• Genevoiseries du jour ...

    Durant 12 jours, les comédiens Philippe Cohen et Julien Opoix ont diverti Genève avec leur spectacle d’impro de talent : « Tout ce que vous avez voulu savoir sur l’impro sans jamais oser le demander ». Pas une trace de ce bon spectacle dans les médias. La nouvelle diva mondiale du jazz, Melody Gardot, donne un concert d’exception au Théâtre du Léman de Genève. Quasiment aucune trace dans les médias. Pendant ce temps, l’annonce du chien de Silvester Stallone tué par un coyote occupait nos journalistes. Leurs priorités ne sont pas les miennes.

     

    Les viticulteurs genevois ont choisi comme Président, l’ancien Conseiller d’Etat genevois, Conseiller aux Etats, Robert Cramer. L’ami Bob promet de mieux promouvoir les crus genevois à Berne. Enfin un politicien qui sait de quoi il parle !

     

    Le Conseil municipal de Vernier a décidé à la quasi-unanimité de modifier son propre règlement. Le Conseiller municipal verniolan et Député du MCG Thierry Cerutti s’énerve contre une décision qu’il qualifie d’ « antidémocratique ». Le vote d’une grande majorité émanant d’une élection par le peuple est, selon cet élu du MCG, « antidémocratique ». Nous n’avons vraiment pas les mêmes valeurs.

     

    Le député genevois UDC Eric Bertinat écrit sur son blog : « Cocus ! Qui ? Tous les députés PLR qui ont retourné leur veste en acceptant le budget 2013 après accord avec leurs copains socialistes (…) » Cocu dans le dico : victime d’infidélité conjugale. Le PLR est donc victime d’infidélité conjugale. De la part de qui ? Avec qui ? Le Grand Conseil, une grande coucherie ?

     

    L’ami Christian Lüscher crie comme une jeune pucelle contre la délinquance lorsque quelques Roms roulent des grands naïfs en jouant au bonneteau sur les quais lémaniques. Cette arnaque est dérangeante et condamnable, pas trop dangereuse tout de même. L’élu PLR adopte la même sévère posture contre les squatters, les manifestants ou les jeunes alternatifs parcourant le canton en patins à roulettes. Le grand effarouché, prêt à fliquer le pays en voyant un pauvre tendre la main dans la rue, devient un grand tolérant face à la criminalité financière. Il se dit d’accord de lever le secret bancaire uniquement en « cas de fraude ou d’évasion fiscale répétée et portant sur des montants élevés. » Seules les récidives couplées à une grande ampleur de violation méritent une sanction, selon Cricri ? Drôle de conception de la justice pour un brillant juriste.

     

    A l’abordage … Didier Bonny, après avoir quitté le PDC, passe au Parti pirate, alors que nous l’attendions plutôt chez les Verts ou au PS. Comme disait Sénèque : « Lorsqu’on ne sait pas vers quel port on navigue, aucun vent n’est le bon. » Même quand on est pirate ?

     

     

  • Le phénomène Melody Gardot …

    Merveille ! Allons admirer le concert de Melody Gardot, l’une des voix du jazz actuel, au Théâtre du Léman de Genève.

     

    Elle n’a que 28 ans. Cependant, sa voix est posée et son swing plein de maturité. Elle se positionne déjà comme l’une des grandes voix de l’histoire jazzy. Ses musiciens sont hors pairs. La scène est envahie par le génie et la niaque.

     

    Les sons jazz sont teintés par tous les voyages de Melody Gardot, qui compose et écrit presque toutes ses compositions. Des relents fado, latino, folk ou rock viennent enrichir le phrasé jazz de la chanteuse aux milles talents. En plus, de leur technicité musicale et de leur sens mélodique, cette équipe a une excellente présence scénique. Melody Gardot chante, joue du piano, gratte sa guitare, mais elle communique abondement avec son public ; non sans humour.

     

    Ce concert est l’un des plus fabuleux que j’ai vu. A tomber !

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  • Les Gamins

    Ciné : Nous allons voir la comédie « Les Gamins » d’Anthony Marciano avec Sandrine Kiberlain, Mélanie Bernier, Alain Chabat et Max Boubil. Un jeune gars veut épouser son amie, séduite récemment. La passion déborde de partout. Il rencontre ses futurs beaux-parents. Le papa de la future mariée, Alain Chabat, est totalement désabusé par son mariage. Sa vie est chiante. Sa femme (S.Kiberlain) vit un trip new-âge et l’emmerde.

     

    L’ex-Nul dissuade son futur gendre de passer à l’acte et se barre avec lui pour vivre un quotidien d’ados, totalement déjanté. Les deux mecs multiplient les foires. Ils s’amusent comme des mômes et réalisent des conneries impertinentes. La liberté totale !

     

    Ce divertissement stimule le rire, sans grande prétention. Durant cet opus dédié à l’originalité, bienfait de l’existence, on y croise Iggy Pop et Patrick Bruel. Comédie amoureuse jubilatoire, ce film est un sain décontractant, dont l’amour sort, finalement, bien victorieux.

     

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  • Tout ce que vous avez voulu savoir sur l’impro sans jamais oser le demander

    Passons la soirée avec « Tout ce que vous avez voulu savoir sur l’impro sans jamais oser le demander », spectacle de Philippe Cohen et Julien Opoix. Assis au bar du Petit Casino, après une semaine harassante, dégustant une bonne bière genevoise « Calvinus », Philippe Cohen vient nous faire bosser. Creusons nos méninges et trouvons des noms qui serviront de carburant à nos deux improvisateurs. Nous évitons les mots trop creux. Pour aider les artistes et contribuer modestement au panache du spectacle, il faut dégotter des termes scintillants. Allez, nous écrivons « mensonge » et « Kâma-Sûtra ». Philippe nous demande encore une profession. Par galanterie, je cède le petit papier à Ariane qui consigne : « sage-femme ». Je balance à Cohen : « Je me réjouis de te voir jouer la sage-femme ». Le show débute. Les deux comédiens se mutent en prestidigitateurs de mots. Ils surfent avec le dictionnaire. Décomposent et enrichissent les termes choisis par le public, pour les rendre amusants. Pour transformer ces quelques mots griffonnés sur de petits papiers en répliques cinglantes, les deux improvisateurs sortent leurs palettes de talents. Tout y passe. Mime, grimaces, accents, chants, slam, légère chorégraphie, tous les moyens sont bons pour faire marrer les spectatrices et spectateurs. Le rythme est soutenu. Julien Opoix et Philippe Cohen sont polyvalents, complémentaires et talentueux. Des trésors d’à-propos et d’imagination. Leurs esprits sont alertes. L’interaction avec le public est constante. Ce panorama de tout le registre de l’impro est assurément un hommage à la bonne humeur.

  • Pour un Pacte de moralisation de la politique genevoise

    Tous pourris ? Beaucoup de personnes jugent négativement le monde politique. Les médias affichent, à la une, toutes les magouilles. Ils montent en exergue les scandales. C’est utile pour lutter contre les dérapages politiques. Par contre, ces affaires, ultra médiatisées, créent malheureusement l’amalgame.

     

    Pourtant, ayant agi durant plusieurs années dans ce monde politique, j’ai vu un nombre pléthorique de gens, toutes tendances confondues, donner énormément de temps pour améliorer la vie des citoyennes et des citoyens ; souvent au détriment de leur emploi, de leurs loisirs, de leur famille. Si les gueulards de bistrot donnaient autant pour la République, ce serait un tsunami d’énergie positive offert au bien-être de la collectivité. Or, nous parlons trop peu de cette majorité d’élues et d’élus qui s’engagent sans compter.

     

    A force de ne mettre en lumière que des points noirs, on stigmatise injustement l’ensemble des politiques et déstabilisons la démocratie.

     

    Pour conférer le respect que mérite la fonction politique, pour viser à l’exemplarité, un Pacte de moralisation de la politique genevoise devrait être conclu, à l’aube des élections cantonales.

     

    Celui-ci devrait inclure le renforcement de la publication des liens d’intérêts de chaque candidature. Le citoyennes et citoyens doivent connaître les lobbys, les associations, les syndicats, les clubs, les entreprises, les conseils d’administration et de fondation, les milieux religieux qu’une candidature porte.

     

    Une déclaration de patrimoine doit être mise en place. La publication, pour les candidates et candidats aux élections, de leurs revenus, de leurs fortunes et de leurs dettes devraient être condition de transparence. L’historique des relations entre une candidature et la justice devraient être connu de toutes et tous. L’exigence de probité doit être absolue !

     

    Le cumul des mandats, plaçant trop de pouvoir dans les mains d’une seule personne, doit être combattu. « Un mandat politique, une personne » doit être la règle. Un seul mandat politique à la fois répartirait mieux le pouvoir d’influence et augmenterait la qualité du travail fourni. Les exemples le prouvent, même parmi les meilleurs. Robert Cramer, brillantissime Conseiller d’Etat, a été très discret à Berne, tant qu’il additionnait son mandat cantonal à celui d’élu fédéral. Guy-Olivier Segond, malgré ses talents, avait accompli le même parcours auparavant. Les cumulards entre les instances communales et cantonales obtiennent des performances du même acabit. 

     

    La limitation de la durée de mandat doit devenir la règle pour métamorphoser la politique. Cette limite de temps forcerait au renouvellement des forces politiques et donnerait de l’oxygène à notre démocratie bien fatiguée.

     

    L’immunité parlementaire doit être restreinte au maximum pour ne pas conférer des droits supplémentaires au monde politique par rapport au peuple.

     

    L’Inspection cantonale des finances et la Cour des comptes doivent pouvoir contrôler le travail de nos élu-e-s, mais, de surcroît, leur moralité. La politique est une morale qui doit empêcher les femmes et hommes politiques de se sentir puissants, au-dessus de la mêlée, voire intouchables.

     

    L’accroissement de la moralisation de la politique est une clé du renforcement de la démocratie et une barrière contre la démagogie populiste qui exploite les quelques travers d’une minorité de moutons noirs, faisant bien du tort à nos institutions.

     

    La femme ou l’homme politique a un devoir d’exemplarité. Le monde politique doit adopter un dispositif pour épurer les quelques mauvaises herbes qui le polluent. 

     

    Christian Brunier, ancien député