23/05/2012

Hollande in America

« Nous devons être fidèles au rêve de ceux qui ont voulu le progrès social.

Faites ce rêve avec moi ! Ce sera la réalité de demain ! »

François Hollande

 

François Hollande avait commencé sa carrière internationale de Président en allant dîner avec la Chancelière allemande, dès le soir de son intronisation.

 

La suite se passe aux USA, avec une rencontre avec Barack Obama dans son bureau ovale de la Maison-Blanche, une autre avec Hilary Clinton, une séance du G8 à Camp David, un G20, puis un sommet de l'OTAN à Chicago, et une bonne dizaine de bilatérales avec des  influents de la planète.

 

L'examen est un succès pour le nouveau Président Hollande sur différents axes cruciaux pour l'évolution de la planète.

 

Certains prétendaient que les dirigeants mondiaux voyaient d'un mauvais œil l'élection d'un socialiste à la tête de l'Hexagone. L'accueil a été au contraire chaleureux. Par son humour et son intelligence, Hollande a su créer rapidement du lien avec ces figures du pouvoir mondial. Evoquant la première rencontre entre Hollande et Obama, Aquilino Morelle, le Conseiller politique du Président français, a déclaré : « Le courant est passé tout de suite. »

Le tutoiement entre les deux hommes a été immédiat. Les bons mots ont fusé entre ces deux esprits vifs et drôles.

 

François Hollande a su imposer sa vision pour combattre la crise économique mondiale. Englués dans l'austérité, les dirigeants du monde ne voyaient pas d'issue à cette problématique. La croissance par la relance est la recette du socialiste français, repris en cœur par les grands du monde. Barack Obama a adopté une posture à la Hollande : « Nous devons trouver une approche responsable combinant consolidation budgétaire et soutien fort à la croissance. » Une thématique qu'il compte bien reprendre à son compte dans sa course à la réélection.

 

Face au géant chinois, François Hollande ne s'est pas dégonflé. Il a demandé des relations plus équilibrées et des échanges commerciaux basés sur la réciprocité. Il a insisté aussi pour que le Yuan devienne enfin une monnaie convertible.

 

Ils voulaient tous faire plier le petit nouveau sur l'Afghanistan. Là encore, Hollande a tenu le cap et est resté fidèle à ses promesses. La France a confirmé son retrait militaire anticipé du bourbier afghan. François Hollande a osé dire aux grands de ce monde que le retrait d'Afghanistan n'était pas négociable pour la République française.

 

Les avis sont unanimes. François Hollande a réussi son bizutage parmi les dirigeant-e-s de la planète et a démontré qu'il fallait compter avec la France. Il a imposé son style : décontracté sur la forme, fermeté de conviction sur les dossiers.

 

Le dernier mot revient à la journaliste Laure Bretton, qui dans « Libération » résumait si bien  le déplacement US de François Hollande : « Le Président français a voulu donner une triple image : le dirigeant au travail sans perdre une minute, le président tenant ses promesses de candidat et celui par qui pouvait venir le changement. » Yes we can !

25/03/2012

Une femme socialiste au Conseil d’Etat genevois

Débat pour désigner une candidature à l'élection partielle du Conseil d'Etat genevois. Quatre candidat-e-s s'affrontent : Carole-Anne Kast, Anne Emery Torracinta, Thierry Apothéloz et Manuel Tornare. J'interviens en brodant sur cette base de texte :

 

Nous pouvons être fiers d'avoir quatre belles candidatures et donc le choix. D'autres grands partis n'ont pas eu cette chance.

 

Pour que la politique trouve du crédit auprès de la population, il est impératif que les partis disent ce qu'ils veulent faire et fassent ce qu'ils ont dit. Tenir nos promesses, respecter nos valeurs doit être la ligne du PS.

 

Dans l'article 2bis de nos statuts, il est stipulé « Dans la désignation de ses candidates et candidats  et la composition de ses organes, le PSG tend à réaliser le principe de la parité entre les hommes et les femmes. »

 

Dans le programme de législature 2009-2013 du PSG - notre programme ! - notre engagement envers les électrices et électeurs, les principes sont limpides :

Les Socialistes entendent continuer leurs efforts pour favoriser par tous les moyens disponibles la participation et la représentation politiques des femmes.

 

Le programme du Parti socialiste suisse réclame « un accès égal aux positions d'influence sur le plan politique. »

 

On ne serait être plus clair !

 

L'histoire du mouvement féministe converge totalement avec celle du Parti socialiste. Le PS a été le moteur de la promotion de l'égalité des sexes. Et les femmes ont été l'un des plus grands - si ce n'est le plus grand - soutien électoral de notre parti.

 

Pourtant, depuis près d'une décennie, le PSG n'a plus eu de femme au gouvernement cantonal. Pire, durant toute l'histoire de notre République, le PS n'en a eu qu'une seule : Micheline Calmy-Rey. Même certains partis très machos en ont eu largement plus.

 

Cette élection partielle doit être l'occasion d'encourager l'accession d'une femme. Nous en avons deux, compétentes, motivées et expérimentées. Dès lors, à compétences équivalentes, il est évident qu'une femme doit être choisie. Ce scrutin est une opportunité de respecter nos valeurs d'égalité et de parité, nous qui avons déjà un homme en place en la personne de Charles.

 

Certaines et certains nous invitent à ne pas être des ayatollahs de l'égalité des sexes ; que l'on pourra corriger le déséquilibre dans 18 mois, lors du renouvellement total du Conseil d'Etat. Lorsque Charles Beer est devenu le second socialiste mâle du gouvernement, on nous prédisait le même scénario. 10 ans plus tard, nous n'avons toujours pas tenu nos promesses de pluralité des sexes.

 

L'égalité, Cher-ère-s ami-e-s, doit être une constance et non une circonstance.

 

Respectons notre parole donnée aux électrices et électeurs du canton, et soutenons aujourd'hui une femme, malgré l'amitié sincère et l'admiration que nous pouvons ressentir pour Manuel (Tornare) et Thierry (Apothéloz).

 

Après une discussion nourrie, l'Assemblée générale vote pour ma candidate préférée : Anne Emery Torrracinta.

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Catherine Metford-Perroulaz, René Longet, Christian Brunier et Arnaud Moreillon
(photo : Demir Sönmez)

20/03/2012

Les socialistes genevois-es doivent respecter leur idéal d’égalité des sexes

Samedi prochain, au Congrès du PSG, les socialistes doivent désigner une candidature féminine pour l'élection partielle au Conseil d'Etat genevois.

 

Dogmatisme ultra-féminisme ? Intégrisme ? Non, juste respectueux de nos engagements et de notre programme. Dire ce que l'on fait ; Faire ce que l'on dit ; c'est la ligne qu'un parti doit suivre pour respecter ses électrices et électeurs.

 

Le PS incarne l'égalité des sexes. Les socialistes genevois-es s'engagent pour la parité et une représentation équitable des deux sexes en politique. Pourtant, durant toute l'histoire de la République et canton de Genève, les socialistes n'ont eu au gouvernement qu'une seule femme et seulement durant 5 ans, Micheline Calmy-Rey de 1997 à 2002. 

 

Désigner un homme, même talentueux et expérimenté, alors que des femmes tout aussi talentueuses et expérimentées sont candidates, serait une trahison des idéaux PS et des électeur-trice-s qui y adhèrent !

 

Je me battrai dans ce sens lors du Congrès du PSG le 24 mars prochain, malgré l'amitié sincère que j'éprouve pour Thierry Apothéloz et Manuel Tornare.

 

Christian Brunier, anc. Président du Parti socialiste genevois

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12/01/2012

Soirée à l'AG du PS ...

Participe à l'Assemblée générale du Parti socialiste genevois. Nous décidons des mots d'ordre des votations du 11 mars prochain.

 

Je combats la loi modifiant le nouvel horaire scolaire, prévoyant l'ajout du mercredi matin à l'école obligatoire. L'idée de faire croire qu'il y ait corrélation entre  la quantité des heures scolaires données et la qualité des connaissances et aptitudes assimilées est mensonger. « Travailler plus pour en savoir plus » a ses limites ! Pour prouver l'ancrage à gauche de la réforme, plusieurs intervenants jouent sur la corde sociale des socialistes. L'argumentation de prise en charge des plus défavorisés pour ne pas les laisser traîner dans les rues ou derrière la télé a aussi ses limites, à moins de les confier à 100% à l'Etat. Car ce principe pourrait aussi être formulé pour le mercredi après-midi, le week-end ou les vacances. En plus, plusieurs enfants en marge sociale connaissent des problèmes scolaires. Une overdose d'aller à l'école. Leur ajouter une ½ journée d'école supplémentaire ne peut éveiller qu'un rejet supplémentaire de l'établissement scolaire. Oui, le service public a un rôle à jouer pour cette catégorie de gosses, à travers le parascolaire, le périscolaire ou par l'offre d'activités éducatives, de loisirs, sportives ou culturelles. L'école ne peut être la seule réponse possible. Au final, les pros-mercredi remportent largement la partie par 20 voix pour contre 6, participation lamentable pour un grand parti.

 

Je m'oppose à la modification de la loi sur les manifestations sur le domaine public, restreignant dangereusement le droit de manifester. On ne peut pas applaudir les manifestations du Printemps arabe, les rassemblements en Birmanie, l'occupation de la Place Tien an men à Pékin  ou les protestations contre le régime autocratique de Poutine en Russie, et, dans le même temps, introduire un régime de prohibition à Genève, en utilisant scandaleusement les tristes casses de quelques casseurs durant G8. Il faut d'ailleurs se rappeler que ces salopards de casseurs avaient agi bien en dehors de la méga-manifestation contre les délires des milieux financiers mondiaux et n'avaient rien à voir avec les 100'000 indignés ayant défilé pacifiquement.

 

Je soutiens l'initiative populaire fédérale « Pour en finir avec les constructions envahissantes de résidences secondaires » en Suisse. Chaque seconde, un mètre carré est sacrifié en Suisse, parfois pour construire des résidences secondaires sous-occupées alors que la crise du logement sévit. En 25 ans, le nombre de résidences secondaires ont doublé dans notre pays. Il est temps de limiter, à 20% des terrains constructibles selon cette initiative, ce type de logements sous-occupés.

 

Je m'oppose à l'initiative fédérale « Pour un traitement fiscal privilégié de l'épargne-logement destiné à l'acquisition d'une habitation à usage personnel ou au financement de travaux visant à économiser l'énergie ou à préserver l'environnement ». Sous cette appellation attrayante, cette initiative provenant des milieux immobiliers est un cadeau aux propriétaires, créant une nouvelle iniquité avec les locataires, très majoritaires dans notre pays (plus de 60% de la population suisse).

 

Je vote en faveur de l'initiative fédérale populaire « Six semaines de vacances pour tous ».

 

Je suis favorable à la loi fédérale introduisant un prix unique du livre. Pour maintenir la diversité culturelle, il me semble judicieux de sortir le livre du libre marché.

 

Finalement, pour moi, c'est Oui au contreprojet sur les jeux d'argent en faveur de l'utilité publique. Ce contreprojet s'oppose à une éventuelle privatisation des Loteries et assure le versement du produit de ces jeux aux associations culturelles, sportives et sociales.

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07:29 Publié dans Politique | Tags : socialiste, école | Lien permanent | Commentaires (0)

01/02/2010

Sur Radio Cité …

Sauver le Parti socialiste genevois, les pistes de deux militant-e-s : Anne Emery-Torracinta et Christian Brunier interviewés par Pascal Décaillet :

http://www.radiocite.ch/menu-143-39-07h08h-%3A-p-decaille...

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19/12/2009

Réinventons le Parti socialiste genevois : Neuf idées pour un parti neuf !

A la sortie des élections cantonales genevoises, les socialistes ont le gueule de bois, non pas pour avoir fait la fête, simplement mis KO par les électrices et électeurs.

 

Evidemment, comme l’a mis en exergue Charles Beer, nous devons analyser en toute franchise ce cinglant échec, reposant sur six grands axes principaux :

·      la perte de vitesse contagieuse des socialistes européens environnants ;

·      l’absence d’une stratégie motivante de la gauche genevoise pour la conquête de majorités législative et exécutive ;

·      le manque de mobilisation du parti et nos lamentables bisbilles internes ;

·      la déliquescence de nos partenaires « à gauche » du PS et leur manque de soutien ;

·       notre communication peu offensive ;

·      et notre impuissance à représenter les milieux populaires.

 

Incontournable, ce bilan fait partie de notre thérapie. Mais, il faudra rapidement tourner la page et nous orienter vers l’avenir, au risque de nous embourber dans des querelles à l’image désastreuse des socialistes français.

 

9 remèdes pour réinventer le PSG et amorcer la machine à gagner

 

Modestement, je me permets de proposer quelques remèdes pour sortir du cataclysme vécu par les socialistes du bout du lac.

 

1.Revendiquer une majorité de gauche tant au niveau du Grand Conseil qu’au Conseil d’Etat genevois pour 2013.

Un des objectifs des socialistes est de gouverner pour mettre en œuvre leur programme axé sur un développement durable et solidaire. Le PS est fort, lorsque la gauche est unie et conquérante. Il faut, dès maintenant, revendiquer clairement une majorité cantonale, mettre les partis de gauche en mouvement pour atteindre cet objectif afin de sortir les Genevoises et Genevois de la morosité. Trop tôt ? Non ! Une forte ambition, fixée à un horizon raisonnable, donne de la vigueur à un mouvement, une raison d’agir.

2.Construire une union de la gauche riche de sa diversité.

Pour être majoritaire et donc pour ratisser le large spectre de l’électorat progressiste, du centre-gauche à l’extrême gauche, il est impératif de compter sur trois forces (les Verts, le PS, et une force ressoudée à la « gauche » du PS). La relance de rencontres régulières entre toutes les forces est impérative pour construire ensemble.

3.Tisser des liens forts de coopération avec les mouvements sociaux.

Quelle a été la fréquence des rencontres de la direction du PSG avec les syndicats, avec le Cartel de la fonction publique, avec l’Asloca ou le WWF ? Tout en respectant l’indépendance de chacun, le succès socialiste passe toujours par un travail en synergie avec les syndicats (publics et privés) et le monde associatif. Plusieurs fois par an, le PSG doit rencontrer les forces syndicales, les milieux de locataires, le monde culturel, les associations sociales, les mouvements environnementaux, etc. Nous devons échanger ensemble, débattre, construire des actions pour être leur bras politique sur des thématiques communes.

4.Elaborer 30 projets-clés (initiatives, projets de lois) pour changer Genève, 30 idées fortes pour mobiliser et redonner espoir à notre belle République sur les thèmes essentiels.

Cette manière d’agir (adoptée lors de notre conquête historique de la majorité au Grand Conseil genevois) est une façon crédible de concrétiser, aux yeux de la population, notre programme politique.

5.Revoir notre politique de communication et le fonctionnement de notre secrétariat

Nous ne sommes pas assez riches pour que nos professionnel-le-s passent un temps important à prendre des PV ou d’autres tâches bureaucratiques. Il faut transférer cette énergie positive à mieux promouvoir nos actions et à bien communiquer. Une bonne partie du boulot effectué par les élu-e-s socialistes n’est pas assez valorisé et reste mal connu du grand public. Pendant que les socialistes s’activent dans l’ombre, le MCG est inactif au parlement, résume la politique à des slogans populistes et finit par passer pour le défenseur des plus humbles de la société. C’est le monde à l’envers ! Notre communication doit contrer ce phénomène inquiétant.

6.Revoir nos statuts pour simplifier notre fonctionnement et accélérer les procédures

Pour présenter un projet de loi, un-e député-e socialiste doit consulter les commissions du parti, le soumettre pour approbation au comité directeur, puis au verdict du groupe parlementaire. Ce parcours d’obstacles est trop long et trop lourd, alors que les autres partis agissent dès que le groupe, voire une délégation du groupe, est OK. Ceci n’est qu’un exemple d’un fonctionnement trop bureaucratique et plus du tout conforme à une actualité où il faut souvent agir rapidement pour avoir de l’impact. Evidement, ce travail d’optimisation de notre action ne devra pas mettre en péril l’esprit de démocratie, socle des valeurs de notre parti.

7.Savoir utiliser les opportunités pour nous profiler, revendiquer notre histoire et promouvoir la justesse de nos idéaux

Depuis des lustres, les socialistes combattent le capitalisme sauvage et inhumain, et prônent un développement équilibré entre le social, l’environnement et l’économie pour assurer la durabilité de l’humanité.

Durant des lustres, la droite qualifie nos combats de ringards.

Aujourd’hui, le capitalisme est sorti de la route et la planète est en danger. Toutes nos prédictions s’avèrent exactes.

Pourtant, le PS n’utilise pas cet immense boulevard pour rappeler ses combats et l’urgence de concrétiser ses idéaux, seuls vaccins efficients contre la crise financière et le dérèglement climatique. Pire, le PS laisse la droite évoquer la moralisation du capitalisme ou le développement durable. La gauche doit aussi parfois être décomplexée !

8.Parler plus simplement

La société est complexe, change rapidement. Rien n’est simple. Pourtant, pour être compris et suivi par une majorité de la population, nous devons apprendre à communiquer plus simplement. Attention, simple ne veut pas dire simpliste. Nous devons être plus proches des citoyen-ne-s, être sur tous les terrains et développer des messages vulgarisés.

9.Renforcer la convivialité

Vouloir contribuer à améliorer le bonheur des gens est le but suprême d’une politique. Prôner le bonheur passe par l’exemplarité. Les socialistes doivent renforcer la convivialité, utiliser davantage l’humour et être plus souriants. Prendre du plaisir et en donner, aimer l’humain, n’est-ce pas un programme très socialiste ? Une équipe qui marche est un groupe partageant des bons moments, dégageant de la chaleur humaine. Ce travail de recherche de convivialité dans ce monde trop triste ne doit plus rester en jachère.

 

Christian Brunier, ancien député et président des socialistes genevois-es

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19:01 Publié dans Politique | Tags : ps, socialiste, genève | Lien permanent | Commentaires (0)

16/10/2009

Genève : Le PS confirme ses candidats au Conseil d’Etat

Par Cynthia Gani, Journal « Le Temps »

 

Désarmé après le vote de ce dimanche, le parti peine à se remettre en cause.

 

Faut-il  participer à la course au Conseil d’Etat ou claquer la porte du gouvernement pour entrer dans l’opposition? Mercredi soir, quelque 130 militants du PS genevois débattaient de cette délicate question, issue du mauvais score du parti à l’élection parlementaire. Et surtout, de l’écrasante victoire du Mouvement Citoyens genevois (MCG). La question de la pertinence de la candidature de Véronique Pürro, qui avait été désignée colistière du sortant Charles Beer par la base mais qui n’est arrivée que quatrième de la liste dimanche passé, a en revanche rapidement été évacuée. A 22h15, par 107 oui contre 12 non, le PS décidait de se lancer dans la course avec ses deux candidats.

 

Situation grave

 

A l’origine du débat, la perte de deux sièges au Grand Conseil, qui fait passer le PS de deuxième à quatrième force parlementaire. Et le glissement droitier du parlement, où le MCG a doublé sa députation. Pour certains socialistes, il ne vaut plus la peine de siéger dans un gouvernement mis sous pression par la droite. C’est l’avis du conseiller national Carlo Sommaruga, qui souligne que «depuis 1997, nous avons perdu 40% des suffrages. La situation est extrêmement grave.» Pour l’élu, pas de doute: la «rupture» s’impose. Il est rejoint par le militant Pascal Holenweg, qui relève qu’«avoir deux sièges socialistes au Conseil d’Etat depuis douze ans n’a pas empêché le MCG de progresser. Il faut être capable d’y renoncer.»

 

Le syndicaliste Jacques Robert plaide au contraire pour que les socialistes restent dans la course «On ne prend pas de décision précipitée dans ses circonstances.» L’ex-député Christian Brunier appelle aussi : «Si on se retire de la course, on offre des sièges à l’extrême droite et on sabote nos alliés verts. Faisons preuve de résistance ! » La députée Virginie Keller Lopez abonde: «C’est en restant au gouvernement qu’on s’opposera au fascisme et au démantèlement social.» Quant à Véronique Pürro, elle s’adresse à la salle en fin de séance: «Certains veulent baisser les bras, laisser les gens que nous aidons sur le carreau, mais ce n’est pas responsable. Nous allons faire gagner la gauche au gouvernement.»

15/10/2009

Atterré, le PS reste dans la course à l’Exécutif

DILEMME | Les socialistes résistent aux sirènes de la voie d’opposition.

 

Dans la Tribune de Genève, MARC MOULIN

«Baisser les bras maintenant serait irresponsable.» La candidate au Conseil d’Etat Véronique Pürro a été entendue hier soir par l’assemblée du Parti socialiste. Les 120personnes présentes ont confirmé la stratégie de leur formation: par 107 «oui», elles ont accepté d’envoyer le ministre sortant Charles Beer et sa colistière à l’assaut du Conseil d’Etat le 15 novembre. Et cela, malgré les voix éparses qui prônaient de ne revendiquer qu’un rôle minoritaire au gouvernement, en n’envoyant que Charles Beer au combat, voire de renoncer entièrement à y siéger. Une façon, pour ce courant minoritaire, de clarifier le positionnement du parti auprès de la population.

Parmi ces contestataires, on trouve des militants comme Pascal Hohlenweg: «Etre tout à la fois gouvernemental et d’opposition est dénué de crédibilité mais pas de schizophrénie», juge-t-il. Un avis partagé par les jeunes socialistes, mais aussi par des ténors comme le conseiller national Carlo Sommaruga. Face à un parlement droitier, la majorité gouvernementale rose-verte fonctionne selon lui dans «une grande coalition comme en Allemagne», ce qui mène à l’échec.

«Dans ce cas il faudrait aussi demander à Micheline Calmy-Rey de quitter le Conseil fédéral», réplique Christian Brunier. «Si on quitte le gouvernement, on ne le laissera pas qu’à des adversaires respectueux de la démocratie, mais aussi à l’extrême droite», avertit l’ex-député, appelant à la résistance. «Assumons que nous sommes un parti gouvernemental, lance Sami Kanaan, un autre ancien député. Les gens n’aiment pas les copies.» Un débat dont Charles Beer souligne ironiquement la créativité tout en prédisant qu’il pourrait mener le parti à sa fin, ce dont il ne saurait être complice. Il rappelle les actions qu’il a lancées à l’Instruction publique, comme le Réseau d’enseignement prioritaire qu’il veut développer dans les quartiers défavorisés.

Réduit à un groupuscule

Le parti a en outre fait le bilan de sa course au parlement, qui s’est soldée par un recul de deux sièges. «En seize ans, nous avons perdu 40% de nos suffrages, s’alarme Carlo Sommaruga. En Suisse alémanique, on nous voit désormais comme un groupuscule.» D’autres orateurs mettent en cause une communication trop timorée, une attitude de perdant. Mais le mal semble plus profond. La gauche n’a pas su imposer sa thématique sociale, s’est aventurée dans le terrain de la sécurité où, en pleine campagne, elle manque de crédibilité. Selon d’autres, les liens manquent désormais entre le parti et les réseaux associatifs et syndicaux. Et la gauche apparaît comme désunie.

«Dans l’électorat du MCG, on entend une grande souffrance sociale: pourquoi ces gens ne viennent-ils pas chez nous?» demande encore le constituant Alberto Velasco, notant que le parti d’Eric Stauffer tient des permanences de quartier. D’autres relèvent que c’est surtout la droite qui a essuyé les plâtres de la fièvre populiste. «Autocritique, oui; autoflagellation, non», a fini par trancher le président du parti René Longet.

20:29 Publié dans Politique | Tags : ps, genève, socialiste | Lien permanent | Commentaires (0)