20/12/2010

Rire de résistance, la suite …

J’avais adoré le tome I. Le tome II fait du bien dans ce monde surdominé par la bêtise humaine. Jean-Michel Ribes réunit une série de textes et de bons mots pour s’opposer à toutes les hégémonies par un rire aux éclats.

 

De A à Z, nous cheminons au milieu de l’espièglerie et traversons l’alphabet de l’humour.

 

A comme Athée. « J’ai failli devenir athée … mais ils n’ont pas assez de jours fériés. », nous dit Henny Youngman.

 

Sous B, tu retrouves un bel échange entre deux génies de la déconne : Guy Bedos et Pierre Desproges. Et aussi un article délirant sur la Belgitude. Sans oublier une belle citation sur le bordel : « Je préfère le bordel de la pensée aux raisons closes. » Tu dégotes en outre les Brèves de comptoir de Jean-Marie Gourio : « De toute façon tant qu’il y aura des bonnes femmes chez les féministes ça marchera jamais … »

 

C commence par une citation d’Alphonse Allais sur le calendrier : « Je ne prendrai pas de calendrier cette année, car j’ai été mécontent de celui de l’année dernière. » Les portraits de Chaplin et de Cingria valent le détour, ainsi que le dossier sur la caricature ou celui sur les critiques.

 

D comme Dac Pierre, le résistant au nazisme à coups de rigolades. D zoomant sur le mouvement Dada, petite folie collective. Sous cette lettre, nous retrouvons Dard Frédéric, agissant pour réduire la fracture intellectuelle ; Daumier Honoré, hissant la caricature au rang des arts ; et Démocrite, penseur du rire matérialiste.

 

E nous offre un portrait d’Erasme et le rire laïc, signé par Michel Onfray. Etaix Pierre, le clown, n’est pas loin.

 

F fait une place aux fêlés. « Heureux sont les fêlés car ils laisseront passer la lumière. », dixit Michel Audiard. Dans les fêlés, on trouve Feydeau Georges et Fournier Jean-Louis.

 

G valorise l’humoriste italien Grillo Beppe, la terreur du monde politique transalpin. On y voit de plus une galerie de photos de grotesques de Berlusconi aux Le Pen, de Sarah Palin à George W. Bush.

 

Le H consacre une bonne place à l’humour. Max Ernst nous dit : « Le hasard est le maître de l’humour. »

 

Les Italiens occupent le I, avec un témoignage complaisant de Jean Cocteau : « Les Italiens sont des Français de bonne humeur. » I donne l’occasion de publier plusieurs pages sur les images qui bougent : le cinéma comique.

 

J et K se partagent le même chapitre. Un reportage nous présente l’insolence au Japon.

 

Passons à L. Philippe Geluck nous fait une confidence sur le verbe lire : « Je ne lis que mes bouquins. Mais j’en écris tellement que je n’arrive pas à les lire tous. »

 

M me permet de parler de moi. Alain Dantinne nous explique qu’il a des fins de moi difficiles. M s’axe encore sur les militants : Michael Moore, Morgan Spurlock, lutteur contre la malbouffe et aussi plusieurs associations utilisant la goguenardise pour soutenir leurs causes.

 

Nous sautons N et O et arrivons chez PQ. Le P ouvre sa porte aux dessins de presse. Kofi Annan les défend : « Les dessins de presse nous font rire. Sans eux, nos vies seraient bien tristes. Mais c’est aussi une chose sérieuse : ils ont le pouvoir d’informer mais aussi d’offenser. »

 

Dans les pages pleines d’R, Friedrich Nietzsche rappelle : « Le rire est un remède contre la vie. » R nous donne l’occasion de revivre un p’tit bout de chemin avec le dessinateur de génie Reiser et le dompteur de bons mots Jules Renard. Nous y découvrons de plus un article sur le rire jaune, l’humour asiatique.

 

S laisse George Mikes présenter les Suisses : « Les Suisses ont su construire un très beau pays autour de leurs hôtels. »

 

C’est l’heure du T. Jean-Luc Godard nous parle théâtre : « Le théâtre, ça m’intéresserait mais ils parlent trop fort. » A travers, un portrait de Mark Twain, on sacralise l’irrévérence et la liberté.

 

Dans U, Francis Picabia marmonne : « Le seul uniforme supportable est celui du bain de vapeur. »

 

V nous présente Boris Vian, plus vif que mort.

 

La fin de l’abécédaire laisse de la place à Mae West, Willem et Jean Yanne criant : « Ni Dieu ni maître, même nageur. » Sans oublier les zinzins suisses : Plonk & Replonk.

 

Pour tourner le dos aux thématiques déprimantes, il est bon de déguster cette galopade impertinente. Rire de résistance, un beau combat, vaccin contre la connerie humaine.

rire résistance.jpg

 

 

18:48 Publié dans Humour | Tags : rire, humour | Lien permanent | Commentaires (2)

02/11/2008

Sophie Mounicot, dans les premières au classement du rire

Vu à Paris, le spectacle de Sophie Mounicot au Théâtre des Mathurins. Ecrit à trois mains, par Sophie Mounicot, Gérald Sylbleiras et le talentueux François Rollin (le Professeur Rollin), ce one-woman-show « C’est mon tour ! » se déroule à un rythme effréné et dans une tonalité corrosive. A l’heure où tout est compétition, qu’on classifie tout, qu’on élimine, qu’on évalue continuellement, qu’on joue constamment à la Star ’ac, qu’on note tout e monde, Sophie Mounicot s’interroge sur son classement mondial. Quelle est sa place dans le classement planétaire des individus ?

Pour y répondre, elle fait défiler sa vie, définit des critères et intègre ces événements personnels dans la grande compétition mondialisée. Obsédée par sa notation, elle ironise sur cette lutte exaltée aux premières places, déprime sur son âge, aborde sa vie sexuelle et égratigne le machisme, inspirateur de ce mouvement pour sélectionner les plus forts.

Mis en scène par Roland Marchisio, Sophie Mounicot, rendue célèbre pour sa participation à la série « H », s’illustre en solo comme une grande humoriste, avec un ton nouveau et sans tabou.

 

sophie_mounicot_c_est_mon_tour_imagesfilm.jpg

 

 

18:19 Publié dans Humour | Tags : humour, mounicot, rire | Lien permanent | Commentaires (0)

31/10/2008

Hara Kiri, les Belles images

320 pages forment un magnifique album résumant l’histoire du journal Hara Kiri « Bête et méchant » qui a révolutionné l’humour et représenté l’un des plus gros électrochoc contre la censure de l’époque.

André Gide prétendait que le monde ne pouvait être sauvé que par l’insoumission. Le magazine créé, en 1960,  notamment par Cavanna, le Professeur Choron, Fred et Reiser a insufflé cet esprit rebelle, utilisant l’ironie et la dérision pour repousser les limites des libertés.

Dans ce bel ouvrage, nous retrouvons plusieurs unes qui, presque à chaque fois, créaient une nouvelle brèche contre les interdits. Nous revoyons plusieurs détournements de pubs, jouant avec la bêtise de certains slogans et manifestant contre les excès de la société de consommation.

Les textes de Michèle Bernier, la fille de Choron, de François Cavanna, de Delfeil de Ton et de Mazurier racontent la belle aventure de ce magazine élevant la provoc en tant qu’oxygène de la liberté d’expression.

Que l’on aime ou pas ce canard, il faut reconnaître que c’est bien grâce à de tels journaux, à des humoristes tels que Coluche, Bedos, Jean Yanne ou Desproges, à des émissions TV telles que Groland ou les Guignols que notre liberté, à toutes et tous, s’est développée. Et puis, le rire, sous toutes ses formes, est une belle hygiène de vie et un bon vaccin contre la sinistrose ambiante dans nos sociétés. A lire sans aucune modération …

 

hara kiri.jpg

 

 

17:31 Publié dans Humour | Tags : humour. hara kiri, rire | Lien permanent | Commentaires (0)