Abolir l’excision et valoriser le droit au plaisir

« La Convention des Nations Unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) et la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant ont également demandé à ce qu’il soit mis un terme à cette pratique de l’excision, tout comme plusieurs autres instruments juridiques des Nations Unies sur les droits humains », Organisation Mondiale de la Santé.

Dans les chaleurs de l’été, une heureuse nouvelle s’est glissée dans l’actualité, souvent sombre. Le Soudan a approuvé une loi interdisant l’excision. Les contrevenants sont passibles de peines pouvant aller jusqu’à trois ans de prison ferme. C’est bien la moindre des choses. C’est, pourtant, une sacrée évolution.

Jusqu’à présent, le Soudan était l’un des pays d’Afrique où les mutilations génitales féminines étaient le plus pratiquées. 87% des filles et des femmes de 15 à 50 ans sont excisées. Pour la majorité, cette mutilation, assimilable à un acte de torture, était réalisée avant 11 ans et dans des conditions sanitaires catastrophiques. Les conséquences physiques et psychologiques sont terrifiantes. Dans certains milieux, les femmes non excisées sont marginalisées, rejetées, jugées impures.

Les Autorités soudanaises considèrent, désormais, cet acte barbare comme un délit qui « porte atteinte à la dignité de la femme ».

Faire respecter cette nouvelle législation sera difficile. L’impunité ne devra pas régner, si le Soudan souhaite révolutionner les mentalités.

Il est tout de même admirable de souligner ce changement positif de politique.

Le Premier Ministre du Soudan, Abdallah Hamdok, a salué « un important pas sur la voie de la réforme judiciaire et de la réalisation du slogan de la révolution : liberté, paix et justice ».

Cette action bénéfique résulte de la mise en place d’un nouveau gouvernement suite à la révolte populaire qui a chassé du pouvoir le régime dictatorial dirigé par Omar Al-Bachir. Les femmes ont joué un rôle majeur dans cette révolution de la rue.

L’excision est un acte de mutilation ignoble, de violence sexiste, contraire aux droits humains. Empêcher le plaisir d’une femme et violer son émancipation doit être puni comme il se doit.

Ce travail de justice doit être couplé à de nombreuses actions éducatives, culturelles et de santé publique pour que ces actes cruels finissent dans la poubelle de l’histoire.

Les femmes, ici comme ailleurs, exercent un rôle de progrès et d’humanisation qui devrait inspirer bien des hommes.

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Commentaires

  • Les personnes âgées obligeront leurs filles à continuer la pratique! Une révolution à la clé!?

    J'espère que cet acte barbare cesse!

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