12/02/2012

Court séjour à Marrakech, la cité rouge

« Quand on va à la Place Jemaa El-Fnaa de Marrakech, en écoutant les conteurs,

on voit bien qu'il y a un véritable humour arabe qui n'est pas loin de l'humour juif. »

Jamel Debbouze

 

Ssalamu 'lekum (La Paix soit avec toi !). Nous venons de passer trois jours au Maroc, à Marrakech. Se mirant dans les neiges de l'Atlas, en face, au bout du désert, Marrakech la belle se pavane. Cette ville-musée, aux murs rougeâtres, symbole de passion, incarne la douceur de vivre. Pour la seconde fois de ma vie, j'arrive dans cette cité fascinante, hors du temps, avec l'envie de la parcourir en long et en large, d'y découvrir les moindres curiosités.  Sa Médina foisonnante, ses mosquées, ses palais éclatants, ses habitant-e-s accueillant-e-s, sa chaleur humaine en font une merveille du monde. Je suis excité de revenir ici.

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Photo : Christian Brunier

Premier jour ...

 

Nous débarquons dans notre Riad : le Riad Carina ... Enchantement, notre lieu de résidence offre une vue unique sur le Palais El-Badi. L'accueil est à l'image de la tradition marocaine, mélange de gentillesse et de douceur. A notre arrivée, nous buvons le thé à la menthe, symbole d'hospitalité. Notre chambre se trouve sur la terrasse. Les cigognes du Palais El-Badi nichent à 5 de nous.

 

Nous partons flâner sur la Place Jemaa-el-Fna. C'est le cœur de la médina. Colorée, vivante, joyeuse, elle rythme la vie de la Cité. L'espace culturel de cette place  a été inscrit en tant que Patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'Unesco, en 2001. Le soir, le rideau se lève sur des artistes de tous poils : conteurs, musiciens, dresseurs d'animaux, jongleurs distraient les touristes et surtout les autochtones. Les stands de nourriture se dressent à une vitesse vertigineuse et crée rapidement une ambiance enfumée.

 

Nous déjeunons dans le resto « Les Terrasses de l'Alhambra ». Nous sommes déjà venus dans cet établissement dominant la Place Jemaa-el-Fna. Nous prenons place sur la terrasse. Le soleil nous réchauffe, après avoir passé plusieurs jours dans un hiver glacial à Genève.

 

Parcourant le souk, nous nous arrêtons à la Maison de la photographie. De vieilles photos du Maroc sont présentées dans un cadre pittoresque. La terrasse offre une vue panoramique sur Marrakech, le joyau du Maroc. Sur ce point de vision, je communie avec les paroles de l'anthropologue Malek Chebel : «  Marrakech dégage une atmosphère que je n'ai ressentie nulle part ailleurs, comme si ce territoire était gagné par la grâce. »

 

Nous prenons le soleil dans la cour du Musée de Marrakech, lieu où se trouve l'un des plus agréables cafés de la ville.

 

Visitons la médersa Ben-Youssef. Au milieu de XIVème siècle, le sultan Abou el-Hassan construisit cette université coranique qui pouvait accueillir jusqu'à 900 étudiants. Le décor est époustouflant, tant les bois et la pierre sont  taillés avec minutie. La cour constitue un chef d'œuvre de l'architecture hispano-mauresque. Le marbre blanc couvre le sol et le bas des murs très travaillés. Le bois sculpté ou peint complète l'ornement. Nous avons le souffle coupé par tant de beauté.

 

Nous parcourons ensuite le Musée de Marrakech. Au cœur de la ville rouge, le Palais Menebhi, datant du XIXème siècle, était très dégradé et totalement abandonné. Omar Benjelloun et sa fondation décidèrent de le réhabiliter à grands frais et de le transformer en Musée de Marrakech. Cette demeure de 2'000 m2 nous fait découvrir le faste des palais marrakchies. Nous avons les yeux tout ébouriffés par les beautés que nous admirons.

 

Nous admirons la mosquée Koutoubia, la mosquée des libraires. Ce joyau a pris son nom des vendeurs du souk, qui à ses pieds, vendaient des livres et manuscrits. « Un livre est une fenêtre par laquelle on s'évade », écrivait Julien Green. Espérons que ce lieu religieux représentera encore longtemps ce symbole de liberté. Ce monument d'une hauteur de 77 mètres, construit dans du grès rose, est une construction d'inspiration de l'architecture hispano-mauresque. Cette splendeur vit le jour au 12ème siècle. Le décor raffiné change extérieurement à chaque face.

 

Je suis ébahi en voyant les mobylettes - très polluantes, bruyantes et puantes - s'engouffrer  à tombeaux ouverts dans les ruelles étroites et tortueuses de la médina, frôlant les piétons et les multiples charrettes tirées par des ânes. Je comprends mieux comment le Mollah Omar a échappé en mobylette à la CIA et à l'imposante Armée US.

 

Délassement sur la terrasse de notre Riad. Parcourant le Maroc, Pierre Loti écrivit : « Oublions tout et jouissons seulement au passage des choses qui ne trompent pas. Des belles créatures, des beaux chevaux, des beaux jardins et des parfums de fleurs. » Je ne peux que lui donner raison.

 

Plusieurs fois par jour, nous entendons les prestations des muezzins qui prêchent par haut-parleur en haut des minarets. Ils prétendent disperser l'ombre par les mots saints du Coran. Je n'aime pas beaucoup les religions. Cependant, je reconnais trouver assez émouvant d'entendre ces appels mélodiques au crépuscule, lorsque le soleil couchant colorie Marrakech d'une robe rouge-orangé. Ce n'est peut-être pas un hasard si « minaret » provient du mot arabe « alminar », signifiant le lieu de lumière.

 

Retournons à une super adresse : le Kosybar. Design lounge, musique souvent jazzy, ayant une auguste terrasse dominant la célèbre Place des Ferblantiers. Vue imprenable sur la ville et sur les nids de cigognes voisins, dégustez un bon verre de rosé des Coteaux de l'Atlas en fin d'après-midi. La nuit tombe en un éclair, les cieux passant d'un bleu azur aux teintes rougeâtres du feu, avant de plonger en un temps record dans la nuit noire. Petite cerise sur le gâteau, son personnel est très avenant. La température chutant, nous prenons l'apéro au coin du feu.

 

La vigne est l'un des multiples joyaux du bassin méditerranéen. A la faveur de son climat tempéré, de son ensoleillement généreux et de la richesse de ses terroirs, le Maroc est une terre de prédilection pour le vin. Nous apprécions tout spécialement les crus du Moyen Atlas. Ses raisins poussent sur les contreforts de cette montagne, à une altitude de 500 et 700 mètres. Sa pluviosité modérée, ainsi que de riches périodes de soleil, offrent à ses vignobles une situation exceptionnelle.

 

Nous allons dîner dans le très touristique, le « Dar Essalam ». D'habitude, nous n'aimons pas les gargotes bourrées de touristes. Ici, les qualités du site et de la bouffe comblent largement ce handicap. Hitchcock a même tourné, dans cet endroit, un passage de son film « L'Homme qui en savait trop ». Ce restaurant mijote de la gastronomie marocaine dans une salle typico-majestueuse ressemblant à un palais. Les quantités sont astronomiques. De la salade marocaine au couscous, des tagines en passant par les fruits de saison, la qualité est présente. Le Guerrouane rouge est à point pour accompagner brillamment les plats. Un petit groupe musical joue discrètement de la musique folklorique locale, un peu ignoré par les bouffeurs invétérés. Deux danseuses participent aux divertissements de la soirée. N'oubliez pas de sortir la tronche de vos assiettes pour les applaudir et ainsi valoriser leur talent. Un seul regret, pourquoi ce resto n'avait-il plus d'oranges à la cannelle ? La dernière fois, j'en avais dégusté de trop bonnes.

 

Second jour ...

 

Le soleil se levant, méditons ces paroles d'Eugène Delacroix : « La vie dans ces pays du soleil est doublée par la sensation de plaisir de l'air et de la lumière. Le beau court les rues. On pense peu à toutes les vanités qui nous troublent la tête. »

 

Départ, après un bon p'tit-déj, au Jardin de Majorelle. Romantiques, nous nous y rendons en calèche. C'est Jacques Majorelle, artiste-peintre et fils de l'un des maîtres ébénistes pionnier de l'Art Nouveau français, qui créa, dans les années 30, ce jardin paradisiaque. Il fit naître dans sa plantation une partouze d'essences rares et des yuccas, nénuphars, jasmins, bougainvilliers, toute une farandole de palmiers et de cactus. Après une période d'abandon, c'est Yves Saint-Laurent qui a repris ce trésor de verdure dans lequel se trouve un mémorial en souvenir de ce grand couturier. Les oiseaux squattent ce parc comme fascinés par la beauté de l'endroit. Evoquant cet espace Yves Saint-Laurent affirmait : « Depuis de nombreuses années, je trouve dans le Jardin de Majorelle une source inépuisable d'inspiration et j'ai souvent rêvé à ses couleurs qui sont uniques. » Jouisseurs de tous pays, unissons-nous !

 

Revenons à pied vers la médina, en traînant à travers le souk. Nous allons déjeuner au Café Berbère. Je dévore une salade, un couscous merguez et trouve enfin mes oranges à la cannelle.

 

Moment de contemplation, de lecture et d'écriture au soleil sur la terrasse de notre Riad. Les rayons du soleil nous apportent une chaleur bienvenue, en ce mois de février glacial en Europe. Paradisiaque ! Les cigognes nichent à côté de nous. Au terme de mamours, notre couple de cigognes voisin se bat pour une brindille à placer dans le nid. L'un la pose là, tandis que l'autre la reprend pour la mettre ailleurs. Durant plusieurs minutes, ils se chamaillent, tirant cette minuscule branche d'un bout à l'autre du nid. Comme dit ma chérie : « Ils ne sont pas du tout d'accord pour l'aménagement de l'appartement. »

 

Retour au Kosybar, sans passer par le start. Cette fois, il fait suffisamment chaud pour se poser sur la terrasse surplombant la Place des Ferblantiers. La vue est magistrale. Nous dégustons des pinards de Meknès. Ariane, un rouge. Moi, un blanc. Le ciel joue au caméléon, changeant de couleurs continuellement. Le spectacle visuel est monumental.

 

Nichée au fond d'un derb, (13, derb Laarsa), nous allons dîner au « Mama Ti Lee ». Bien caché, il faut vraiment vouloir y aller pour le trouver. Le décor est design. La cuisine est un mélange de la gastronomie française et de la marocaine. La patronne est une Française. Je mange un capuccino de champignons, tandis que la belle choisit une terrine de saumon au fromage pour l'entrée. Le croustillant d'épaule d'agneau est pour Madame, alors que le filet de Saint-Pierre m'est consacré. Pour le dessert, Ariane craque pour un dessert au chocolat blanc et noir. Le mien est à base d'orange. Cette cuisine est surprenante et de très bonne tenue.

 

Troisième jour ...

 

Quel privilège de se lever avec la vue sur le Palais El-Badi « l'incomparable ». Ces ruines sont les vestiges d'un Palais ayant eu la splendeur de ceux des Milles et une Nuit. Les travaux pour bâtir cette merveille ont duré 25 ans, fantasme du souverain Ahmed el-Mansour, mort en 1603. Le souverain alaouite Moulay Ismail démantela, dès son accession au pouvoir en 1672, ce monumental bâtiment et utilisa une partie des richesses architecturales récupérées pour embellir son Palais à Meknès. Au loin, l'Atlas enneigé est bien rangé sur l'étagère dominant le territoire marrakchie. Nous l'apercevons dans sa parure blanche teintée d'un flou à la David Hamilton.

 

Cheminons à travers Marrakech et faisons plusieurs achats. « Marrakech, surgie des sables, est une profonde et inépuisable réserve d'humanité », écrit  Rajae Benchemsi dans son ouvrage « Marrakech, lumière d'exil ». Qu'ajouter de plus ? Consommer cette réserve d'humanité est le programme du jour.

 

La musique résonne à chaque coin de rue. Ici la TV n'a pas encore tué le contact, le dialogue entre les gens, la chaleur humaine et l'animation conviviale.

 

Nous nous arrêtons au resto « Les Prémices », donnant sur la Place Jemaa-el-Fna, pour déjeuner, au soleil.

 

Télétransportation au Palais de la Bahia, « La brillante ». Magnifique demeure du 19ème siècle s'étendant sur 8 hectares au milieu des orangers, des bananiers, des jasmins et des cyprès. Comptant 150 pièces, pas toutes visitables, cette demeure est un labyrinthe géant, une sorte de cerveau tortueux. La gigantesque cour de marbre dégage une ambiance particulière, avec au loin les palmiers mis en évidence par un ciel d'un bleu éclatant. La sérénité est de mise, alors que le site est survolé par des tas de cigognes très majestueuses. Dans ce lieu, plusieurs cinéastes - dont Henri Verneuil - ont façonné leurs œuvres.

 

Bain de soleil et de plaisir sur la terrasse pleine de charme de notre Riad. Nous sommes en compagnie de notre soleil inséparable durant notre séjour et de bruants striolés, les oiseaux de Marrakech, qui gazouillent et partent en chasse de nos miettes nées de nos maladresses matinales.

 

Passage obligé au Kosybar pour boire un bon verre de rosé et de blanc et admirer le soleil se coucher, à vitesse grand V, sur cette cité de rêve.

 

Repartons arpenter la médina pour dealer quelques achats et découvrir quelques recoins. En slalomant dans les ruelles entrelacées, nous atteignons notre but : la Maison Arabe. Cocon exquis où cohabitent finesse architecturale, mobilier design, douceur de vivre et haute gastronomie. Plusieurs grandes figures de l'histoire trouvèrent refuge dans ce lieu de quiétude, telles que Jackie Kennedy, Arthur Hemingway ou Winston Churchill. A ne pas confondra avec le Café Arabe, une bonne adresse aussi de Marrakech, où nous avions dîné lors de notre premier voyage. Le Café Arabe est un mélange de lounge bar et de resto. Ici, c'est plus serein. Nous prenons place au restaurant des Trois-Saveurs, la marocaine, l'asiatique et la française. Je choisis la marocaine. Mon amour s'axe sur l'asiatique. Mon entrée est une pastilla aux légumes, toute en finesse et en harmonie. Mon plat principal se compose d'un succulent tagine de poulet aux pêches séchées. Mon festin se clôt par des fruits de saison caramélisés délicatement et une crème vanillée extrêmement légère. Pour le vin, notre choix s'oriente sur un Beauvallon rouge. 100% Carignan, vieilli en fût, ce vin bien en rondeur, se distingue avec quelques arômes de cannelle et d'épices ensoleillées. Des musiciens virtuoses accompagnent ce repas avec talent. Une charmante soirée pour des amoureux comme nous.

 

Déjà l'heure du retour sur Genève. Nous avons, à nouveau, passé un séjour divin. Nous pensons déjà à revenir dans ce beau pays, mais cette fois-ci, pour le sillonner et y découvrir d'autres merveilles. Choukrane (Merci) !

 

20:38 Publié dans Voyage | Tags : voyage, maroc, marrakech | Lien permanent | Commentaires (2)

03/08/2010

Quelques jours de plaisir en Corse

Proverbe corse : Fais la sieste avant que ce soit l’heure d’aller dormir !

 

Je viens de passer quelques jours en Corse. Habituellement hyperactif, j’ai relu assez logiquement, vu mon lieu de villégiature, « l’Art de la paresse » de Marc Lemonier. Comme le dit Georges Courteline et le pratique si bien nos amis corses : « L’homme n’est pas fait pour travailler. La preuve, c’est que ça le fatigue. » Il faut dire que lorsque tu contemples des paysages comme ceux-ci, ça ne te pas envie d’aller au turbin :

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Restaurant 20123, le village dans la ville d’Ajaccio

 

Le village dans la ville d’Ajaccio ! Si tu as jeûné durant trois jours et que la faim te ronge, tu peux aller urgemment au Restaurant 20123 à Ajaccio. Un seul menu, un seul pinard. Des quantités gargantuesques ! Que des spécialités corses, sis 2, rue du Roi de Rome, au cœur de la Cité corse. Les produits sont bons et authentiques. Les quantités gargantuesques. C’est au cœur de la basse vallée de Taravo, au village de Pila canale, que ce resto est né, reprenant le numéro postal de ce lieu : 20123. Ne pouvant résister à l’exode rural, il vint s’installer en ville, à Ajaccio, en 1998, en demeurant un espace culinaire identitaire où accueil et tradition riment avec passion.

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Palombaggia, bonne pour les mirettes

 

Palombaggia, est l’une des plus belles plages de France, peut-être d’Europe, bordée de rochers rougeâtres. En Corse, à quelques pas de Porto-Vecchio, le sable fin, la mer turquoise, l’eau transparente comme un centriste en politique, chaude comme un socialiste en politique, et les pins parasols s’élevant plein de fierté confèrent à ce lieu un statut de beauté digne des plus prestigieux paradis des Caraïbes. Ce site naturel d’exception – malheureusement toujours pas classé par l’UNESCO et très convoité par quelques promoteurs voyous, attire les amoureux des belles choses.

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La Taverne du Roi

 

Pour écouter de la musique corse, rendez-vous à la Taverne du Roi, appelée aussi l’Alba, à Porto-Vecchio. En sortant de la Place de la République, prends la rue de la Porte génoise. Sous le porche de cette Porte historique, tu trouveras ce lieu culturel et distrayant. Les chants corses y résonnent dans une ambiance festive, criant la liberté de ce peuple combattif.

 

Maora Beach

 

Dans une petite crique (le Golfe de Sant’Amanza), proche de Bonifacio, à la terminaison d’une rue étroite, nous dégotons le Restaurant Maora Beach. Tu as l’impression d’être sur le Pacifique et pourtant tu es au cœur de la Corse traditionnelle. Les plats sont somptueux. Aussi décoratifs que bons. Un bon plan pour un déjeuner ou un dîner romantique.

 

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Photos : Christian Brunier, 2010

22:07 Publié dans Voyage | Tags : corse, vacances, voyage | Lien permanent | Commentaires (0)

21/05/2010

Petit séjour à Amsterdam …

L’Islande nous avait déjà envoyé comme agente perturbatrice la chanteuse Björk. J’adore ! Cette fois, ce petit pays nous transmet un nouveau perturbateur, un beau nuage de poussières volcaniques empêchant notre avion de décoller pour Amsterdam. Changement de programme improvisé, nous retournons chez nous, sautons dans notre bagnole et démarrons, destination : la capitale néerlandaise. 10 heures plus tard, nous y sommes, après un rapide déjeuné en terre allemande …

 

Pour la troisième fois de ma vie, je me rends à Amsterdam. Le 3 juin 2007, le célèbre photographe Spencer Tunick avait fait poser nus près de  2'000 personnes dans les rues de la capitale néerlandaise. Il avait exposé Amsterdam sous tous les angles. Un de ses clichés les plus célèbres montre un groupe de désapés à bicyclette sur un pont de la vieille ville. Quand tu t’appelles Tunick, t’es tenté de demander aux autres de se déshabiller. Aujourd’hui, avec la température importée tout droit de novembre, Tunick ne trouverait pas beaucoup de volontaires pour se balader en tenue d’Adam et Eve.

 

Jazz Café Alto

 

L’un des clubs de jazz phares d’Amsterdam est le Jazz Café Alto, situé au Korte Dwarsstraat Leidse 115, tout proche du quartier des musées. Vous reconnaîtrez facilement ce lieu, sa façade étant ornée d’un saxo géant. Les groupes se produisant dans ce lieu ont un point commun : la qualité. Vous apprécierez cette musique éprise de liberté dans un lieu chaleureux et festif.

 

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Photos : Christian Brunier, Jazz Café Alto d’Amsterdam, 2010

 

Le Musée Van Gogh

 

Visite du Musée Vincent Van Gogh. Ce peintre des Pays-Bas aux convictions sociales affirmées, répétait : « Il n’y a rien de plus réellement artistique que d’aimer les gens. » Dans ses tableaux, nous ressentons cette inclinaison pour les gens.

 

Victime d’une éducation à la dure, coincé dans l’étau de la religion, Van Gogh débute sa carrière en étant évangéliste. Proche des populations les plus humbles, il se consacre aux mineurs et à leur famille. Il descend même dans les mines pour soutenir les travailleurs exploités et ruinés dans leur santé. Agissant comme une sorte de prêtre ouvrier, son attitude déplait à l’Eglise. Elle le vire pour insoumission.

 

Devenu peintre, c’est à Paris qu’il s’ouvre au progrès et se dévergonde. Amant d’une tenancière de cabaret, Agostina Segatori, il fréquente les courants nouveaux de la peinture. Il rencontre notamment Toulouse-Lautrec, Camille Pissarro et Paul Gauguin. Sa palette gagne en couleurs. Ses tableaux s’illuminent de cette lumière après laquelle il coure. Cette recherche de luminosité l’appelle en Provence. Buveur d’absinthe, il produit de merveilleuses toiles dans l’incognito. La folie l’emportera dans un autre monde …

 

Le Rijksmuseum

 

Ariane m’emmène au Rijksmuseum, le Louvre d’Amsterdam, consacré aux peintres hollandais du 17ème siècle, le Siècle d’or. Je trouve cette tranche d’art un peu austère, à l’exception de Frans Hals. Ce peintre néerlandais vantait dans ses toiles les ravissements de l’existence, à une époque et dans un pays où le rire n’était pas de bon ton. L’expo, redimensionnée pour raison de désamiantage, est néanmoins grandiose. Les techniques de clair-obscur et la précision des détails sont impressionnantes.

 

De Matisse à Malevich

 

Le Musée de l’Hermitage propose une expo sur les pionniers de l’art moderne. Ces modernistes ont toutes et tous révolutionné l’art  en repoussant les limites de la liberté. Cette avant-garde provocatrice a choqué, surpris, amusé, mais surtout a ouvert de nouvelles voix à l’expression picturale. Les toiles de Derain, De Vlaminck, Kandinsky, Malevich, Matisse, Picasso ou Van Dongen retracent un demi-siècle de modernisme et d’esprit frondeur.

 

Le Musée érotique d’Amsterdam

 

A ne pas confondre avec le Musée du sexe d’Amsterdam, l’offre étant forte dans ce domaine au sein de cette ville. Vous trouverez ce musée dans le Quartier rouge, l’endroit chaud de la capitale néerlandaise, à l’adresse Oudezijds Achterburgwal 106-108. Assurément trop kitsch, il réunit pourtant quelques œuvres intéressantes de l’érotisme telles que les dessins sensuels de John Lennon. Magnifiant les plaisirs de la vie, il sait apporter les touches d’humour essentielles pour ne pas tomber dans la vulgarité ou le voyeurisme.

 

La vieille distillerie

 

Notre copain Alain Etienne nous avait recommandé Wijnand fockink, rue Pijlsteg, dans le centre d’Amsterdam. Nous avons obéi. Nous nous sommes rendus dans cette vieille distillerie et maison de dégustation de nombreuses liqueurs fondée en 1679. La liqueur de genièvre, symbole de la Hollande, est excellente. Mais, la liqueur de fraise est encore plus sublime.

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Photo : Christian Brunier

21:45 Publié dans Voyage | Tags : voyage, amsterdam, humour, plaisir | Lien permanent | Commentaires (0)

18/02/2009

Destination Buenos Aires …

Nous allons quitter Genève pour nous rendre en Argentine, pays où souffle un positivisme qui me plaît bien. A l’image de l’un des proverbes de ce pays : « Quand une tuile tombe de ton toit, c’est l’opportunité de voir dix milles étoiles. » Nous allons rejoindre Jérôme, mon beau-fils, qui parcourt avec un ami l’Amérique du Sud durant un petit semestre. Après avoir dégusté les caïpirinhas et vu les Brésiliennes, ou l’inverse, ils nous rejoignent à Buenos Aires via l’Uruguay.

 

L’Argentine, c’est aussi le pays de Mafalda, la p’tite fille du dessinateur de Mendoza : Quino. De son vrai nom Joaquin Salvador Lavado, Quino a créé Mafalda, en 1963 (une très belle année), pour une pub d’électroménager. Ayant un avis sur tout, détestant la soupe, Mafalda est l’une des figures de l’humour argentine. Quino s’était, durant un bon moment, exilé pour fuir la dictature militaire, sanguinaire et fasciste qui a trop longtemps martyrisé son pays.

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Nous mettons en garde nos multiples enfants afin que notre appartement genevois ne se transforme pas, durant notre absence, en night-club et en open-bar.

 

Si nous trouvons du Wi-Fi, nous tenterons de raconter régulièrement notre périple sud-américain.

 

22:14 Publié dans Voyage | Tags : argentine, voyage | Lien permanent | Commentaires (0)