• Les Islamistes marocains vont-ils libéraliser l’avortement ?

    Surprenant ! Deux mois après sa victoire électorale au Maroc, le Parti Justice et Développement, mouvement islamique modéré, se déclare prêt, par la voix de son Premier Ministre, Abdelilah Benkirane, à légaliser partiellement l'avortement.

     

    Le Parti marocain du Progrès et du Socialisme avait préalablement soutenu cette idée progressiste. Sa leader féministe, Nouzha Skalli, avait été la première Ministre à prendre ouvertement position en faveur de cette liberté de conscience. Elle estimait que l'avortement « permettrait à la mère de mettre un terme à sa grossesse dans certaines conditions, dont la malformation avérée du fœtus, le déséquilibre mental de la mère ou encore sa précarité. »

     

    Il faut dire qu'il y a urgence, puisque, selon une étude de 2008, 600 avortements clandestins sont réalisés chaque jour dans ce pays. L'Association marocaine de lutte contre l'avortement clandestin estime, quant à elle, ce chiffre à 900.

     

    Les risques de ces interventions sont terribles. 13% des décès de mères sont causés par les conditions précaires de ces avortements, selon l'Organisation Mondiale de la Santé.

     

    Le droit à l'avortement est un droit humain essentiel. Les mères doivent avoir le choix de leur maternité.

     

    D'ailleurs l'avortement est un droit reconnu par les Hadiths, interprétations évolutives du Coran. Selon ces écrits, Mahomet prétendait que l'âme était insufflée dans le fœtus au terme du quatrième mois. Durant ces 120 jours, le droit à l'interruption volontaire de grossesse est donc accepté. D'autres courants musulmans fixent cette limite à 40 jours.

     

    Si le Maroc veut tendre vers la démocratie, ce débat thématique doit être amorcé et déboucher rapidement sur une décision donnant un vrai droit aux femmes.

  • La paix plutôt que la pauvreté

    La pauvreté est énorme en Israël. Près d'un adulte sur quatre vit au-dessous du seuil de pauvreté. Plus grave, cette précarité touche un enfant sur trois. Les conditions d'habitat sont inquiétantes. La vétusté gangrène les villes. Même les survivants de la Shoah se retrouvent dans cette galère, puisque 25% d'entre eux font partie des plus défavorisés.

     

    Pourtant, le potentiel économique existe. Ce pays est assommé par les dépenses militaires. Le budget militaire de cette petite nation atteint annuellement les 13 milliards de dollars. Presque 7% du produit intérieur brut (PIB) sont consacrés à préparer une guerre éventuelle, ce qui représente 10% du budget total de l'Etat. En comparaison, l'Iran consacre 2,7% de son PIB au secteur militaire. Les Etats-Unis, pays malheureusement présent dans bien des conflits, dépense 4,7% pour son armée. Les grandes puissances occidentales engagent entre 2 à 4% pour ce type de dépenses. Ces proportions montrent l'ampleur déraisonnable des budgets militaires de l'Etat hébreu. Avec ses 7,5 millions d'habitant-e-s, Israël possède la 4ème ou 5ème armée du monde, place variant suivant les années, et l'a doté de l'arme nucléaire.

     

    Si ces sommes colossales étaient investies dans l'éducation, le logement, la santé, le social, l'économie et l'environnement, Israël vivrait mieux. Pour réussir cette métamorphose, ce beau pays, riche d'histoires, doit s'engager dans un processus de paix durable avec les pays arabes et accepter la création d'un Etat palestinien.

     

    La paix, socle de base de l'épanouissement des peuples, apportera de la quiétude à cette région. Elle dégagera en outre des moyens pour investir dans la solidarité plutôt que les armes.

     

    Christian Brunier, ancien député PS, Genève

  • Le droit de manifester est inaliénable

    L’article 7 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen énonce clairement : « Le droit de manifester sa pensée et ses opinions, soit par la vole de la presse, soit de toute autre manière, le droit de s'assembler paisiblement, le libre exercice des cultes, ne peuvent être interdits. »

     

    Le 11 mars, le peuple de Genève votera sur une loi limitant drastiquement le droit de manifestations sur le domaine public.

     

    On ne peut pas applaudir les manifs du Printemps arabe, les rassemblements en Birmanie, l’occupation de Tien an men à Pékin ou les protestations contre l’autocratie en Russie, et, dans le même temps, introduire un régime de prohibition d’un droit démocratique inaliénable  à Genève, en utilisant scandaleusement les tristes casses durant G8. Il faut se rappeler que ces salopards de casseurs avaient agi en dehors de la manifestation contre les délires des milieux financiers et n’avaient rien à voir avec les 100000 indignés ayant défilé pacifiquement.

     

    Tout démocrate doit s’opposer à la modification de la loi sur les manifestations, restreignant dangereusement un droit suprême

     

    Christian Brunier, ancien député PS

  • Miscellanées du 13 janvier 2012

    La loi Godwin provient d'un énoncé en 1990 de Mike Godwin relatif au réseau Usenet. Sa théorie est simple. Plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d'y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Adolf Hitler ou un excès de ce genre est grand. Dans un débat, atteindre le point Godwin signifie le fait de discréditer son interlocuteur par une insulte démagogique et excessive. Deux magnifiques enfoirés atteignent le point G, le point Godwin.  Le Pape Benoist XVI délirant sur le mariage des homos qui, selon le vieillard, « menace l'avenir même de l'humanité. » Bernard Accoyer, Président de l'Assemblée nationale française, estimant qu'une victoire de la gauche aux Présidentielles françaises provoquerait « des conséquences économiques et sociales comparables à celles provoquées par une guerre. »

     

    La connerie du jour ! Le penseur de l'UMP Christian Estrosi, l'ami de Sarkozy : « le Fouquet's a tout d'une bonne brasserie populaire. » Et le Champagne est une bonne vinasse ?

     

    Enfin et bravo ! Les Transports publics genevois et le Département de l'intérieur et de la mobilité du canton de Genève décident de réserver une voie au bus sur le Pont de Mont-Blanc. Lorsque j'étais Administrateur des TPG, au début des années 2000, nous avions déjà émis cette idée indispensable pour favoriser la mobilité douce. Le manque de courage politique a fait perdre une décennie à Genève. Mieux vaut tard que jamais ...

     

    A Zurich, des pasteurs enseignent la connaissance des religions à l'école publique, faute de professeurs. Quel est leur niveau d'objectivité pour parler, sans prosélytisme, des cinq principales religions ? Pourquoi n'évoquent-ils pas l'athéisme ? Libre penseur, la présence de religieux au sein de l'école laïque m'est insupportable. Un canton riche comme Zurich a les moyens de recruter des enseignant-e-s en suffisance.

     

    Pour avoir déclaré : « Je ne veux pas appartenir à une armée occupante. Je ne veux pas faire partie de ceux qui pointent leur arme en direction des civils palestiniens, et je ne crois pas que de telles interventions puissent apporter un quelconque changement, mis à part un plus grand antagonisme et plus de violence dans notre région. » et avoir, en conséquence, refusé de prendre les armes dans l'Armée israélienne, Tamar Katz, 19 ans, est depuis plus de cinquante jours en prison et purge sa troisième peine d'emprisonnement. Ce traitement est indigne d'une démocratie.

     

    La jeune activiste chilienne Camilla Vallejo est nommée personnalité de l'année 2011 de son pays. Cette communiste indignée de 23 ans a été l'égérie de la grève générale qui a paralysé le Chili pour réclamer davantage de politique sociale. Elle s'engage, de plus, pour défendre les droits estudiantins et l'éducation : « Nous ne voulons pas améliorer le système éducatif, nous voulons le réformer profondément. L'éducation n'est pas un bien de consommation, c'est un droit. »

  • Soirée à l'AG du PS ...

    Participe à l'Assemblée générale du Parti socialiste genevois. Nous décidons des mots d'ordre des votations du 11 mars prochain.

     

    Je combats la loi modifiant le nouvel horaire scolaire, prévoyant l'ajout du mercredi matin à l'école obligatoire. L'idée de faire croire qu'il y ait corrélation entre  la quantité des heures scolaires données et la qualité des connaissances et aptitudes assimilées est mensonger. « Travailler plus pour en savoir plus » a ses limites ! Pour prouver l'ancrage à gauche de la réforme, plusieurs intervenants jouent sur la corde sociale des socialistes. L'argumentation de prise en charge des plus défavorisés pour ne pas les laisser traîner dans les rues ou derrière la télé a aussi ses limites, à moins de les confier à 100% à l'Etat. Car ce principe pourrait aussi être formulé pour le mercredi après-midi, le week-end ou les vacances. En plus, plusieurs enfants en marge sociale connaissent des problèmes scolaires. Une overdose d'aller à l'école. Leur ajouter une ½ journée d'école supplémentaire ne peut éveiller qu'un rejet supplémentaire de l'établissement scolaire. Oui, le service public a un rôle à jouer pour cette catégorie de gosses, à travers le parascolaire, le périscolaire ou par l'offre d'activités éducatives, de loisirs, sportives ou culturelles. L'école ne peut être la seule réponse possible. Au final, les pros-mercredi remportent largement la partie par 20 voix pour contre 6, participation lamentable pour un grand parti.

     

    Je m'oppose à la modification de la loi sur les manifestations sur le domaine public, restreignant dangereusement le droit de manifester. On ne peut pas applaudir les manifestations du Printemps arabe, les rassemblements en Birmanie, l'occupation de la Place Tien an men à Pékin  ou les protestations contre le régime autocratique de Poutine en Russie, et, dans le même temps, introduire un régime de prohibition à Genève, en utilisant scandaleusement les tristes casses de quelques casseurs durant G8. Il faut d'ailleurs se rappeler que ces salopards de casseurs avaient agi bien en dehors de la méga-manifestation contre les délires des milieux financiers mondiaux et n'avaient rien à voir avec les 100'000 indignés ayant défilé pacifiquement.

     

    Je soutiens l'initiative populaire fédérale « Pour en finir avec les constructions envahissantes de résidences secondaires » en Suisse. Chaque seconde, un mètre carré est sacrifié en Suisse, parfois pour construire des résidences secondaires sous-occupées alors que la crise du logement sévit. En 25 ans, le nombre de résidences secondaires ont doublé dans notre pays. Il est temps de limiter, à 20% des terrains constructibles selon cette initiative, ce type de logements sous-occupés.

     

    Je m'oppose à l'initiative fédérale « Pour un traitement fiscal privilégié de l'épargne-logement destiné à l'acquisition d'une habitation à usage personnel ou au financement de travaux visant à économiser l'énergie ou à préserver l'environnement ». Sous cette appellation attrayante, cette initiative provenant des milieux immobiliers est un cadeau aux propriétaires, créant une nouvelle iniquité avec les locataires, très majoritaires dans notre pays (plus de 60% de la population suisse).

     

    Je vote en faveur de l'initiative fédérale populaire « Six semaines de vacances pour tous ».

     

    Je suis favorable à la loi fédérale introduisant un prix unique du livre. Pour maintenir la diversité culturelle, il me semble judicieux de sortir le livre du libre marché.

     

    Finalement, pour moi, c'est Oui au contreprojet sur les jeux d'argent en faveur de l'utilité publique. Ce contreprojet s'oppose à une éventuelle privatisation des Loteries et assure le versement du produit de ces jeux aux associations culturelles, sportives et sociales.

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