Voyage

  • Fin de notre périple indien

    « La mine d’un homme n’est que le reflet de son cœur. »

    Proverbe ourdou

     

    A 6 h. 30, notre chauffeur nous pose un lapin. Heureusement, les employés de l’hôtel sont hyper sympas et nous dégottent assez rapidement un taxi. Nous partons de notre hôtel, avec 40 minutes de retard, direction Aéroport de New Delhi. Coup de chance, nous sommes tombés sur un chauffeur très efficace, sachant allier vitesse efficace et sécurité. Le parcours aéroportuaire est une succession de contrôles bureaucratiques totalement inutiles. Au guichet, l’employée nous informe que nous allons peut-être devoir changer de vol. Finalement, fausse alerte. Au terme de cette course avec handicaps, nous arrivons enfin à la porte d’embarquement.

     

    Notre périple indien prend fin. Ce voyage a été une belle aventure, une découverte d’une culture bien différente de la nôtre. Nous avons souffert du froid parfois, avons été révolté par tant de pauvreté souvent, avons subi l’excès de circulation et les klaxons toujours. L’Inde doit veiller à mieux préserver son bel environnement et à diminuer sa fracture sociale pour s’assurer un avenir plus harmonieux. Nous avons vu de magnifiques monuments, des beautés naturelles à choyer. Notre chauffeur, celui qui nous a conduits durant tout notre itinéraire et pas le poseur de lapin de ce matin, a été attentionné, hyper ponctuel et prudent, ce qui est rare sur les routes indiennes. Un seul regret. Nous n’avons pas rencontré l’image de l’Inde, patrie de la non-violence, de la zenitude, de la solidarité et paradis des baba-cool.

     

    Autre souci, celui de ne pas pouvoir se câliner en public. Ces tabous datent d’un autre temps et ne créent que des frustré-e-s.  

     

    9 heures 30, nous décollons pour Munich, patrie des bonnes bières. Arrivée prévue en Allemagne à 13h30. Le décalage horaire entre l’Inde et la Suisse est de 4 heures 30.

     

    Après un passage sur le Pakistan, survolons l’Afghanistan. Les montagnes sont d’une grande beauté. Je pense au peuple afghan qui subit depuis des lustres les invasions, les humiliations, le fanatisme, l’intégrisme, la guerre, l’intolérance, le terrorisme, l’archaïsme … Ces populations mériteraient enfin la paix, la démocratie, la fraternité, la solidarité, la liberté. En route maintenant vers le Turkménistan.

     

    Prépare pour l’Association Genevoise d'Intégration  Sociale (AGIS) une proposition de concept de mécénat pour soutenir le développement des actions de sensibilisation « Parcours en fauteuil roulant. L’idée est d’organiser dans les lieux publics (entreprises, associations, communes, événements, …) un parcours en fauteuil roulant pour sensibiliser l’opinion publique à la problématique du handicap et aux difficultés de se mouvoir. Si les grandes entreprises ont le potentiel financier pour couvrir les frais d’une telle organisation, les PME, les associations ou certains événements n’ont pas cette même capacité économique. La recherche de mécénat s’inscrit dans cette dynamique afin d’aider ces organisations à moyens financiers faibles ou modérés de pouvoir tout de même bénéficier de cette prestation.

     

    Escale à Munich … Assiette de saumon, bière bavaroise, shoping, lecture à l’Aéroport de Munich.Reprenons le zingue à 17 h. 15 pour un atterrissage à Genève à 18 h. 30.

     

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    Montagnes de l'Afghanistan (Photo : Christian Brunier)

  • Court séjour à Marrakech, la cité rouge

    « Quand on va à la Place Jemaa El-Fnaa de Marrakech, en écoutant les conteurs,

    on voit bien qu'il y a un véritable humour arabe qui n'est pas loin de l'humour juif. »

    Jamel Debbouze

     

    Ssalamu 'lekum (La Paix soit avec toi !). Nous venons de passer trois jours au Maroc, à Marrakech. Se mirant dans les neiges de l'Atlas, en face, au bout du désert, Marrakech la belle se pavane. Cette ville-musée, aux murs rougeâtres, symbole de passion, incarne la douceur de vivre. Pour la seconde fois de ma vie, j'arrive dans cette cité fascinante, hors du temps, avec l'envie de la parcourir en long et en large, d'y découvrir les moindres curiosités.  Sa Médina foisonnante, ses mosquées, ses palais éclatants, ses habitant-e-s accueillant-e-s, sa chaleur humaine en font une merveille du monde. Je suis excité de revenir ici.

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    Photo : Christian Brunier

    Premier jour ...

     

    Nous débarquons dans notre Riad : le Riad Carina ... Enchantement, notre lieu de résidence offre une vue unique sur le Palais El-Badi. L'accueil est à l'image de la tradition marocaine, mélange de gentillesse et de douceur. A notre arrivée, nous buvons le thé à la menthe, symbole d'hospitalité. Notre chambre se trouve sur la terrasse. Les cigognes du Palais El-Badi nichent à 5 de nous.

     

    Nous partons flâner sur la Place Jemaa-el-Fna. C'est le cœur de la médina. Colorée, vivante, joyeuse, elle rythme la vie de la Cité. L'espace culturel de cette place  a été inscrit en tant que Patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'Unesco, en 2001. Le soir, le rideau se lève sur des artistes de tous poils : conteurs, musiciens, dresseurs d'animaux, jongleurs distraient les touristes et surtout les autochtones. Les stands de nourriture se dressent à une vitesse vertigineuse et crée rapidement une ambiance enfumée.

     

    Nous déjeunons dans le resto « Les Terrasses de l'Alhambra ». Nous sommes déjà venus dans cet établissement dominant la Place Jemaa-el-Fna. Nous prenons place sur la terrasse. Le soleil nous réchauffe, après avoir passé plusieurs jours dans un hiver glacial à Genève.

     

    Parcourant le souk, nous nous arrêtons à la Maison de la photographie. De vieilles photos du Maroc sont présentées dans un cadre pittoresque. La terrasse offre une vue panoramique sur Marrakech, le joyau du Maroc. Sur ce point de vision, je communie avec les paroles de l'anthropologue Malek Chebel : «  Marrakech dégage une atmosphère que je n'ai ressentie nulle part ailleurs, comme si ce territoire était gagné par la grâce. »

     

    Nous prenons le soleil dans la cour du Musée de Marrakech, lieu où se trouve l'un des plus agréables cafés de la ville.

     

    Visitons la médersa Ben-Youssef. Au milieu de XIVème siècle, le sultan Abou el-Hassan construisit cette université coranique qui pouvait accueillir jusqu'à 900 étudiants. Le décor est époustouflant, tant les bois et la pierre sont  taillés avec minutie. La cour constitue un chef d'œuvre de l'architecture hispano-mauresque. Le marbre blanc couvre le sol et le bas des murs très travaillés. Le bois sculpté ou peint complète l'ornement. Nous avons le souffle coupé par tant de beauté.

     

    Nous parcourons ensuite le Musée de Marrakech. Au cœur de la ville rouge, le Palais Menebhi, datant du XIXème siècle, était très dégradé et totalement abandonné. Omar Benjelloun et sa fondation décidèrent de le réhabiliter à grands frais et de le transformer en Musée de Marrakech. Cette demeure de 2'000 m2 nous fait découvrir le faste des palais marrakchies. Nous avons les yeux tout ébouriffés par les beautés que nous admirons.

     

    Nous admirons la mosquée Koutoubia, la mosquée des libraires. Ce joyau a pris son nom des vendeurs du souk, qui à ses pieds, vendaient des livres et manuscrits. « Un livre est une fenêtre par laquelle on s'évade », écrivait Julien Green. Espérons que ce lieu religieux représentera encore longtemps ce symbole de liberté. Ce monument d'une hauteur de 77 mètres, construit dans du grès rose, est une construction d'inspiration de l'architecture hispano-mauresque. Cette splendeur vit le jour au 12ème siècle. Le décor raffiné change extérieurement à chaque face.

     

    Je suis ébahi en voyant les mobylettes - très polluantes, bruyantes et puantes - s'engouffrer  à tombeaux ouverts dans les ruelles étroites et tortueuses de la médina, frôlant les piétons et les multiples charrettes tirées par des ânes. Je comprends mieux comment le Mollah Omar a échappé en mobylette à la CIA et à l'imposante Armée US.

     

    Délassement sur la terrasse de notre Riad. Parcourant le Maroc, Pierre Loti écrivit : « Oublions tout et jouissons seulement au passage des choses qui ne trompent pas. Des belles créatures, des beaux chevaux, des beaux jardins et des parfums de fleurs. » Je ne peux que lui donner raison.

     

    Plusieurs fois par jour, nous entendons les prestations des muezzins qui prêchent par haut-parleur en haut des minarets. Ils prétendent disperser l'ombre par les mots saints du Coran. Je n'aime pas beaucoup les religions. Cependant, je reconnais trouver assez émouvant d'entendre ces appels mélodiques au crépuscule, lorsque le soleil couchant colorie Marrakech d'une robe rouge-orangé. Ce n'est peut-être pas un hasard si « minaret » provient du mot arabe « alminar », signifiant le lieu de lumière.

     

    Retournons à une super adresse : le Kosybar. Design lounge, musique souvent jazzy, ayant une auguste terrasse dominant la célèbre Place des Ferblantiers. Vue imprenable sur la ville et sur les nids de cigognes voisins, dégustez un bon verre de rosé des Coteaux de l'Atlas en fin d'après-midi. La nuit tombe en un éclair, les cieux passant d'un bleu azur aux teintes rougeâtres du feu, avant de plonger en un temps record dans la nuit noire. Petite cerise sur le gâteau, son personnel est très avenant. La température chutant, nous prenons l'apéro au coin du feu.

     

    La vigne est l'un des multiples joyaux du bassin méditerranéen. A la faveur de son climat tempéré, de son ensoleillement généreux et de la richesse de ses terroirs, le Maroc est une terre de prédilection pour le vin. Nous apprécions tout spécialement les crus du Moyen Atlas. Ses raisins poussent sur les contreforts de cette montagne, à une altitude de 500 et 700 mètres. Sa pluviosité modérée, ainsi que de riches périodes de soleil, offrent à ses vignobles une situation exceptionnelle.

     

    Nous allons dîner dans le très touristique, le « Dar Essalam ». D'habitude, nous n'aimons pas les gargotes bourrées de touristes. Ici, les qualités du site et de la bouffe comblent largement ce handicap. Hitchcock a même tourné, dans cet endroit, un passage de son film « L'Homme qui en savait trop ». Ce restaurant mijote de la gastronomie marocaine dans une salle typico-majestueuse ressemblant à un palais. Les quantités sont astronomiques. De la salade marocaine au couscous, des tagines en passant par les fruits de saison, la qualité est présente. Le Guerrouane rouge est à point pour accompagner brillamment les plats. Un petit groupe musical joue discrètement de la musique folklorique locale, un peu ignoré par les bouffeurs invétérés. Deux danseuses participent aux divertissements de la soirée. N'oubliez pas de sortir la tronche de vos assiettes pour les applaudir et ainsi valoriser leur talent. Un seul regret, pourquoi ce resto n'avait-il plus d'oranges à la cannelle ? La dernière fois, j'en avais dégusté de trop bonnes.

     

    Second jour ...

     

    Le soleil se levant, méditons ces paroles d'Eugène Delacroix : « La vie dans ces pays du soleil est doublée par la sensation de plaisir de l'air et de la lumière. Le beau court les rues. On pense peu à toutes les vanités qui nous troublent la tête. »

     

    Départ, après un bon p'tit-déj, au Jardin de Majorelle. Romantiques, nous nous y rendons en calèche. C'est Jacques Majorelle, artiste-peintre et fils de l'un des maîtres ébénistes pionnier de l'Art Nouveau français, qui créa, dans les années 30, ce jardin paradisiaque. Il fit naître dans sa plantation une partouze d'essences rares et des yuccas, nénuphars, jasmins, bougainvilliers, toute une farandole de palmiers et de cactus. Après une période d'abandon, c'est Yves Saint-Laurent qui a repris ce trésor de verdure dans lequel se trouve un mémorial en souvenir de ce grand couturier. Les oiseaux squattent ce parc comme fascinés par la beauté de l'endroit. Evoquant cet espace Yves Saint-Laurent affirmait : « Depuis de nombreuses années, je trouve dans le Jardin de Majorelle une source inépuisable d'inspiration et j'ai souvent rêvé à ses couleurs qui sont uniques. » Jouisseurs de tous pays, unissons-nous !

     

    Revenons à pied vers la médina, en traînant à travers le souk. Nous allons déjeuner au Café Berbère. Je dévore une salade, un couscous merguez et trouve enfin mes oranges à la cannelle.

     

    Moment de contemplation, de lecture et d'écriture au soleil sur la terrasse de notre Riad. Les rayons du soleil nous apportent une chaleur bienvenue, en ce mois de février glacial en Europe. Paradisiaque ! Les cigognes nichent à côté de nous. Au terme de mamours, notre couple de cigognes voisin se bat pour une brindille à placer dans le nid. L'un la pose là, tandis que l'autre la reprend pour la mettre ailleurs. Durant plusieurs minutes, ils se chamaillent, tirant cette minuscule branche d'un bout à l'autre du nid. Comme dit ma chérie : « Ils ne sont pas du tout d'accord pour l'aménagement de l'appartement. »

     

    Retour au Kosybar, sans passer par le start. Cette fois, il fait suffisamment chaud pour se poser sur la terrasse surplombant la Place des Ferblantiers. La vue est magistrale. Nous dégustons des pinards de Meknès. Ariane, un rouge. Moi, un blanc. Le ciel joue au caméléon, changeant de couleurs continuellement. Le spectacle visuel est monumental.

     

    Nichée au fond d'un derb, (13, derb Laarsa), nous allons dîner au « Mama Ti Lee ». Bien caché, il faut vraiment vouloir y aller pour le trouver. Le décor est design. La cuisine est un mélange de la gastronomie française et de la marocaine. La patronne est une Française. Je mange un capuccino de champignons, tandis que la belle choisit une terrine de saumon au fromage pour l'entrée. Le croustillant d'épaule d'agneau est pour Madame, alors que le filet de Saint-Pierre m'est consacré. Pour le dessert, Ariane craque pour un dessert au chocolat blanc et noir. Le mien est à base d'orange. Cette cuisine est surprenante et de très bonne tenue.

     

    Troisième jour ...

     

    Quel privilège de se lever avec la vue sur le Palais El-Badi « l'incomparable ». Ces ruines sont les vestiges d'un Palais ayant eu la splendeur de ceux des Milles et une Nuit. Les travaux pour bâtir cette merveille ont duré 25 ans, fantasme du souverain Ahmed el-Mansour, mort en 1603. Le souverain alaouite Moulay Ismail démantela, dès son accession au pouvoir en 1672, ce monumental bâtiment et utilisa une partie des richesses architecturales récupérées pour embellir son Palais à Meknès. Au loin, l'Atlas enneigé est bien rangé sur l'étagère dominant le territoire marrakchie. Nous l'apercevons dans sa parure blanche teintée d'un flou à la David Hamilton.

     

    Cheminons à travers Marrakech et faisons plusieurs achats. « Marrakech, surgie des sables, est une profonde et inépuisable réserve d'humanité », écrit  Rajae Benchemsi dans son ouvrage « Marrakech, lumière d'exil ». Qu'ajouter de plus ? Consommer cette réserve d'humanité est le programme du jour.

     

    La musique résonne à chaque coin de rue. Ici la TV n'a pas encore tué le contact, le dialogue entre les gens, la chaleur humaine et l'animation conviviale.

     

    Nous nous arrêtons au resto « Les Prémices », donnant sur la Place Jemaa-el-Fna, pour déjeuner, au soleil.

     

    Télétransportation au Palais de la Bahia, « La brillante ». Magnifique demeure du 19ème siècle s'étendant sur 8 hectares au milieu des orangers, des bananiers, des jasmins et des cyprès. Comptant 150 pièces, pas toutes visitables, cette demeure est un labyrinthe géant, une sorte de cerveau tortueux. La gigantesque cour de marbre dégage une ambiance particulière, avec au loin les palmiers mis en évidence par un ciel d'un bleu éclatant. La sérénité est de mise, alors que le site est survolé par des tas de cigognes très majestueuses. Dans ce lieu, plusieurs cinéastes - dont Henri Verneuil - ont façonné leurs œuvres.

     

    Bain de soleil et de plaisir sur la terrasse pleine de charme de notre Riad. Nous sommes en compagnie de notre soleil inséparable durant notre séjour et de bruants striolés, les oiseaux de Marrakech, qui gazouillent et partent en chasse de nos miettes nées de nos maladresses matinales.

     

    Passage obligé au Kosybar pour boire un bon verre de rosé et de blanc et admirer le soleil se coucher, à vitesse grand V, sur cette cité de rêve.

     

    Repartons arpenter la médina pour dealer quelques achats et découvrir quelques recoins. En slalomant dans les ruelles entrelacées, nous atteignons notre but : la Maison Arabe. Cocon exquis où cohabitent finesse architecturale, mobilier design, douceur de vivre et haute gastronomie. Plusieurs grandes figures de l'histoire trouvèrent refuge dans ce lieu de quiétude, telles que Jackie Kennedy, Arthur Hemingway ou Winston Churchill. A ne pas confondra avec le Café Arabe, une bonne adresse aussi de Marrakech, où nous avions dîné lors de notre premier voyage. Le Café Arabe est un mélange de lounge bar et de resto. Ici, c'est plus serein. Nous prenons place au restaurant des Trois-Saveurs, la marocaine, l'asiatique et la française. Je choisis la marocaine. Mon amour s'axe sur l'asiatique. Mon entrée est une pastilla aux légumes, toute en finesse et en harmonie. Mon plat principal se compose d'un succulent tagine de poulet aux pêches séchées. Mon festin se clôt par des fruits de saison caramélisés délicatement et une crème vanillée extrêmement légère. Pour le vin, notre choix s'oriente sur un Beauvallon rouge. 100% Carignan, vieilli en fût, ce vin bien en rondeur, se distingue avec quelques arômes de cannelle et d'épices ensoleillées. Des musiciens virtuoses accompagnent ce repas avec talent. Une charmante soirée pour des amoureux comme nous.

     

    Déjà l'heure du retour sur Genève. Nous avons, à nouveau, passé un séjour divin. Nous pensons déjà à revenir dans ce beau pays, mais cette fois-ci, pour le sillonner et y découvrir d'autres merveilles. Choukrane (Merci) !

     

  • Quelques jours de bonheur en Israël …

    Voici quelques souvenirs après 5 jours passés en Israël ...

     

    Le drapeau israélien flottant fraternellement à côté d'une Mosquée ... C'est ainsi que j'aime Israël.

     

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    Photo : Christian Brunier

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  • Cordoue, ville des Lumières

    Nous visitons Cordoue. Cette cité se présente en tant que ville de diversité, de connaissances et de tolérance.

     

    Son histoire est la meilleure preuve de sa diversité et de sa tolérance. Elle est l’une des premières villes où les musulmans, les juifs et les chrétiens ont cohabité en harmonie. Dans tous les coins de ses rues, nous pouvons guetter ce melting-pot. La multiculturalité est une richesse immense, mise en péril par les racistes. La mosquée-cathédrale de cette ville résume à elle seule tous ces aspects.

     

     

    En ce qui concerne la connaissance, Cordoue s’illustre depuis des lustres. AU Xème siècle, son calife, El Hakam, possédait une bibliothèque de 400'000 ouvrages. 400 ans plus tard, le Roi de France, le savant Charles V le Sage, réunissait seulement 900 livres.

     

    De surcroît, dans cette ville andalouse, on mange et boit de très bons produits. On prétend, avec une certaine justesse, que la gastronomie de cette cité est l’addition des bienfaits de la cuisine andalouse et de celle de la Méditerranée. A nouveau, du mélange naît la qualité ! Le poète arabe Ibn Zeydoun présentait sa cité avec amour : « Ô belle Cordoue me sera-t-il donné ; De retourner à toi ? Que vienne le moment où je te reverrai ; Tes nuits sont des aurores ; Ta terre est un jardin ; Ton sol imprégné d'ambre ; Safrané, un tapis d'or. » Difficile de le contredire.

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    La Mosquée-Cathédrale de Cordoue, symbole d’harmonie religieuse (Photo : Christian Brunier, 2011)

  • A l’Alhambra de Grenade …Un p’tit parfum de paradis !

    Le poète Ibn Jaya comparait l’Espagne musulmane au Jardin du paradis : « O gens d'Al-Andalus ! Vous êtes bénis de Dieu !  Avec votre eau, votre ombre, vos rivières et vos arbres, le jardin du paradis n'existe que dans vos demeures. Et si je devais choisir, je me contenterais de celui-ci. Ne croyez pas que vous entrerez demain dans le feu éternel. On n'entre pas l'enfer après avoir vécu le paradis»

     

    La visite de l’Alhambra de Grenade s’inscrit parfaitement dans cette vision paradisiaque. L’Alhambra - la citadelle rouge, en arabe « Al-hamra » - regroupe plusieurs palais construits principalement par la dynastie nasride. Son élaboration date du 13ème siècle. Nous avons les yeux tout ébouriffés en voyant tant de merveilles. Les Suisses étriqués ayant voté pour interdire les minarets devraient passer par ce site pour s’ouvrir à la civilisation musulmane et constater les beautés créées par le monde arabe.

     

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    Photo : Christian Brunier, 2011

    La Sultane de Grenade - épouse de l’Emir Abû `Abd Allâh “az-Zughbî” Mohammed ben Abî al-Hasan `Alî, dit Boabdil - et un membre de la famille rivale des Abencerrages vécurent un coup de foudre hors du commun. Les tourtereaux de cet amour interdit se donnèrent rendez-vous dans les Jardins de l’Alhambra, à l’ombre d’un cyprès imposant. Leur rencontre fut torride. Pour cette passion, l’amant fut exécuté. Depuis ce grand arbre, dont seul le tronc ancestral a survécu, est connu sous le nom de Cyprès de la Sultane.

    Les jardins sont époustouflants. Pour la civilisation musulmane, le jardin est l’évocation de l’harmonie universelle et l’image du paradis. Là encore, nous nous promenons au cœur de l’une des merveilles du monde.

     

    Nous visitons aussi l’expo Matisse consacrée à l’Orient et à l’Alhambra. La palette des couleurs de l’artiste accompagne si bien ce lieu magique.          

     

    Après 4 heures de découverte, nous allons au Parador de Grenade « Parador national San Francisco », sis à l’intérieur de l’Alhambra. Sur une terrasse verdoyante et ensoleillée, nous dégustons un assortiment de fromages locaux accompagnés d’un Cava (vin blanc pétillant) et d’un excellent Rioja.

     

    Petit retour à l’hôtel avant de parcourir le quartier animé d’Albaicin, où nous avons déjà dîné le soir d’avant. Ce quartier vivant est accroché sur la colline faisant face à l’Alhambra. Il a été l’un des bastions des Républicains espagnols contre le sanguinaire Franco. Ce p’tit coin, aux rues tortueuses, possédait 30 mosquées. Elles ont été remplacées par une multitude de bistrots et de boutiques. Les gitans de Grenade vivaient autrefois dans les grottes de ce monticule. Ils organisaient chaque soir des fêtes de flamenco, gage d’une ambiance chaude et gaie.

     

    Le soir, nous dînons à « El Botanico », un resto du centre-ville de Grenade spécialisé dans la cuisine du monde. La créativité est au rendez-vous dans ce bistrot branché, se trouvant en face des jardins botaniques de l’université.

     

    Notre amie Fabienne Bugnon fêtant son anniversaire, nous lui envoyons un message. Elle nous répond et nous apprend la démission du dictateur égyptien Hosni Moubarak. Une bonne nouvelle ne vient jamais seule …

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