19/06/2012

Un gouvernement monocolore en Ville de Genève ?

Pierre Maudet a été élu au Conseil d'Etat genevois. Sa place à l'Exécutif de la Ville de Genève va se libérer. A gauche, certains s'y voient déjà.

 

Squatter les 5 places du Conseil administratif serait une preuve d'arrogance, peu conforme à nos institutions de concordance.

 

La gauche a suffisamment hurlé contre le monocolorisme de droite au Conseil d'Etat de 1993 à 1997, pour ne pas renouveler cette expérience négative. Evidemment, dans plusieurs communes genevoises, le monopole de droite des postes gouvernementaux est la règle. Dans la grande majorité des municipalités genevoises, les partis bourgeois accaparent les trois sièges, alors qu'ils ne représentent parfois qu'une courte majorité de la population. La gauche ne pratique de la sorte qu'à Carouge. Si cette attitude de revanche peut éventuellement se comprendre dans des aréopages de trois personnes, ce mimétisme dans un Exécutif de cinq membres serait maladroit et peu respectueux du pluralisme politique.

 

La gauche affirmant fortement ses valeurs éthiques et prônant une démocratie vivante ne peut jouer un tel rôle. Soyons bon joueur et laissons, en cours de législature, cette place vacante à la droite, comme l'a voulu la population lors des dernières élections municipales.

 

Partager, n'est-ce pas la signature de la gauche ?

 

Christian Brunier, ancien Président des Socialistes genevois-es

11:50 Publié dans Politique | Tags : politique, genève, gauche | Lien permanent | Commentaires (0)

10/06/2012

Enfin, des salaires dignes et décents pour les patrons

« Je crois au patriotisme des dirigeants, qui peuvent comprendre

que la crise suppose l'exemplarité des élites politiques et économiques. »

Jean-Marc Ayrault, Premier ministre

 

François Hollande l'avait promis, durant sa campagne à la Présidentielle. Il passe rapidement à l'acte, respectant, comme d'habitude, ses engagements. Les rémunérations des patrons des entreprises publiques seront diminuées, afin que l'écart entre les plus petits salaires de ces sociétés et leur patron, soit au maximum de 1 à 20, ce qui est déjà pas mal. Les salaires de ces boss doivent devenir dignes et décents.

 

Concrètement, à titre d'illustration, le salaire d'Henri Proglio, le PDG d'EDF passera de 1,55 million d'euros à 496'800, alors que la rémunération moyenne de son entreprise est de 39'000 euros par an. Celui de Luc Orsel, dirigeant d'Areva, diminuera de 49%, soit de 679'000 euros à 335'000. Le Président Directeur Général de la Poste, Jean-Paul Bailly, atteindra 377'160 euros au lieu de 635'974. Gérard Mestallet, le patron de GDF Suez, avec ses 3,3 millions d'euros en 2010 verra chuter son revenu de 89%.

 

4,5 millions d'euros pour le PDG de Michelin en 2010, 2,6 millions d'euros pour le patron d'EADS ou 3,3 millions d'euros pour celui de GDF Suez la même année. Comment un patron peut-il justifier un salaire si conséquent ? Parallèlement, il faut se souvenir que le SMIC, est fixé, depuis le 1er janvier 2012, à 1'398,37 euros bruts mensuels, soit 9,22 euros bruts de l'heure. Ce salaire minimum n'a jamais été augmenté durant le quinquennat de Sarkozy, à l'exception des indexations légales automatiques. Une société  visant à être saine, équitable et durable ne peut digérer de telles distorsions.

 

Le pavé jeté dans la marre par François Hollande et son gouvernement ne changera évidemment pas l'état des finances publiques. C'est toutefois un acte symbolique d'importance. Un appel à l'exemplarité et à l'éthique pour les chefs des 52 entreprises, partiellement ou totalement, publiques. Le Président socialiste veut des dirigeants d'entreprises publiques irréprochables. Ce nouveau système salarial doit se profiler comme un exemple à suivre aussi par les grandes entreprises privées, dans lesquelles les écarts de rémunérations sont parfois colossaux.

 

Plusieurs postures à la tête des entreprises fortement étatiques se sont révélées scandaleuses. L'indemnité de 1,5 million d'euros  versée à  Anne Lauvergeon pour son départ d'Areva n'en est qu'un triste exemple.

 

Ces dernières années, pour résister à la crise, les salaires des employées et des employés ont tendanciellement stagnés ou peu progressés, alors que les gains des PDG et des actionnaires prenaient l'ascenseur. La fracture sociale, déstabilisante pour l'ensemble de la société, s'est encore accrue avec ces écarts de revenus inacceptables.

 

Avec des rapports de 1 à 6 ou 7 entre les plus petits salaires et les plus hauts, une entreprise peut déployer une courbe salariale motivante et attrayante pour garder et recruter des talents, à condition que les plus faibles rémunérations se situent à un niveau attractif. Sur la base d'une échelle de 1 à 20, on se rend bien compte de la sagesse de la mesure impulsée par François Hollande.

 

Dans cette cohérence, l'Etat français vient de s'opposer en tant qu'actionnaire important de plusieurs sociétés à des parachutes dorés offerts à des PDG ou à différentes primes injustifiables. L'indemnité de départ  du patron de l'équipementier aéronautique et de défense Safran a été notamment refusée par l'Assemblée générale des actionnaires.

 

Concilier responsabilité, compétence et motivation avec éthique et dignité est l'un des paris de François Hollande. Par ses premières mesures, il contribue à orienter l'économie vers davantage d'humanité et de durabilité ; dans l'espoir que cette vague d'éthique déferle sur les rives des grandes firmes privées ...

 

Christian Brunier, ancien Président du Parti socialiste genevois

20/05/2012

Au revoir Kaboul, mais pas adieu

«  J'engagerai un retrait immédiat de nos troupes d'Afghanistan :

il n'y aura plus de troupes françaises dans ce pays à la fin de l'année 2012. »

François Hollande

 

Pour l'opinion publique, les forces internationales étaient parties motivées pour chasser les Talibans du pouvoir en Afghanistan et promulguer le respect des droits humains. C'était tentant, les Talibans maltraitaient leur population, humiliaient les femmes, violaient les règles démocratiques et interdisaient même la musique. L'Occident allait chasser les méchants intégristes islamiques. Qui pouvait être contre ?

 

Mais voilà, au-delà des sornettes racontées aux populations occidentales, la vérité n'est pas si simpliste.

 

Après plus de onze années de guerre, le bilan est catastrophique. Le quotidien des Afghans est toujours empoisonné par la guerre. Les attentats, les affrontements et les actes de violence s'égrainent en continue. La haine et la vengeance gangrènent ce pays, qui se sent occupé. Plus les armées étrangères restent, plus les Afghans se réfugient dans les bras dangereux des Talibans. Ils étaient le diable. L'Occident les a transformés en symbole de résistance contre les armées étrangères envahisseuses.

 

Les actes barbares impulsés par les Talibans restent la règle. Les violences conjugales, les lapidations, le port de burqas et autres pratiques néfastes à l'épanouissement des femmes perdurent malgré la volonté de changement du Président Hamid Karsai.

 

Les forces internationales, qui voulaient substituer ces usages par des traditions bien occidentales, ont choqué. Impossible d'instaurer nos us en remplacement de ces coutumes arriérées, par l'obligation. Le changement doit passer par l'éducation et l'ouverture sur le monde, non par les armes et l'invasion. Ceci d'autant plus que ces traditions bien ancrées proviennent du passé tribal de cette région, consolidées par des préceptes délirants provenant de pseudo-religieux ayant lu quelque peu rapidement le Coran.

 

L'occupation étrangère devient insupportable pour le peuple afghan, même pour celles et ceux qui combattent les délires des Talibans depuis longtemps. Cette présence militaire doit, par contre, être compensée par de forts soutiens afin que ce pays ait les moyens de promouvoir l'instruction publique, de mener une politique sociale efficace et de stimuler l'économie locale. Les moyens gigantesques dépensés pour financer l'omniprésence militaire peuvent être consacrés à soutenir directement la population afghane.

 

A titre d'exemple, la France engloutit, chaque année, entre 450 et 500 millions d'euros pour maintenir son armée en Afghanistan. Une somme de cette ampleur, destinée directement à la population de cette nation, apporterait bien plus de bien et de progrès que cette mainmise militaire.

 

Selon le « Courrier international » de mai 2012, les Etats-Unis ont, quant à eux, déjà grillé 1'300 milliards (ceci n'est pas une faute de frappe, il s'agit bien de milliards) de dollars pour mener les guerres en Irak et en Afghanistan. Imaginez ce qui est possible de réaliser avec plus de 1'000 milliards.

 

François Hollande a compris l'importance de démilitariser cette zone et a promis d'anticiper le retrait des 3'600 soldats français de deux ans par rapport au planning fixé par l'OTAN. D'ci la fin 2012, la France devrait avoir fini son évacuation de combattants.

 

Ce conflit, dont l'efficacité est bien faible, a déjà coûté à la France la mort de 83 jeunes soldats. A ce triste bilan, s'ajoutent plus de 500 blessés graves. Le jeu n'en vaut pas la chandelle. Ajoutons les morts des autres armées et des civils et nous plongerons dans le dégoût.

 

La France, comme les autres pays des forces internationales, doivent partir et donner le support suffisant à l'Afghanistan pour construire son propre avenir et voguer vers les libertés.

17/05/2012

Une équipe qui a de la gueule

« Je veux réinstaurer la justice dans tous nos territoires,

 en métropole comme en outre-mer. »

François Hollande

 

En ce 16 mai 2012, Jean-Marc Ayrault et François Hollande recherchent cet équilibre périlleux : construire un gouvernement rassembleur, compétent, capable de concrétiser les espoirs générés par l'élection de Hollande. Un aréopage prêt à redresser la France dans la justice.

 

Respectueux des institutions, François Hollande demande à son Premier ministre de lui présenter une liste, qu'il valide après quelques arbitrages.

 

En fin d'après-midi, leur équipe est dévoilée. Une équipe qui a de la gueule ! Les engagements sont tenus. Pour la première fois de l'histoire de la France, le gouvernement est à parité : 17 femmes, 17 hommes, sous la responsabilité du Premier ministre. Ce groupe est très divers, en âges, en origines, en profils. Il reflète la pluralité culturelle de la France. Aucun Ministre ne cumulera sa mission avec un autre mandat. Finalement, chacune et chacun renonceront à 30% de leur rémunération.

 

Dans le casting, nous retrouvons : Laurent Fabius Ministre des Affaires étrangères ; Vincent Peillon Ministre de l'Education nationale ; Christine Taubira Garde des Sceaux, Ministre de la Justice ; Pierre Moscovici Ministre de l'Economie, des Finances et du Commerce extérieur ; Marisol Touraine Ministre des Affaires sociales et de la Santé ; Manuel Valls Ministre de l'Intérieur ; Cécile Duflot Ministre de l'Egalité des territoires et du Logement ; Jean-Yves Le Drian Ministre de la Défense ; Nicole Bricq Ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie ; Aurélie Filippetti Ministre de la Culture et de la Communication ; Stéphane Le Foll Ministre de l'Agriculture ; Geneviève Fioraso Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche ; Arnaud Montebourg Ministre du Redressement productif ; Michel Sapin Ministre du Travail, de l'Emploi et du dialogue social ; Marylise Lebranchu Ministre de la Réforme de l'Etat, décentralisation et de la fonction publique ; Victorin Lurel Ministre de l'Outre-mer ; Jérôme Cahuzac Ministre délégué au Budget ; Valérie Fourneyron Ministre des Sports ; Najat Vallaud-Belkacem Ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement ; François Lamy Ministre délégué chargé de la Ville ; George Pau-Langevin Ministre déléguée à la réussite éducative ; Delphine Batho Ministre déléguée auprès de la Garde des Sceaux ; Benoît Hamon Ministre délégué chargé de l'Economie sociale et solidaire ; Bernard Cazeneuve Ministre délégué chargé des Affaires européennes ; Kader Arif, Ministre délégué chargé des Anciens combattants ; Yamina Benguigui Ministre déléguée des Français de l'étranger ; Fleur Pellerin Ministre déléguée chargée des PME, de l'innovation et de l'économie numérique ; Dominique Bertinotti Ministre déléguée chargée de la Famille ; Marie-Arlette Carlotti Ministre déléguée aux personnes handicapées ; Pascal Canfin Ministre délégué chargé du développement ; Frédéric Cuvillier Ministre délégué chargé des Transports ; Sylvia Pinel Ministre déléguée à l'artisanat ; Alain Vidalies Ministre délégué aux relations avec le Parlement ; Michèle Delaunay Ministre déléguée aux Personnes âgées et dépendance.

 

Le groupe est soudé. Toutes et tous se sont mobilisés fortement dans la campagne de Hollande. Ami-e-s de toujours ou convertis, ils avaient toutes et tous adhéré fortement, durant la campagne, au dessein présidentiel du candidat socialiste.

 

Cette formation marque évidemment le changement. Elle respire la volonté d'agir. Un renouveau exceptionnel avec 30 nouvelles personnes n'ayant jamais exercées de fonction ministérielle. Cependant, pas des débutants. Des personnalités aux C.V. impressionnants. François et Jean-Marc ont su aller chercher du sang neuf, de l'intelligence vive, sans tomber dans la tentation de repêcher les éléphants vedettes du PS.

30/04/2012

1er Mai ...

Je relis le discours,  que j'avais prononcé lors de la manif genevoise du 1er Mai 1996. 16 ans plus tard, il reste encore d'actualité ...

 

Chères amies, chers amis,

 

Aujourd'hui, la Fête, la belle Fête du travail, a un goût amer. En effet, comment ignorer la propagation du chômage, le développement de la pauvreté ou la montée du désespoir social ? La Suisse, 2ème pays le plus riche du monde, a pourtant le pouvoir de contrer ces fléaux. Ne rien entreprendre est un fatalisme inacceptable, une non-assistance aux personnes en danger social.

 

De plus en plus, la droite se range aux côtés de l'aile dure du patronat. Le débat concernant la loi sur le travail l'a prouvé une nouvelle fois. Démolissant tout compromis, la majorité bourgeoise a choisi la voie dangereuse de la déréglementation en promouvant le développement du travail de nuit et du dimanche sans véritable compensation.

 

En fait, la droite offre à ses amis patrons une arme contre les droits élémentaires des travailleuses et des travailleurs de ce pays. Dans un tel conflit, les blessures sociales risquent d'être très graves. Ainsi, cette loi odieuse permet par exemple au patronat :

          . d'exiger, sans autorisation, jusqu'à 500 heures supplémentaires par an et par employé-e;

          . de faire travailler le personnel la nuit sans aucun droit de compensation;

          . d'obliger le personnel de la vente à travailler six dimanches par an sans compensation.

 

De plus, le travail de nuit débutera à 23 heures au lieu de 20 heures.

 

Au nom de la mondialisation, du profit, de la performance et de la compétition tout est permis pour les détenteurs de l'économie. Le spectre du nouvel ordre mondial ne respecte que l'argent. L'être humain est réduit à une ressource, à un simple moyen de production que l'on jette sans vergogne pour délocaliser ou réorganiser.

 

Dans trop d'entreprises, les conventions collectives sont cassées, les salaires bloqués ou diminués, les licenciements multipliés et le rythme du travail accéléré. Le stress, l'insécurité et la déprime forment désormais le quotidien de trop de travailleuses et travailleurs. Jusqu'à quand allons-nous accepter l'inacceptable ?

 

Le monde du travail doit cesser de courber l'échine. Il doit prendre conscience de sa force. Les travailleuses et les travailleurs doivent se regrouper au sein des syndicats pour être plus puissants. Comprenons que sans nous, sans notre accord, le patronat ne peut rien entreprendre. Le personnel est la plus grande richesse qu'une entreprise peut avoir. Il est temps de durcir le ton et d'affirmer nos droits.

 

La crise économique ne doit pas permettre n'importe quoi. Si le dialogue entre les partenaires sociaux - que nous avons toujours privilégié - n'est plus possible, nous utiliserons d'autres moyens pour faire entendre notre voix. Si l'arrogance patronale refuse de tenir compte de nos préoccupations, c'est bien dans la rue que nous porterons nos revendications.

 

Evidemment, tous les patrons ne sont pas à mettre dans le même sac. Mes critiques visent ceux qui profitent de la conjoncture pour exploiter leur personnel, ceux qui ont cessé d'entreprendre pour abuser des mécanismes spéculatifs, ceux qui ont élevé la Bourse à l'état de temple. Cette logique financière est destructrice et violente. Elle appauvrit ici la population, affame le Tiers-monde et ruine l'environnement de la planète.

 

Nous, nous voulons un développement économique maîtrisé au profit des êtres humains et des entreprises véritablement citoyennes. Nous voulons un pouvoir politique capable d'être un contre-pouvoir à cette folie spéculative.

 

En Suisse, comme dans le monde, le nombre de fortunés augmente aussi vite que le désespoir social. Ceci n'est pas un hasard. La répartition des richesses est totalement inégalitaire. A Genève, 5 % des contribuables détiennent les 84 % de la fortune imposable.

 

Or, cette société à deux vitesses n'est pas une fatalité. Refusons l'univers impitoyable des actionnaires et des spéculateurs, construisons l'avenir - notre avenir - sur des valeurs d'éthique, de justice et de partage.

 

Pour lutter contre le chômage, la droite reste les bras ballants attendant désespérément le redémarrage de la croissance. Dans notre canton, depuis le début des années 90, plus de 30000 emplois ont disparu. Or le Conseil d'Etat monocolore ose affirmer dans les points soi-disant «positifs» de son bilan que «des entreprises de premier ordre s'installent à Genève et créent des emplois». Crier victoire dans ce domaine est d'une arrogance totalement indécente par rapport aux milliers de femmes et d'hommes qui cherchent désespérément un emploi. Certes il n'existe pas de remède miracle contre le chômage. Mais, ce n'est en tous cas pas l'inaction qui va nous permettre de sortir de la spirale du manque d'emplois.

 

Ce n'est pas non plus la diminution des budgets de l'enseignement et de la formation qui va nous aider. Nous devons développer une politique d'innovation et d'imagination en la matière qui passera obligatoirement par un meilleur partage du travail, du temps libre et des richesses. Dans ce contexte, il y en a sept qui risquent bien de perdre leurs jobs à l'Hôtel-de-Ville.

 

Genève a besoin d'une réelle politique en faveur de l'emploi. Les syndicats et la gauche ont émis plusieurs propositions allant dans ce sens. Cependant, la droite reste bien sourde à ces remèdes. Si seulement, les partis bourgeois et les milieux économiques mettaient autant d'énergie à combattre la crise, qu'ils en ont mis pour défendre les fortunés lors de la campagne sur les initiatives fiscales.

 

Pour la droite, le chant des sirènes de l'ultracapitalisme retentit plus fortement que le bruit des soucis de la population. En cette période de dénigrement de l'être humain, la résistance contre l'ultralibéralisme n'est pas une réticence aux changements mais bien une résistance contre un retour en arrière. Nous ne voulons pas d'une société construite sur l'égoïsme, d'une jungle à la «De Pury ».

 

Et ne nous laissons pas piéger par les tentatives de culpabilisation de nos adversaires. Savoir dire Non, défendre les acquis ne sont pas des combats ringards. S'opposer aux supporters de l'odieux «Livre blanc» - aux hooligans de l'argent - est au contraire une preuve de modernisme.

 

Quand on apprend que le PDG de la société AT&T a empoché 20 millions de francs suisses l'an passé alors qu'il a parallèlement viré 40000 employés, comment ne pas dire : Stop ! Quand on sait que des sociétés distribuent des dividendes records alors qu'elles renvoient leurs employés par charrettes entières, comment ne pas dire : Trop c'est trop !

 

Oui, nous en avons marre du culte de la rentabilité, de la loi de la compression du personnel. La résistance contre ces  drogués de la productivité est d'autant plus urgente que le risque de transformation de cette dictature économique en dictature politique n'est pas improbable. En effet, pour protéger leurs richesses indécentes, leur opulence face à ceux qui n'ont plus grand chose, les privilégiés sont tentés de recourir à l'Etat policier. Aux Etats-Unis, par exemple, les plus riches construisent désormais leurs propres villages, de petites cités presque idéales, qu'ils entourent de cordons sécuritaires.

 

Après le mur de Berlin, c'est maintenant le mur de l'argent qui s'élève entre les différentes classes sociales. Combattre le capitalisme sauvage à présent, c'est défendre la liberté de demain! Mais, au-delà de notre force d'opposition, nous devons valoriser notre puissance de proposition afin de construire les bases d'une nouvelle société.

 

La gauche, les syndicats, les associations, le mouvement social sont des réservoirs fantastiques d'idées novatrices. Imaginer le futur pour qu'il soit meilleur - pour qu'il soit ouvert à tous - est l'un des objectifs des forces de progrès. Changer la vie n'est pas un rêve révolu, une utopie irréaliste. C'est l'essence de notre combat. La sauvagerie du libéralisme économique doit être une parenthèse qui doit se refermer au plus vite. Cadences infernales, dégraissage, restructuration, chômage, exclusion : voici ce que nous offre le libéralisme économique. Ca suffit ! Cette façon de vivre n'est pas celle que nous désirons.

 

Comme alternative, notre volonté est de mettre en place un projet solidaire qui place enfin l'être humain au centre de toute préoccupation. Nous repoussons la pensée unique du libéralisme économique. Nous ne nous laisserons pas enfermer dans un sectarisme idéologique, dans l'uniformisation des consciences bien rabotées dans le moule du capitalisme sauvage. Nous disons un Non ferme à ce prêt-à-penser institué par les nantis. Le progrès passe par la multiplication des idées, par la richesse de la différence et par les couleurs de la diversité.

 

Le lancement d'un référendum contre la nouvelle loi sur le travail va parfaitement dans ce sens. Uni, décidé à défendre ses droits et à construire une économie différente, le monde du travail est maintenant en mouvement pour s'élever contre toutes ces injustices.

 

Non à l'ultralibéralisme, Non au Nouvel Ordre mondial, Oui à la solidarité, Oui à une société plus humaine tels sont les messages que nous devons transmettre en ce jour de 1er Mai !

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15/04/2012

Avant le Champagne de dimanche prochain …

« Je n’aime pas le vin. Je bois du Coca light », balance Nicolas Sarkozy. Ne pas aimer le pinard est une perte de plaisir dommageable, tant ce nectar peut s’avérer délice. Ce non-amour pour les œuvres viticoles est assurément un handicap dans l’un des pays phares de la production de ce magnifique produit. Mais, horreur ! Troquer ce rince-gorge divin par du Coca light est la preuve éloquente d’un mauvais goût, illustratif parfois de ses discours. Cette cuvée présidentielle a incontestablement le goût de bouchon.

 

Tandis que Sarkozy dit préférer le Coca light au vin, François Hollande s’écrie, dans le magazine "Terre de vins" : « La dégustation de vin est pour moi synonyme de convivialité, en famille ou avec des amis. C’est le plaisir et la découverte. Nous avons la chance en France d’avoir un terroir exceptionnel, riche de grands crus et de vins plus accessibles. »

 

Encore une bonne raison de voter Hollande !

30/03/2012

Miscellanées du 30 mars 2012

Le journaliste réac Eric Zemmour avoue : « Sarkozy a été élu pour être un Le Peniste raisonnable ». Encore une bonne raison de voter pour François Hollande !

 

Marine Le Pen prétend que la viande de l'Île de France est halal. Elle délire, pourtant son papa s'y connait question boucherie en Algérie.

 

Un sondage Ifop, réalisé pour le magazine porno Hot Vidéo, démontre que les votants de droite et du centre tendent à avoir une vie sexuelle plus morne que ceux de gauche. J'suis d'accord ... et ça m'arrange. L'insatisfaction sexuelle serait, en revanche, plus conséquente chez les électeurs des partis populistes. Leur frustration ne serait donc pas que politique.

 

L'Espagne rouge ... de colère ! La droite est au pouvoir depuis trois mois en Espagne. Elle a annoncé ses premières mesures. Inspirée par les thèses ultralibérales, son menu est une attaque frontale contre la solidarité nationale. La population déclenche une grève générale de protestation. La morale de cette histoire est qu'il faut bien réfléchir avant de voter !

 

« Quelles seraient vos trois priorités si vous étiez à la Présidence des USA », demande un journaliste à Madonna. L'artiste augmenterait les salaires du corps enseignant, vu la difficulté et l'importance de ce métier ; autoriserait les mariages gays et lèverait la censure  frappant son dernier clip. Madonna Présidente !

25/03/2012

Une femme socialiste au Conseil d’Etat genevois

Débat pour désigner une candidature à l'élection partielle du Conseil d'Etat genevois. Quatre candidat-e-s s'affrontent : Carole-Anne Kast, Anne Emery Torracinta, Thierry Apothéloz et Manuel Tornare. J'interviens en brodant sur cette base de texte :

 

Nous pouvons être fiers d'avoir quatre belles candidatures et donc le choix. D'autres grands partis n'ont pas eu cette chance.

 

Pour que la politique trouve du crédit auprès de la population, il est impératif que les partis disent ce qu'ils veulent faire et fassent ce qu'ils ont dit. Tenir nos promesses, respecter nos valeurs doit être la ligne du PS.

 

Dans l'article 2bis de nos statuts, il est stipulé « Dans la désignation de ses candidates et candidats  et la composition de ses organes, le PSG tend à réaliser le principe de la parité entre les hommes et les femmes. »

 

Dans le programme de législature 2009-2013 du PSG - notre programme ! - notre engagement envers les électrices et électeurs, les principes sont limpides :

Les Socialistes entendent continuer leurs efforts pour favoriser par tous les moyens disponibles la participation et la représentation politiques des femmes.

 

Le programme du Parti socialiste suisse réclame « un accès égal aux positions d'influence sur le plan politique. »

 

On ne serait être plus clair !

 

L'histoire du mouvement féministe converge totalement avec celle du Parti socialiste. Le PS a été le moteur de la promotion de l'égalité des sexes. Et les femmes ont été l'un des plus grands - si ce n'est le plus grand - soutien électoral de notre parti.

 

Pourtant, depuis près d'une décennie, le PSG n'a plus eu de femme au gouvernement cantonal. Pire, durant toute l'histoire de notre République, le PS n'en a eu qu'une seule : Micheline Calmy-Rey. Même certains partis très machos en ont eu largement plus.

 

Cette élection partielle doit être l'occasion d'encourager l'accession d'une femme. Nous en avons deux, compétentes, motivées et expérimentées. Dès lors, à compétences équivalentes, il est évident qu'une femme doit être choisie. Ce scrutin est une opportunité de respecter nos valeurs d'égalité et de parité, nous qui avons déjà un homme en place en la personne de Charles.

 

Certaines et certains nous invitent à ne pas être des ayatollahs de l'égalité des sexes ; que l'on pourra corriger le déséquilibre dans 18 mois, lors du renouvellement total du Conseil d'Etat. Lorsque Charles Beer est devenu le second socialiste mâle du gouvernement, on nous prédisait le même scénario. 10 ans plus tard, nous n'avons toujours pas tenu nos promesses de pluralité des sexes.

 

L'égalité, Cher-ère-s ami-e-s, doit être une constance et non une circonstance.

 

Respectons notre parole donnée aux électrices et électeurs du canton, et soutenons aujourd'hui une femme, malgré l'amitié sincère et l'admiration que nous pouvons ressentir pour Manuel (Tornare) et Thierry (Apothéloz).

 

Après une discussion nourrie, l'Assemblée générale vote pour ma candidate préférée : Anne Emery Torrracinta.

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Catherine Metford-Perroulaz, René Longet, Christian Brunier et Arnaud Moreillon
(photo : Demir Sönmez)

27/02/2012

Pour respecter nos valeurs d'égalité des sexes, une femme comme candidate PS au Conseil d'Etat

A René Longet, Président du Parti socialiste genevois

et à Arnaud Moreillon, Secrétaire général du PSG

 

« Le pouvoir, s'il est amour de la domination, je le juge ambition stupide.

Mais, s'il est acte de créateur et exercice de la création, alors, le pouvoir, je le célèbre. »

Antoine de Saint-Exupéry

 

Cher René, Cher Arnaud,

 

Dès l'annonce de la démission de Mark Müller du gouvernement genevois, plusieurs personnes ont pris contact avec moi afin de m'encourager à annoncer ma candidature à cette élection partielle du Conseil d'Etat.

 

Bien que très honoré par ces sympathiques sollicitations, j'ai décidé de ne pas présenter ma candidature pour les raisons suivantes :

 

Il est évident que le PS doit déposer une candidature. Un second siège gouvernemental serait conforme au potentiel électoral des socialistes à Genève et serait un retour à une certaine normalité.

 

Dans un monde où l'égoïsme atteint son paroxysme, où le développement durable est en péril et où la folie financière provoque une crise d'une ampleur exceptionnelle, plus que jamais le renforcement des forces prônant une société plus humaine est primordial.

 

Je suis naturellement intéressé par un siège au gouvernement. Mes expériences politiques (particulièrement celles du président du PSG et de chef de groupe au Grand Conseil), syndicales et associatives, associées à une formation et des compétences de gestion d'entreprise, m'offrent une opportunité de contribuer modestement à améliorer le sort des Genevoises et Genevois. Néanmoins, le PS étant déjà représenté au gouvernement par un homme, Charles Beer, et notre parti possédant plusieurs compétences féminines reconnues, il est essentiel que le PS, symbole d'égalité des sexes et de diversité, présente, pour cette élection partielle, une femme.

 

Dans l'article 2bis de nos statuts, il est stipulé «  Dans la désignation de ses candidat-e-s et la composition de ses organes, le PSG tend à réaliser le principe de la parité entre les hommes et les femmes. » Je demande simplement l'application de ce beau fondement.

 

Dans cette dynamique, je vous demande de bien vouloir convoquer les instances du parti, le plus rapidement possible, pour valider le principe d'une candidature féminine, en cohérence avec nos valeurs de promotion de la femme et de diversité dans nos représentations politiques.

 

En restant à votre entière disposition pour discuter plus longuement de cette question si vous le jugez utile et en vous remerciant de votre action, je vous adresse, Cher René, Cher Arnaud, mes amicales salutations.

 

Christian Brunier

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23/02/2012

Votations du 11 mars prochain

Dépose mon enveloppe de votes concernant les votations du 11 mars 2012. Je dis Oui à l'initiative populaire fédérale « Pour en finir avec les constructions envahissantes de résidences secondaires ». En limitant à 20% les résidences secondaires dans chaque commune helvétique, je privilégie la qualité de l'environnement plutôt que les bétonneurs et les spéculateurs.

 

J'approuve l'initiative fédérale « 6 semaines de vacances pour tous ». Travailler moins pour travailler mieux et vivre plus !

 

Je dis Non à l'épargne-logement, un cadeau aux plus favorisés payés par tous les contribuables, dont les familles modestes. Pas très social ce truc.

 

Accepte l'arrêté fédéral concernant la réglementation des jeux d'argent en faveur de l'utilité publique. Le revenu des jeux doit servir le bien commun.

 

Oui convaincu à la réglementation fédérale sur le prix du livre. Ce prix unique du livre sauvera de nombreuses librairies indépendantes face aux grands groupes, et favorisera la diversité et la liberté culturelles.

 

Niet à l'intro du mercredi matin à l'école obligatoire genevoise. Travailler plus pour apprendre plus est une illusion simpliste. « Enseigner ce n'est pas remplir un vase, c'est allumer le feu », disait Montaigne. Le défi est de rendre l'enseignement motivant pour les enfants et les jeunes et non pas transformer l'école en une usine de bourrage de crâne.

 

Refuse la loi modifiant la loi sur les manifestations sur le domaine public. Nous ne pouvons pas applaudir les manifs du Printemps arabe et censurer le droit  de manifester à Genève !

06:53 Publié dans Politique | Tags : suisse, genève, politique | Lien permanent | Commentaires (1)