenir une convention collective et des conditions de travail humaines dans la Cité des droits humains qu’est Genève.

A peine la conférence de presse débutée en plein air, quelle n’a pas été notre surprise de voir un policier arriver pour nous photographier sous toutes les coutures.

Au moment où la police manque d’effectifs et les policiers sont trop rares dans les quartiers et sur le terrain, la prise de photos d’une conférence de presse de 5 élu-e-s et anciens élus est-elle une priorité de la police genevoise?

N.B. Il est évident que je n’aurais pas posé cette question si l’organisation de la police était efficiente et si cette mission inutile était une erreur exceptionnelle. Or, il est fréquent de voir la police accomplir des tâches sans grande valeur ajoutée et surtout n’étant pas prioritaire par rapport au rôle de base de la police. Il est essentiel de redéfinir les priorités de la police et de privilégier les tâches de proximité pour assurer la sécurité de la population et la motivation de la police.

Le gouvernement m’a répondu :

Il résulte des investigations menées au sein de la police qu'aucun membre de cette dernière n'a photographié les élus et anciens élus politiques présents le 23 janvier 2008 devant les locaux de la société Gate Gourmet. Au bénéfice de ces explications, le Conseil d’Etat vous invite, Mesdames et Messieurs les députés, à prendre acte du présent rapport.

En fait, le gouvernement affirme que les 5 élu-e-s ou anciens élus présents lors de ce rendez-vous de presse sont des menteur-euse-s. Si la parole de ces cinq personnes n’est pas prise au sérieux, on n’ose pas imaginer la considération apportée à une dénonciation qui émanerait par exemple d’un clandestin, d’un jeune ou d’un marginal.

Cette petite histoire est dérisoire. Néanmoins, elle démontre un fonctionnement inquiétant de la police, tant dans la gestion de ses priorités que dans l’opacité et dans la véracité de ses communications.

Je reviens donc à la charge.

Je vous remercie d’avance de prendre en considération plus sérieusement mon ancienne question écrite et de faire la lumière sur ce dérapage de la communication de la Police.

N.B. Mais peut-être que l’on me répondra que je n’ai jamais déposé cette interpellation …

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18:00 Publié dans Politique | Tags : police | Lien permanent | Commentaires (10)

09/06/2008

La police genevoise recherche-t-elle de futurs David Hamilton ?

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Le Conseil d’Etat répond lamentablement à ma question parlementaire écrite intitulée « Recrutement de la police genevoise : Recherche-t-elle de futurs David Hamilton ? ».

 

 

 

Non seulement, son rapport est une parodie irrespectueuse de réponse à une interrogation d’un député, mais elle est en plus une négation de la vérité.

 

 

 

Il est inquiétant dans une démocratie que la police puisse mentir à des élu-e-s du peuple. Il est encore plus inquiétant de voir un gouvernement accepter un tel mensonge sans broncher.

 

 

 

Si la police et le gouvernement arrivent à falsifier les faits lorsque 2 députés, une Conseillère administrative, un ancien Conseiller d’Etat et un ancien Conseiller national sont présents, imagine lorsqu’ils ont à faire à des immigrés sans papier.

 

 

 

Voici ma question et la « réponse » inacceptable du gouvernement genevois :

 

 

 

Réponse du Conseil d’Etat à la question écrite de M. Christian Brunier : Recrutement de la police genevoise : Recherche-t-elle de futurs David Hamilton ?

 

 

 

Mesdames et Messieurs les députés,

 

 

 

En date du 21 février 2008, le Grand Conseil a renvoyé au Conseil d’Etat une question écrite qui a la teneur suivante :

 

 

 

Le 23 janvier dernier, cinq élu-e-s et anciens élus politiques (la Conseillère administrative de Meyrin Monique Boget, l’ancien Conseiller d’Etat Christian Grobet, l’ancien Conseiller national Pierre Vanek, et les députés Alain Charbonnier et Christian Brunier) ont invité la presse devant les locaux de la société Gate Gourmet.

 

 

 

Un point de presse était organisé pour soutenir les collaboratrices et collaborateurs de cette entreprise qui luttent pour obtenir une convention collective et des conditions de travail humaines dans la Cité des droits humains qu’est Genève.

 

 

 

A peine la conférence de presse débutée en plein air, quelle n’a pas été notre surprise de voir un policier arriver pour nous photographier sous toutes les coutures.

 

 

 

Au moment où la police manque d’effectifs et les policiers sont trop rares dans les quartiers et sur le terrain, la prise de photos d’une conférence de presse de 5 élu-e-s et anciens élus est-elle une priorité de la police genevoise ?

 

 

 

N.B. Il est évident que je n’aurais pas posé cette question si l’organisation de la police était efficiente et si cette mission inutile était une erreur exceptionnelle. Or, il est fréquent de voir la police accomplir des tâches sans grande valeur ajoutée et surtout n’étant pas prioritaire par rapport au rôle de base de la police. Il est essentiel de redéfinir les priorités de la police et de privilégier les tâches de proximité pour assurer la sécurité de la population et la motivation de la police.

 

 

 

RÉPONSE DU CONSEIL D’ÉTAT

 

 

 

Il résulte des investigations menées au sein de la police qu'aucun membre de cette dernière n'a photographié les élus et anciens élus politiques présents le 23 janvier 2008 devant les locaux de la société Gate Gourmet.

 

 

 

Au bénéfice de ces explications, le Conseil d’Etat vous invite à prendre acte du présent rapport.

 

 

07:19 Publié dans Politique | Tags : police, genève | Lien permanent | Commentaires (2)