• Heureux comme un gamin dans un magasin de jouets

    « Quand je joue, je suis toujours heureux. Je me sens comme un gamin dans un magasin de jouets. », lâche Jamie Cullum. Oui, il est parfaitement lucide sur le bonheur éclatant vécu sur scène et sur celui offert généreusement à son public.

     

    Son génie transpire, déchaîné derrière son piano et avec sa voix de crooner derrière le micro. Il se marre, plaisante avec la salle, saute d’un endroit à un autre et démarre dans un solo de taré.

     

    La fusion avec ses musiciens crée une complicité digne des plus grands groupes musicaux. Jamie Cullum, jeune prodige aux doigts agiles, est à l’aise dans tous les registres. Belle ballade langoureuse, air latino endiablé, standard de jazz, impro délirante, rock musclé, les rythmes virevoltent et les genres musicaux défilent à grandes cadences. Deux seules constances : la folie de la musique et le talent.

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    Photo de Christian Brunier, Genève 2010

     

     

  • Genevoiseries : 28 novembre 2010

    Genève sans nuit ! Genève s’ennuie !

     

    Lu sur les murs de Genève, pour se plaindre du manque de lieux nocturnes de divertissements :

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    Bravo aux citoyen-ne-s genevois-es

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    Pacman envahit Genève …

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    Photos : Christian Brunier

     

  • Les bons petits coins de Paris

    Les Diables au Thym

    Eric Lassauce, un nom prédestiné, est un joyeux bavard provenant de Franche-Comté, ayant fréquenté de prestigieuses cuisines avant d’ouvrir son petit resto à Paris. Exigu et chaleureux, ce bistrot se trouve au 35, rue Bergère dans le 9ème arrondissement. Sa carte est courte et imaginative, invitant à quelques escapades gustatives intéressantes. La carte des vins suit le mouvement. On y vient ! On y revient !

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    Lhassa au cœur de Paris

    Les Tibétains vénèrent la nourriture spirituelle. En ce qui concerne la nourriture des papilles, ils se débrouillent bien aussi. Pour déguster de la gastronomie tibétaine à Paris, nous nous enfonçons dans un mini-bistrot du 5ème arrondissement, sis 13, rue Montagne-Sainte-Geneviève : Le Lhassa. Chaleureux comme ses murs orangers, l’accueil est sympathique et discret. Je commence mon voyage culinaire par une soupe aux lentilles et enchaîne avec un curry de Lhassa. Un fromage blanc aux marrons et aux noisettes conclut ce repas original et de bonne qualité. Mélanger plaisir du gosier et militantisme contre l’autocratie chinoise, j’adore !

     

     

     

  • Les Genevoiseries du 23 novembre 2010

    22, voilà …

    Dans les travées du Grand Conseil genevois, une très large majorité se plaignait de la présence de députés-policiers, le cumul des tâches d’autorité assumées par les fonctionnaires étant incompatible avec celles des députés. Un jour, Roger Deneys, plus courageux ou inconscient que les autres, pondit un projet de loi pour rendre incompatible le cumul de ces deux fonctions. Au final, après un travail bâclé en commission, la quasi-totalité du parlement a blackboulé ce projet de loi et Roger Deneys a même eu l’interdiction de s’exprimer. Avec son lobby puissant électoralement, les politicards du canton ont eu peur de la police. Au moins un groupe à qui elle fait encore peur ….

     

    Eaux-vives, ciel ivre

    On voit la vie en rose aux Eaux-Vives !

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    Photo : Christian Brunier, 2010

     

     

     

  • Production de chanvre : le bal des faux-jetons

    En 1971, 343 femmes courageuses signaient le « Manifeste des 343 salopes » affirmant s’être faites avortées clandestinement et demandant le droit à l’interruption volontaire de grossesse. Par leur action de provocation, elles jetaient un pavé dans la marre de l’hypocrisie de l’époque et ouvraient la voie de la liberté ou non de procréer.

     

    Aujourd’hui, une telle hypocrisie existe par rapport au chanvre en Suisse. Sa consommation à des fins personnelles est largement tolérée. On utilise cette substance pour élaborer des tisanes, des tissus naturels, des baumes de massage, des huiles ou des confitures.

     

    Par ailleurs, les applications thérapeutiques du chanvre sont de plus en plus reconnues. Le monde médical calme des douleurs grâce à cette plante. Elle est prescrite dans bon nombre de cas de sida, d’anorexie, de traitement de chimiothérapie et de sclérose en plaques.

     

    Si sur son utilisation, la Suisse est tolérante. Elle l’est beaucoup moins sur sa production.

     

    Bernard Rappaz a écopé, en Valais, près de 6 ans de prison ferme principalement pour en avoir cultivé, une peine bien supérieure à celle infligée aux auteurs de violences conjugales, aux tueurs de la route, aux blanchisseurs d’argent sale ou aux violeurs.

     

    La justice valaisanne sanctionne, dans l’excès, le marginal, le provocateur, celui qui dérange. Déjà son grand-père et son père, anticléricaux, bouffaient du curé dans ce canton si chrétien, et pourtant si peu dans la compassion. Aujourd’hui, l’establishment local tient sa vengeance.

     

    Par rapport à cette peine démesurée, le monde des bien-pensants – les intellectuels, les journalistes, les religieux, les décideurs économiques, les politiques ou le monde juridique -  se tait ou se cache derrière la sacro-sainte justice intouchable. Pis, certains en rajoutent une couche contre Rappaz, le qualifiant même de grand trafiquant de drogue. Quelle hypocrisie !

     

    J’ai vécu mon enfance et mon adolescence dans un quartier très populaire de Genève : Aïre-Le-Lignon. Ce n’est pas dans cette cité que j’ai été confronté le plus au cannabis. C’est bien dans ce monde des bien-pensants que j’ai vu le plus de fumeurs de marijuana. C’est parmi les politiciens, les dirigeants d’entreprise, les journalistes et les milieux juridiques que j’ai croisé le plus d’adeptes de la fumette. Certes souvent dans un contexte festif et sans abus gigantesque. Et je ne parle pas de l’alcool, de la cigarette, du cigare ou des médicaments.

     

    Le monde s’offusquant de l’attitude de Bernard Rappaz, le poussant à l’auto-peine de mort, forme une belle équipe de faux-jetons.