• Vent de liberté sur Téhéran, orage de répression venant du gouvernement

    Lettre ouverte à Micheline Calmy-Rey, Présidente du Département fédéral des Affaires étrangères de la Confédération helvétique

     

    Chère Micheline,

     

    Ali Moussavi, le  neveu de Mir Hossein Moussavi, chef de file des mouvements se battant pour la liberté en Iran, a été lâchement tué par les forces de l’ordre, comme plusieurs autres manifestant-e-s. Le corps d’Ali a, de plus, disparu de la morgue, selon sa famille.

     

    Trois conseillers – dont Ali Riza Beheshti, son premier conseiller - et des proches de Hossein Moussavi ont été arrêtés.

     

    L’ancien Ministre des Affaires étrangères Ebrahim Yazdi, leader du Mouvement de libération de l’Iran, parti d’opposition progressiste, a aussi été interpellé.

     

    Le  militant en faveur des droits humains Emad Baghi et la sœur de la Prix Nobel de la Paix 2003 l’avocate Shirin Ebadi figurent aussi sur la liste des personnes embarquées par la police et l’armée.

     

    300 manifestant-e-s seraient en garde à vue.

     

    L’envoyé spécial de la  télévision « Dubaï Media » en Iran, le journaliste Reza al-Basha, un Syrien de 27 ans, a disparu.

     

    Les forces de sécurité ont enfoncé les portes de la Fondation Bara pour le dialogue entre les civilisations, dirigée par  l’ancien Président réformateur Mohammad Khatami, et ont arrêté deux des responsables de cette institution pacifiste.

     

    Internet est gravement perturbé, voire souvent coupé, pour empêcher les combattants de la liberté d’informer l’opinion internationale, la dictature de Mahmoud Ahmadinejad plaçant l’Iran sous une chape de plomb. Traitement identique pour les communications par téléphones portables, le sms et les photos étant des moyens d’information prohibés par le pouvoir autocratique en place.

     

    La Suisse est symbole de liberté, détentrice de plusieurs conventions internationales en faveur du respect des droits humains, doit réagir avec détermination pour soutenir ce vent de liberté s’étendant sur la nation persane.

     

    Je te demande donc, en tant que Ministre des Affaires étrangères de la Suisse, mais surtout en tant que personnalité s’étant toujours engagée aux côtés des défenseurs des libertés, de tout entreprendre pour soutenir l’ouverture de l’Iran vers davantage de respect et de démocratie.

     

    Notre ami commun, Kazem Radjavi, socialiste genevois, leader de l’opposition iranienne en exil, assassiné par le régime totalitaire de  Téhéran, était un modèle d’action pour libérer son pays de l’autoritarisme. Sa mémoire doit dicter aujourd’hui la conduite de celles et ceux  prônant un monde plus solidaire et plus  libre.

     

    L’expression d’un peuple ne serait souffrir de l’indifférence ou du silence de l’opinion internationale.

     

    En te remerciant d’avance de ton action, je t’adresse, Chère Micheline, mes amicales salutations.

     

    Christian Brunier

    Ancien Président du Parti socialiste genevois et député

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  • Au jour le jour : 26 décembre 2009

    Robert Hue crée le MUP (Mouvement Unitaire Progressiste), anagramme d’UMP et de PMU. A l’UMP, on regroupe les moutons, au PMU les bourrins. Au MUP, on risque bien d’attirer les ânes.

     

    Le conseil écolo de Régine, que je soutiens totalement (le conseil, pas Régine) : « Je bois du Champagne pour économiser l’eau. » C’est beau de vouloir sauver la planète !

     

    Discours de Nicolas Sarkozy du 14 décembre 2009 : « La taxe professionnelle qui n’existe nulle part partout en Europe. » Enfin, une position claire sur le sujet.

     

    Vu la vie intime des Mitterrand, Chirac, Sarkozy, … le durée du mandat présidentiel français ne devrait ni être le quinquennat ni le septennat, mais bien le sextennat.

     

    Silvio Berlusconi reçoit un Dôme de Milan miniature dans la tronche. Une bonne idée pour un nouveau proverbe : Symbole chrétien dans la face en décembre, Nouveau nez à Noël !

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    Dans « 20 Minutes », le patron de l’armée suisse Ueli Maurer avoue son intention de réintroduire des troupes de cyclistes dans l’armée suisse. Et les tireurs d’arbalètes, c’est pour demain ?

     

    Suite à la casse de plusieurs vitrines lors des événements contre l’OMC, quelques membres de la droite genevoise veulent interdire les manifs. Les mêmes, par contre, ne proposent pas des remèdes du même genre lorsque les matches de foot ou de hockey dégénèrent. Personnellement, je suis opposé à interdire les manifs comme les rencontres sportives. Par contre, je suis pour l’interdiction des casseurs. Il est incorrect de vouloir s’interdire des plaisirs. Il faut juste harceler et sanctionner les petits cons de casseurs salissant des événements se voulant soit démocratiques, soit de divertissement. Une telle cohérence devrait être de mise en politique, à gauche comme à droite.

     

  • Réinventons le Parti socialiste genevois : Neuf idées pour un parti neuf !

    A la sortie des élections cantonales genevoises, les socialistes ont le gueule de bois, non pas pour avoir fait la fête, simplement mis KO par les électrices et électeurs.

     

    Evidemment, comme l’a mis en exergue Charles Beer, nous devons analyser en toute franchise ce cinglant échec, reposant sur six grands axes principaux :

    ·      la perte de vitesse contagieuse des socialistes européens environnants ;

    ·      l’absence d’une stratégie motivante de la gauche genevoise pour la conquête de majorités législative et exécutive ;

    ·      le manque de mobilisation du parti et nos lamentables bisbilles internes ;

    ·      la déliquescence de nos partenaires « à gauche » du PS et leur manque de soutien ;

    ·       notre communication peu offensive ;

    ·      et notre impuissance à représenter les milieux populaires.

     

    Incontournable, ce bilan fait partie de notre thérapie. Mais, il faudra rapidement tourner la page et nous orienter vers l’avenir, au risque de nous embourber dans des querelles à l’image désastreuse des socialistes français.

     

    9 remèdes pour réinventer le PSG et amorcer la machine à gagner

     

    Modestement, je me permets de proposer quelques remèdes pour sortir du cataclysme vécu par les socialistes du bout du lac.

     

    1.Revendiquer une majorité de gauche tant au niveau du Grand Conseil qu’au Conseil d’Etat genevois pour 2013.

    Un des objectifs des socialistes est de gouverner pour mettre en œuvre leur programme axé sur un développement durable et solidaire. Le PS est fort, lorsque la gauche est unie et conquérante. Il faut, dès maintenant, revendiquer clairement une majorité cantonale, mettre les partis de gauche en mouvement pour atteindre cet objectif afin de sortir les Genevoises et Genevois de la morosité. Trop tôt ? Non ! Une forte ambition, fixée à un horizon raisonnable, donne de la vigueur à un mouvement, une raison d’agir.

    2.Construire une union de la gauche riche de sa diversité.

    Pour être majoritaire et donc pour ratisser le large spectre de l’électorat progressiste, du centre-gauche à l’extrême gauche, il est impératif de compter sur trois forces (les Verts, le PS, et une force ressoudée à la « gauche » du PS). La relance de rencontres régulières entre toutes les forces est impérative pour construire ensemble.

    3.Tisser des liens forts de coopération avec les mouvements sociaux.

    Quelle a été la fréquence des rencontres de la direction du PSG avec les syndicats, avec le Cartel de la fonction publique, avec l’Asloca ou le WWF ? Tout en respectant l’indépendance de chacun, le succès socialiste passe toujours par un travail en synergie avec les syndicats (publics et privés) et le monde associatif. Plusieurs fois par an, le PSG doit rencontrer les forces syndicales, les milieux de locataires, le monde culturel, les associations sociales, les mouvements environnementaux, etc. Nous devons échanger ensemble, débattre, construire des actions pour être leur bras politique sur des thématiques communes.

    4.Elaborer 30 projets-clés (initiatives, projets de lois) pour changer Genève, 30 idées fortes pour mobiliser et redonner espoir à notre belle République sur les thèmes essentiels.

    Cette manière d’agir (adoptée lors de notre conquête historique de la majorité au Grand Conseil genevois) est une façon crédible de concrétiser, aux yeux de la population, notre programme politique.

    5.Revoir notre politique de communication et le fonctionnement de notre secrétariat

    Nous ne sommes pas assez riches pour que nos professionnel-le-s passent un temps important à prendre des PV ou d’autres tâches bureaucratiques. Il faut transférer cette énergie positive à mieux promouvoir nos actions et à bien communiquer. Une bonne partie du boulot effectué par les élu-e-s socialistes n’est pas assez valorisé et reste mal connu du grand public. Pendant que les socialistes s’activent dans l’ombre, le MCG est inactif au parlement, résume la politique à des slogans populistes et finit par passer pour le défenseur des plus humbles de la société. C’est le monde à l’envers ! Notre communication doit contrer ce phénomène inquiétant.

    6.Revoir nos statuts pour simplifier notre fonctionnement et accélérer les procédures

    Pour présenter un projet de loi, un-e député-e socialiste doit consulter les commissions du parti, le soumettre pour approbation au comité directeur, puis au verdict du groupe parlementaire. Ce parcours d’obstacles est trop long et trop lourd, alors que les autres partis agissent dès que le groupe, voire une délégation du groupe, est OK. Ceci n’est qu’un exemple d’un fonctionnement trop bureaucratique et plus du tout conforme à une actualité où il faut souvent agir rapidement pour avoir de l’impact. Evidement, ce travail d’optimisation de notre action ne devra pas mettre en péril l’esprit de démocratie, socle des valeurs de notre parti.

    7.Savoir utiliser les opportunités pour nous profiler, revendiquer notre histoire et promouvoir la justesse de nos idéaux

    Depuis des lustres, les socialistes combattent le capitalisme sauvage et inhumain, et prônent un développement équilibré entre le social, l’environnement et l’économie pour assurer la durabilité de l’humanité.

    Durant des lustres, la droite qualifie nos combats de ringards.

    Aujourd’hui, le capitalisme est sorti de la route et la planète est en danger. Toutes nos prédictions s’avèrent exactes.

    Pourtant, le PS n’utilise pas cet immense boulevard pour rappeler ses combats et l’urgence de concrétiser ses idéaux, seuls vaccins efficients contre la crise financière et le dérèglement climatique. Pire, le PS laisse la droite évoquer la moralisation du capitalisme ou le développement durable. La gauche doit aussi parfois être décomplexée !

    8.Parler plus simplement

    La société est complexe, change rapidement. Rien n’est simple. Pourtant, pour être compris et suivi par une majorité de la population, nous devons apprendre à communiquer plus simplement. Attention, simple ne veut pas dire simpliste. Nous devons être plus proches des citoyen-ne-s, être sur tous les terrains et développer des messages vulgarisés.

    9.Renforcer la convivialité

    Vouloir contribuer à améliorer le bonheur des gens est le but suprême d’une politique. Prôner le bonheur passe par l’exemplarité. Les socialistes doivent renforcer la convivialité, utiliser davantage l’humour et être plus souriants. Prendre du plaisir et en donner, aimer l’humain, n’est-ce pas un programme très socialiste ? Une équipe qui marche est un groupe partageant des bons moments, dégageant de la chaleur humaine. Ce travail de recherche de convivialité dans ce monde trop triste ne doit plus rester en jachère.

     

    Christian Brunier, ancien député et président des socialistes genevois-es

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  • Pensées, répliques et anecdotes de Mocky

    A 80 balais, le cinéaste Jean-Pierre Mocky reste un Docteur es Sciences Grande Gueule. Pour s’en assurer, il suffit de lire son bouquin « Pensées, répliques et anecdotes ».

     

    « Je ne dis pas que je suis le seul cinéaste à avoir des couilles. Les autres aussi en ont, mais ils ne les sortent pas souvent. ». Le décor est placé. Au cours des pages, toutes les thématiques de l’existence sont abordées : la religion, le sexe, la culture, le fric, les femmes, les médias, la politique et évidemment les cons.

     

    L’homme revendique avoir séduit près de 700 femmes : « Le fait d’avoir grandi dans le Midi amène une sexualité plus épanouie que celle d’un type né dans le Nord ou en Normandie. Le soleil change tous les rapports. » Parfois macho, il s’avère toutefois romantique : « L’érotisme conjugal, c’est se comporter avec sa compagne de tous les jours comme avec sa maîtresse de passage. »

     

    Utilisant l’humour dans sa vie comme dans ses films, il prend position sur l’esprit comique du moment : « Le comique d’aujourd’hui est un comique convenu. On continue de faire de l’Almanach Vermot à l’heure de Charlie Hebdo. »

     

    Le réalisateur de « La Saison du plaisir » se paie naturellement la nomenklatura : « Je ne regrette pas de n’avoir jamais  reçu aucune décoration quand je vois la tête des gens qui les portent. »

     

    Un jeune de 80 ans, dont l’insolence reste vive, est un espoir pour celles et ceux, comme moi, redoutant de vieillir.

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  • Les bouffes parisiennes

    L’Ambassade d’Auvergne

     

    Si tu rêves de vivre, en tant qu’expérience personnelle, ce que ressent une oie lors du gavage, mais avec un plaisir immense en boni, rends-toi à l’Ambassade d’Auvergne, 22, rue du Grenier-Saint-Lazare, dans le 3ème arrondissement de Paris.

     

    Dans un cadre designé campagnard, tu plonges dans l’Auvergne, alors que tu es au centre de la capitale française. L’apéro est déjà typique, toutes les spécialités alcoolisées du coin figurant sur la carte. J’essaie le pastis à la verveine. Fou d’anisettes et de tisanes, j’apprécie forcément. Déjà là, tu ne te méfies pas, mais on t’apporte une petite terrine de porc pour accompagner ton premier verre et quelques amuse-gueules au fromage et au lard.

     

    Comme dans les maisons closes, ici, le cochon est à tous les étages … de la carte.

     

    La livraison en gros arrive. Nous commençons par une salade tiède de lentilles vertes du Puy à la moutarde. Excellente, originale, mais en bonne quantité. Puis, le Millefeuille de chou farci survient. C’est immense ! Pour bien colmater, ce plat est accompagné d’une purée de patates avec beaucoup de tomme fondue et d’ail. Le serveur s’amuse à la mélanger en étirant la purée fromagée en l’air, comme s’il dévorait une fondue aux fromages géante.

     

    Toutes ces spécialités auvergnâtes sont originales et succulentes. Les quantités sont juste affolantes.

     

    Le dessert est avancé. J’ai choisi une pompe aux coings caramélisés. Ariane prend une mousse au chocolat de top niveau. Après avoir rempli abondamment son assiette, le serveur laisse évidemment le plat de mousse au chocolat sur la table pour nous servir à volonté, des fois qu’on ait encore un p’tit creux.

     

    Bien entendu, avec le café, nous retrouvons quelques petits chocolats, preuve de cette cuisine généreuse, à l’image du personnel de ce sympathique endroit.

     

    Un resto à conseiller aux goinfres et affamés … mais aussi aux gastronomes aimant les établissements où la chaleur humaine n’est pas laissée au vestiaire.

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