Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe au 18ème siècle sans jamais oser le demander …

« Le sexe est une des neuf raisons qui plaident en faveur de la réincarnation. Les huit autres sont sans importance », Henry Miller.

Si vous voulez tout savoir sur l’amour et la sexualité du 18ème siècle, prenez la direction Château de Prangins où une exposition sur cette joyeuse thématique répondra à votre curiosité, sous l’appellation : « Et plus si affinités … ».

Le Musée National suisse met, à la Une, l’hédonisme et place en avant les aspirations à davantage de liberté, tout en abordant aussi la censure, les contraintes religieuses ou le mariage forcé.

Les flèches de deux cupidons nous convient à pénétrer dans cette visite, qui nous fait transiter d’une alcôve à une autre. La muséographie est sobre, mais intéressante.

Le diablotin libertin se cache dans les détails. Dans le bois d’un lit à baldaquin, des scènes friponnes sont sculptées. Des gravures laissent apparaître de belles performances sexuelles.

A l’aide d’objets et de multiples documents, l’expo propose un parcours entre le réel et l’imaginaire galant. La vue est le sens qui stimule l’imagination et génère, avant ou avec le toucher, l’excitation sensorielle.

L’amour choisi librement prend le dessus sur les mariages arrangés, les multiples interdictions et les tabous. Le sexe pour la jouissance, ne se limite plus à la procréation. La société s’encanaille et ne se soumet plus aux dogmes religieux. Le siècle des Lumières ouvre les esprits et stimule les mœurs.

La passion amoureuse de Louis-François Guiger, le Baron de Prangins, pour son épouse de 17 ans sa cadette, trouve place dans ce cheminement érotique. Ces deux tourtereaux ont rédigé un journal sentimental à quatre mains pour graver leurs entichements sur le papier.

Dans ses billets doux à Dorothée Vernes, présents sous une vitrine de cette exposition, le mathématicien Louis Necker lance : « Amour que tu es délicieux ». Le mari de Dorothée, jaloux, le blessa par balle.

Du désir à l’acte sexuel, des expert-e-s de l’époque sont convoqué-e-s pour témoigner de leurs expériences sensuelles. Le séducteur Casanova, qui multipliait les expériences sensuelles et vénérait le fantasme, s’oppose à Auguste Tissot, le pudibond qui condamnait la pratique du plaisir solitaire. Casanova racontait ses parties fines à Genève.

Un panneau rappelle que Diderot et d’Alembert dans leur Encyclopédie tentèrent de résumer l’Amour : « (…) Cet Amour est cependant véritable et on ne peut le confondre avec l’amitié ; car dans l’amitié, c’est l’esprit qui est l’organe du sentiment : ici ce sont les sens. Et comme les idées qui viennent par les sens sont infiniment plus puissantes …, ce qu’elles inspirent est passion. »

Plongez dans cette délicieuse intimité où le plaisir coquin est au centre de toutes les attentions.

Ce 18ème siècle a été un tremplin vers la modernité. Pour s’en convaincre, il suffit d’admirer la vitrine où se trouve une redingote anglaise, aïeul du condom. Cette capote est réalisée à partir d’une panse animale. Giacomo Casanova écrivit : « Je leur fis voir alors les petits sachets préservatifs que les Anglais ont inventés pour mettre le beau sexe à l’abri de tout crainte. Ces petites bourses, dont je leur expliquai l’usage, firent leur admiration. »

Cette conquête de l’amour libéré nous rappelle que liberté et liberté sexuelle vont si bien ensemble, alors que les castrateurs de toutes sortes sont encore trop présents.

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