• L’irrespect de Thierry Cerutti, candidat à l’élection partielle du Conseil administratif de Vernier

                                                                     « La méchanceté et la grossièreté sont les armes de la simplicité »    Coluche

    Sur son blog, Thierry Cerutti, candidat à l’élection partielle du Conseil administratif de Vernier (17ème ville suisse), s’engage au « respect de ses adversaires politiques » et affiche une photo de la campagne « Le Respect, ça change la vie ». Etant l’une des personnes ayant rédigé la philosophie de base de cette association prônant le respect, je suis quelque peu surpris de l’écart entre les théories et la pratique du candidat populiste.

    Revenons à vendredi dernier au Grand Conseil genevois. Au terme d’un débat sur l’école, le député Thierry Cerutti, sortant du parlement, lance à son pote Eric Stauffer en parlant de moi et d’une tonalité suffisamment forte pour que je l’entende bien : « Le sac à merde de SIG nous a attaqué sur l’école avec sa voix de fiotte. » Policier de profession, ce monsieur devrait incarner la dignité.

    Je fais de la politique depuis plus de 25 ans, j’ai participé à des affrontements politiques virulents, mais toujours dans un climat de respect mutuel. Depuis l’arrivée de certains députés du MCG au parlement, cette considération n’est plus au rendez-vous. Ces quelques grossiers personnages sont pourtant les mêmes qui n’arrêtent pas de se plaindre des incivilités des jeunes. Le respect, ça change la vie ! Ces députés vulgaires devraient montrer l’exemple et méditer sur cette belle valeur qu’est le RESPECT !

     

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  • La biodiversité pour contribuer à la sauvegarde de la planète

    Le Grand Conseil genevois prend acte du rapport du Conseil d’Etat genevois sur ma motion en faveur de prés et prairies favorisant la biodiversité, projet cosigné par les député-e-s : Ariane Wisard-Blum, Alain Etienne, Françoise Schenk-Gottret, Roger Deneys, Thierry Charollais, Antoine Droin et Jocelyne Haller

    Le texte du rapport du Conseil d’Etat

    Mesdames et Messieurs les députés,

    En date du 16 novembre 2007, le Grand Conseil, suite au rapport de la commission de l'environnement et de l'agriculture chargée d'étudier la motion M 1647, a renvoyé au Conseil d’Etat une motion amendée ayant la teneur suivante :

    Le GRAND CONSEIL de la République et canton de Genève considérant que :

    - de nombreux espaces, à Genève, sont recouverts de gazon;

    - le gazon est un obstacle à la biodiversité;

    - l'importance de la biodiversité est primordiale pour l'avenir de notre environnement;

    - la République et canton de Genève est déterminée à inscrire sa politique dans les dimensions du développement durable;

    - la transformation d'une pelouse en prairie naturelle provoque une diminution des coûts (notamment en arrosage et tonte) et un impact environnemental positif très important;

    - l'urgence est de préserver et de favoriser la nature,

    invite le Conseil d'Etat à :

    - inventorier l'ensemble des terrains appartenant à l'Etat, actuellement en pelouse, pouvant être reconvertis à terme en sites de biodiversité;

    - remplacer chaque fois que c'est possible les espaces de gazon en surfaces proches de l'état naturel partout où c'est possible et à présenter au Grand Conseil un planning de ces conversions écologiques;

    - privilégier, pour tout nouvel aménagement d'espace vert, les surfaces plus favorables au développement de la biodiversité, plutôt que le gazon;

    - mener un entretien différencié (naturel) de ces espaces de biodiversité;

    - encourager les propriétaires de pelouses à s'engager dans une même dynamique, et plus particulièrement les institutions publiques et les communes, les régies et les importants propriétaires immobiliers;

    - informer la population et les entreprises de cette démarche positive pour l'environnement.

    RÉPONSE DU CONSEIL D'ÉTAT

    Introduction

    A considérer le vote final de la motion et les débats ayant eu lieu en commission, le sujet semble faire l'unanimité sur le fond. Dans le présent rapport, il s'agit dès lors essentiellement de développer la manière dont les propositions concrètes formulées dans les diverses invites pourront être mises en œuvre. A une période où Genève et l'entier de l'agglomération transfrontalière cherchent à optimiser leur développement, le Conseil d'Etat estime qu'il est pertinent de se poser la question du cadre de vie offert par la place que nous saurons laisser à la Nature en ville.

    Il convient de souligner qu'un tel programme, visant à la promotion de la biodiversité en milieu urbain, s'appuie sur l’article 18b de la loi fédérale sur la protection de la nature et du paysage (LPN), du 1er juillet 1966, qui précise que les cantons, tout en veillant à la protection des biotopes d'importance régionale et locale, doivent également veiller à mettre en place, à l'intérieur ou à l'extérieur des localités, des compensations écologiques. La base légale fédérale cite notamment les prés ou prairies proposés par les motionnaires pour matérialiser celles-ci. Si la compensation écologique en milieu rural fait l'objet de la loi cantonale visant à encourager l'implantation, la sauvegarde et l'entretien de surfaces de compensation écologique, du 19 mai 1995 (M 5 30), force est de constater qu'aucun équivalent n'existe sur le plan cantonal genevois en milieu urbain.

    Par ailleurs, l'article 13 LPN établit la répartition financière entre la Confédération et le canton pour la mise en œuvre des mesures concrètes, telles que celles formulées par les motionnaires, qui sont contenues dans la convention-programme en passe d'être signée en application de la nouvelle répartition des tâches (RPT). Ainsi, il incombe bien à l’Etat de Genève de se positionner comme catalyseur en donnant l’exemple par la mise en place d’une planification, de l’identification des priorités, puis en contribuant à des projets concrets.

    De nombreux effets bénéfiques sont à attendre par la mise en place d’espaces plus riches en biodiversité, non seulement pour la faune et la flore (mise en réseau, augmentation de capacité des biotopes pour la nutrition, la reproduction, etc.), mais aussi pour la population et les finances publiques (réduction de l'utilisation d'eau d'arrosage, diminution des nuisances liées au bruit des machines utilisées, diminution de la consommation d'énergie par des tontes moins fréquentes, réduction, voire abandon des biocides, amélioration paysagère du cadre de vie).

    Invite 1 : inventorier l'ensemble des terrains appartenant à l'Etat, actuellement en pelouse, pouvant être reconvertis à terme en sites de biodiversité.

    Deux catégories de terrains se trouvent sous la maîtrise de l'Etat. Il s'agit d'une part, du domaine public cantonal, qui comprend notamment les routes et leurs abords, ainsi que certains cours d'eau et leurs rives. Ce sont généralement des talus dont l'intérêt biologique est variable. D'autre part, l'Etat possède des parcelles privées dans tous les types de zones, dont les zones de verdure et les zones industrielles où se trouvent généralement les pelouses susceptibles d'être reconverties en site de biodiversité. Plusieurs inventaires des parcelles appartenant à l'Etat existent, effectués par les différents services responsables du maintien de ce patrimoine cantonal. En 2004, ces informations ont été complétées par une analyse des potentiels d'amélioration de la qualité écologique des parcelles de l'Etat par le biais d'un travail de diplôme de l'École d'ingénieurs de Lullier (EIL). D'autre part, l'inventaire des espaces verts répond à une fiche du plan directeur cantonal – révisé en 2006 – intitulée « Réseau des espaces verts (3.05) ». Ces espaces verts représentent des éléments essentiels pour la qualité de l'espace urbain, par leurs valeurs d'usage, de paysage et d'environnement. La tâche de l'Etat va consister dès lors à coordonner ces différents inventaires afin d'élaborer un seul outil consolidé permettant d'obtenir une vision d'ensemble des terrains actuellement en pelouse qui pourraient être reconvertis en sites de biodiversité. Cet inventaire pourra être réalisé d'ici à la fin de l'année 2009 environ.

    Invite 2 : remplacer chaque fois que c'est possible les espaces de gazons en surfaces proches de l'état naturel partout où c'est possible et à présenter au Grand Conseil un planning de ces conversions écologiques.

    Actuellement, une politique opportuniste de remplacement au cas par cas est mise en œuvre. Le remplacement de pelouses engazonnées est pratiqué soit en modifiant l'entretien par une diminution drastique du nombre de tontes, soit en remplaçant le gazon par un mélange grainier ajoutant une plus grande diversité de plantes fleuries. Dès que l'inventaire susmentionné sera achevé, un planning de réalisation pourra être présenté au Grand Conseil.

    Invite 3 : privilégier, pour tout nouvel aménagement d'espace vert, les surfaces plus favorables au développement de la biodiversité, plutôt que du gazon.

    L'Etat met déjà en place de telles surfaces lorsque cela s'avère possible. Cependant, les nouveaux aménagements d'espaces verts sur les terrains de l'Etat sont rares, seuls quelques lieux sis à proximité de nouvelles écoles étant susceptibles de correspondre aux critères nécessaires en vue de la réalisation de telles prairies.

    Invite 4 : mener un entretien différencié (naturel) de ces espaces de biodiversité.

    Si l'autorité sur les biens immobiliers de l'Etat est exercée par la gérance et la conciergerie du département des constructions et technologies de l’information (DCTI), la gestion de ces propriétés privées incombe à des acteurs variés. L'Etat intervient dans le cadre de l'entretien des espaces extérieurs et des arbres d'une partie seulement de ces biens immobiliers, le reste étant confié à des entreprises privées. Cependant, dans la mesure où les contraintes le permettent, notamment la sécurité des biens et des personnes, des fauches alternées ou retardées sont pratiquées par endroits sur le domaine public. L'Etat reverra donc systématiquement les cahiers des charges des intervenants externes et services publics responsables de l'entretien, en y intégrant la demande d'une analyse d'opportunité en vue de la mise en valeur des espaces de biodiversité.

    Invite 5 : encourager les propriétaires de pelouses à s'engager dans une même dynamique, et plus particulièrement les institutions publiques et les communes, les régies et les importants propriétaires immobiliers.

    Plusieurs initiatives en cours dans le canton rejoignent les propositions formulées dans la motion. Il est en effet possible de s'appuyer aujourd'hui sur les démarches menées par les Services industriels de Genève (SIG), la Fondation des terrains industriels (FTI) avec le soutien de la Fondation Nature et Economie (FNE), créée en 1995 par la Confédération et des associations économiques. Ainsi, certaines parcelles situées dans des zones industrielles et artisanales, ont obtenu ou visent la certification par le label de qualité « Parc Naturel » de la FNE , qui permet d'identifier les entreprises ayant rendu les extérieurs de leurs bâtiments plus riches en biodiversité. En outre, la Ville de Genève et plusieurs communes possédant des parcs publics engazonnés, ont aussi déjà entrepris diverses mesures allant dans le sens de la motion par le biais de plans d'entretien intégrant le développement de la biodiversité. Les plans directeurs communaux reflètent également la volonté de mise en place de mesures similaires à celles proposées par les motionnaires. Concernant les jardins privés, on peut relever l'enthousiasme déclenché par la « Charte des Jardins » au sein de l'association des habitants de Conches dans la commune de Chêne-Bougeries et de nombreuses autres communes. Cette initiative, issue d'une réflexion intercantonale au niveau romand, identifie des aménagements ou des mesures simples en faveur de la biodiversité au moyen d'un entretien plus extensif dans les jardins. Il est à noter que la démarche est entièrement volontaire et la dimension sociale du projet se traduit par l'échange convivial des expériences réalisées entre les voisins. Il apparaît ainsi que de nombreuses initiatives répondent aux vœux des motionnaires et l'Etat entend continuer à les encourager et à jouer un rôle de catalyseur en apportant l'expertise de ses services et son soutien logistique partout où c'est possible.

    Invite 6 : informer la population et les entreprises de cette démarche positive pour l'environnement.

    La mise en œuvre spontanée des mesures en faveur de la biodiversité n'est pas encore la règle, notamment par crainte des changements de pratique. L'exemple de la mise en place de fauches tardives sur les talus cantonaux « dignes de protection » au sens de la LPN par Pro Natura dans les années 90 illustre bien l'importance d'une communication au grand public sur ce genre d'action. De nombreux citoyens étaient en effet intervenus pour critiquer le laisser-aller de l'entretien de ces talus et un grand effort d'information a été nécessaire pour expliquer cette nouvelle manière de faire. De même, lors de la reconversion des aménagements extérieurs du siège administratif des SIG, il a fallu du temps et la concrétisation sur le terrain de mesures visibles, assorties d'une information spécifique, pour effacer les a priori négatifs véhiculés par les employés. L'information joue donc un rôle prépondérant dans la mise en œuvre des invites de cette motion. L'Etat va donc élaborer un concept de communication, tout en continuant à soutenir les initiatives d'information et de sensibilisation des communes et des entreprises en contact direct avec les privés.

    Conclusion

    Les développements ci-dessus, liés à chaque invite, démontrent combien les propositions exprimées en 2005 par les motionnaires font partie non seulement d'une tendance bien amorcée, mais aussi que les exemples pratiques existent aujourd'hui bel et bien. Le Conseil d'Etat appuie pleinement les propositions des motionnaires et va intensifier ses efforts, en particulier dans le cadre de la mise en œuvre de plans d'entretien différencié et de reconversions de pelouses tout en renforçant les moyens de sensibilisation de la population. Au bénéfice de ces explications, le Conseil d’Etat vous invite, Mesdames et Messieurs les députés, à prendre acte du présent rapport.

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  • Les Verts gagnent lorsqu’ils jouent l’union de la gauche

    Les Verts de Vernier affichent sur la première page de leur site Web la photo du libéral Pierre Ronget, candidat à l’élection partielle au Conseil administratif de cette ville. Leur volonté, clairement affichée, est de faire barrage à la candidature du populiste du MCG Thierry Cerutti, suite à l’invalidation de son élection pour cause d’irrégularités.

    Les Verts considèrent que Pierre Ronget est un meilleur rempart contre la démagogie que la candidature du socialiste Alain Charbonnier. Ils font de très mauvais calculs.

    Un simple calcul mathématique

    Le premier est purement mathématique. Aux dernières élections municipales, le PS a remporté 31,62 % alors que le Parti libéral, second parti de la commune, n’obtenait que 12,04 %. Depuis des lustres, les socialistes sont le grand parti de Vernier, recueillant toujours plus du double des voix que les autres partis. Si les Verts veulent réellement faire barrage au Mouvement des citoyens genevois, c’est bien sur une candidature PS qu’ils doivent s’appuyer et non pas sur une formation ayant un levier politique relativement restreint.

    Au Conseil administratif, il faut se souvenir que le socialiste Thierry Apothéloz a remporté l’élection avec 3'316 voix, tandis que le Vert Yvan Rochat le suivait avec 2'971 suffrages. Les autres candidatures, contraintes à un second tour, se situaient entre 473 et 1909 voix (pour le libéral pourtant Conseil administratif sortant).

    Les Verts devraient aussi se souvenir que leur candidat Yvan Rochat – qui est désormais un excellent Conseiller administratif – a obtenu, pour être élu, 734 voix provenant des électrices et électeurs vert-e-s. Parallèlement les votants socialistes lui ont apporté 1'556 suffrages, soit plus du double des apports directs de son parti. Pendant ce temps, les libéraux n’ont accordé à Yvan que 13 maigres suffrages.

    Le fait que le nom d’Yvan Rochat ait figuré sur le bulletin socialiste lors de cette élection a été déterminant pour sa victoire, comme le prouve les chiffres.

    Une position d’idéal politique

    Au-delà des chiffres, les Verts doivent concevoir leurs alliances sur des bases de convergences de programmes politiques.

    Les Verts et le PS ont un programme qui doit se recouper à près de 90 %. Lors des votes municipaux, cantonaux et fédéraux, là aussi, cette concordance s’illustre clairement.

    Sur la base de ces idéaux communs, tant le PS que les Verts progressent lorsqu’ils recherchent l’unité et les synergies.

    Quels points communs, peuvent trouver les Verts verniolans avec les Libéraux ? Comment peuvent-ils accorder à un soutien à un parti qui est en train de négocier des fiançailles politiques avec l’UDC blochérienne ?

    Naturellement, comme le disent certains Verts, le libéral Pierre Ronget est un homme cultivé et courtois. Mais une alliance politique se construit sur un programme politique et non pas sur quelques liens de sympathies personnelles.

    Votez Charbonnier !

    Etant un enfant de la commune de Vernier et ayant débuté ma vie politique dans cette municipalité, je pense bien connaître l’électorat verniolan. Il est évident que les citoyennes et citoyens majoritairement à gauche n’iront pas voter libéral, même pour faire barrage au MCG.

    La solution est de soutenir Alain Charbonnier qui est un homme de conviction, ayant une importante expérience politique, étant mobilisé sur toute une série de thèmes essentiels pour l’avenir de la population de Vernier. Alain est une chance pour Vernier, socialement et durablement !

     

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  • Genève : Le canton rappelé à ses fondamentaux antinucléaires

    Lu dans « Le Courrier » sous la plume de Philippe Bach

    ENVIRONNEMENT - Contratom manifeste pour inviter le Conseil d'Etat – pour l'heure amorphe – à s'engager contre le retour du nucléaire en Suisse.

    «Le nucléaire, c'est Atel point risqué que c'est non!» Les pancartes jaunes de Contratom ont décoré hier l'Hôtel de Ville pour inciter le Conseil d'Etat à ne pas sombrer dans une torpeur estivale et à réviser ses fondamentaux antinucléaires en guise de devoir de vacances. A savoir s'engager contre la construction d'une nouvelle centrale nucléaire, tel que le prévoit Atel, l'un des principaux producteurs suisses de courant. Et par ailleurs en procédure de fusion avec EOS (Electricité Ouest Suisse).

    Atel a annoncé, au début du mois de juin, sa volonté de construire une nouvelle centrale sur le site de Gösgen, dans le canton de Soleure. En l'occurrence, le canton de Genève est en partie lié à ce projet: il est en effet actionnaire à hauteur de 23% d'EOS, le groupe qui approvisionne la Suisse occidentale. Et EOS est en train de fusionner avec Atel.

    Le canton devrait donc intervenir pour dire politiquement son refus de ce projet – avant de pouvoir formellement le faire une fois le mariage consommé – estiment les militants antinucléaires de Contratom. Ceux-ci ont fait un peu de raout hier devant l'Hôtel de Ville et fait signer une pétition interpellant le Conseil d'Etat.

    Exemple municipal

    La Ville de Genève – avec la pression amicale de Contratom – a, de fait, déjà exprimé une telle désapprobation politique. Le canton serait tout à fait fondé à lui emboîter le pas, estime Pierre Vanek, militant de Contratom. Il fait une lecture attentive de l'article 160E de la Constitution genevoise. Cette disposition antinucléaire, adoptée lors du vote «l'Energie, notre affaire» en 1986, donne en effet mandat au canton de s'opposer à toute nouvelle construction de centrale sur son territoire ou à proximité de celui-ci. Vu l'ampleur d'une éventuelle catastrophe atomique – «La tragédie de Tchernobyl est là pour nous le rappeler» –, il est possible de s'opposer à toute construction sur sol suisse.

    La jurisprudence avait, en son temps, appuyé cette lecture qu'en faisaient les opposants au nucléaire lorsque le canton avait été poussé à recourir – victorieusement d'ailleurs – contre le surgénérateur de Creys-Malville, situé à quelque septante kilomètres à vol d'oiseau de Genève sur sol français.

    Pas d'autosaisine

    Reste que le Conseil d'Etat n'a pas cru bon de saisir la perche que lui tendait hier la mouvance antinucléaire. La question – qui lui a pourtant été transmise lundi – n'a pas été inscrite à l'ordre du jour de l'exécutif cantonal, qui tenait hier sa dernière séance plénière hebdomadaire avant la trêve de juillet.

    Laurent Moutinot, président du collège gouvernemental, interpellé à propos de ce mutisme cantonal qui jure par rapport à l'activisme municipal, s'est borné hier à dire sa certitude que, le moment venu, le canton redira sa position antinucléaire et optera pour une lecture extensive de l'article 160E de la Constitution.

    Pratiques maintenues?

    Du côté des Services industriels genevois, Christian Brunier, membre de la direction générale de la régie publique, estime que le rapprochement d'EOS avec Atel est inéluctable: «Nous avons pour mission de garantir la sécurité de l'approvisionnement du canton.» En revanche, dans le cadre d'EOS ou de la nouvelle entité, la désapprobation du canton et des SIG par rapport à ce retour de l'atome sera exprimée. «Simplement, nous pesons 23% au sein d'EOS et seulement 6% au sein du futur pôle électrique en constitution, si la fusion se fait.» Mais M.Brunier d'assurer que, même dans cette situation, l'engagement pris et respecté par les SIG de fournir un courant labellisé sans nucléaire sera maintenu.

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  • Mensonge au sein de la police genevoise ?

    J’interpelle le gouvernement genevois sur une communication scabreuse de la Police genevoise :

    En date du 21 février 2008, j’ai adressé au Conseil d’Etat la question suivante :

    Le 23 janvier dernier, cinq élu-e-s et anciens élus politiques (la conseillère administrative de Meyrin Monique Boget, l’ancien conseiller d’Etat Christian Grobet, l’ancien conseiller national Pierre Vanek, et les députés Alain Charbonnier et Christian Brunier) ont invité la presse devant les locaux de la société Gate Gourmet. Un point de presse était organisé pour soutenir les collaboratrices et collaborateurs de cette entreprise qui luttent pour obtenir une convention collective et des conditions de travail humaines dans la Cité des droits humains qu’est Genève.

    A peine la conférence de presse débutée en plein air, quelle n’a pas été notre surprise de voir un policier arriver pour nous photographier sous toutes les coutures.

    Au moment où la police manque d’effectifs et les policiers sont trop rares dans les quartiers et sur le terrain, la prise de photos d’une conférence de presse de 5 élu-e-s et anciens élus est-elle une priorité de la police genevoise?

    N.B. Il est évident que je n’aurais pas posé cette question si l’organisation de la police était efficiente et si cette mission inutile était une erreur exceptionnelle. Or, il est fréquent de voir la police accomplir des tâches sans grande valeur ajoutée et surtout n’étant pas prioritaire par rapport au rôle de base de la police. Il est essentiel de redéfinir les priorités de la police et de privilégier les tâches de proximité pour assurer la sécurité de la population et la motivation de la police.

    Le gouvernement m’a répondu :

    Il résulte des investigations menées au sein de la police qu'aucun membre de cette dernière n'a photographié les élus et anciens élus politiques présents le 23 janvier 2008 devant les locaux de la société Gate Gourmet. Au bénéfice de ces explications, le Conseil d’Etat vous invite, Mesdames et Messieurs les députés, à prendre acte du présent rapport.

    En fait, le gouvernement affirme que les 5 élu-e-s ou anciens élus présents lors de ce rendez-vous de presse sont des menteur-euse-s. Si la parole de ces cinq personnes n’est pas prise au sérieux, on n’ose pas imaginer la considération apportée à une dénonciation qui émanerait par exemple d’un clandestin, d’un jeune ou d’un marginal.

    Cette petite histoire est dérisoire. Néanmoins, elle démontre un fonctionnement inquiétant de la police, tant dans la gestion de ses priorités que dans l’opacité et dans la véracité de ses communications.

    Je reviens donc à la charge.

    Je vous remercie d’avance de prendre en considération plus sérieusement mon ancienne question écrite et de faire la lumière sur ce dérapage de la communication de la Police.

    N.B. Mais peut-être que l’on me répondra que je n’ai jamais déposé cette interpellation …

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