L’éthique et la confiance

« L’éthique, c’est l’esthétique de dedans », Pierre Reverdy, Artiste surréaliste. A SIG, entreprise publique détentrice d’une Charte éthique, nous avons organisé un séminaire sur l’éthique. Cette valeur philosophique oriente les comportements à adopter pour rendre le monde respectueux, construire une entreprise inclusive et viser l’humanisme.

Nous avons invité Xavier Fontanet, défendant l’éthique managériale. Xavier Fontanet est Ingénieur des Ponts et Chaussées et détenteur d’un Master en Science du management du MIT de Boston. Il est Professeur en stratégie à HEC Paris, chroniqueur aux Echos et animateur sur la TV BFM Stratégie. Il a été consultant au Boston Consulting Group ; puis Directeur général de Bénéteau qui est devenu, sous sa houlette, numéro 1 mondial des constructions de voiliers. Il a dirigé le groupe Essilor qui a connu, sous sa direction, une croissance exceptionnelle. Cet Officier de la Légion d’honneur, de l’Ordre du Mérite, ce Rayon d’or de l’Ordre japonais du Soleil Levant, ce Prix Renaissance de l’économie, est ou a été Administrateur de plusieurs sociétés, comme : L’Oréal, Schneider Electric, la Fondation de l’entreprise Carrefour, Essilor, Crédit Agricole ou le Fonds stratégique d’investissement. Fils de l’ancien Ministre français Joseph Fontanet, il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur ses expériences et sa passion de l’entreprise. Mentionnons notamment : « Si on faisait confiance aux entrepreneurs » ; « Pourquoi pas nous ? » ou « Que chacun s’y mette ! ». Il a créé la Fondation Fontanet, sous l’égide d’HEC Paris, qui a pour objectif d’apporter un regard nouveau sur les entreprises et mécanismes économiques. Son exposé s’intitule « L’Ethique et la Confiance ». Selon lui, il y a actuellement un mouvement très sain, celui de réfléchir aux problèmes d’éthique (ou de morale) en lien avec l’entreprise. En fait, une entreprise ne peut être ni éthique ni morale , ce sont les personnes travaillant dans l’entreprise qui ont ou n’ont pas des comportements éthiques ou moraux. La clé est de créer un climat de confiance dans l’entreprise, mais aussi avec toutes ses parties prenantes. On crée un vrai environnement de confiance et toutes les questions qu’on peut se poser sur l’éthique se règlent d’un seul coup. La confiance, c’est, pour Xavier Fontanet, trois choses : la confiance en soi, dans l’autre et dans la stratégie. Ces trois principes sont difficiles à obtenir et surtout à faire durer. Il faut évidemment récompenser en cas de succès et mener une pédagogie des échecs. Pour qu’il y ait un vrai succès ou un échec pédagogique encore faut-il qu’il y ait eu prise de responsabilité. Xavier recommande donc que l’organisation donne des responsabilités au maximum d’employé-e-s, parce qu’elle permet de développer la personnalité et la confiance que l’on a en soi. Cette confiance que l’on a en soi, qui est un difficile, équilibre entre trop d’assurance et excessive modestie, est la pierre angulaire de la construction d’un authentique système de confiance. Tout est donc lié ! Après avoir écouté Xavier Fontanet, et même si plusieurs idéaux nous opposent, je me dis que chaque dirigeant-e d’entreprise doit se remémorer en continue la citation de Nelson Mandela, une référence en la matière : « Un leader en tout point éthique est susceptible d’être pour beaucoup une source d’inspiration et d’émulation. » N’est-ce pas le rôle central d’une ou d’un manager ?

Commentaires

  • Vous avez raison, L’Oréal, Schneider Electric, Essilor, Crédit Agricole et Boston Consulting sont la quintessence de l'éthique et de la morale. J'espère que vos collaborateurs ont apprécié. Les leçons de morale, je veux dire.

  • Je me suis installé depuis quelques années dans un pays d`Europe Centrale membre de l`Union Européenne et dont les dirigeants politiques successifs depuis l`écroulement du communisme étaient et sont notoirement aussi corrompus que populistes. En tant qu`observateur neutre puisque pas plus engagé politiquement que professionnellement (je suis retraité), j`ai constaté que le manque d`éthique au niveau des dirigeants politiques, a mesure que celle-ci devenait évidente meme pour les électeurs des partis au pouvoir (d`abord la droite, puis la gauche et maintenant la droite encore), se retrouvait refkétée dans le manque d`éthique général des entreprises vis-a-vis de leurs employés mais aussi de leurs clients. Ergo, la démocratie véritable, avec son obligation de moralité et de transparence - et donc d`éthique - quant au politique semble bien etre une condition de l`éthique dans le milieu des entreprises.

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