Les Quincados, une envie de vivre pleinement

« Qu’est-ce que le bonheur sinon l’accord vrai entre un homme et l’existence qu’il mène ? », Albert Camus.

Pour Noël, on m’a offert le livre de Serge Guérin : Les Quincados. Ce sont les quinquagénaires qui gardent des âmes d’ados. L’auteur, sociologue spécialisé dans l’intergénérationnel, valorise les Quincados : « Sans pour autant fuir son âge, il imagine une autre façon d’en prendre sans vieillir, se fait porteur de changement, s’improvise révolutionnaire du quotidien, lanceur de tendances. Tout plutôt que le train-train et l’ennui qui l’accompagne ! »

Venant de différents milieux, exerçant des métiers très différents, les Quincados se caractérisent par la liberté de vivre selon leur choix. Ils récusent le conformisme.

Ils ont plus de 50 balais, mais gardent un élan déconcertant. Cette envie de façonner la vie, de faire évoluer la société, de casser l’habitude et les stéréotypes. Ils pimentent leur quotidien. 

La routine est prohibée et le plaisir de vivre est leur objectif. Tout pour le plaisir ! Epanouissement total !

Il faut dire que souvent durant ta décennie de quinquagénaire, tu as accumulé de belles expériences t’apportant une puissance d’action, sans forcément devenir un vieux con ; tu as réalisé une bonne partie de ton parcours professionnel et tu n’as plus les pressions de la réussite que les jeunes portent sur leurs épaules ; tu possèdes fréquemment le meilleur revenu de ton existence, t’offrant un peu d’aisance ; tes enfants prennent ou ont pris leur autonomie ; malgré les années écoulées, tu restes en santé ; … Généralement, évidemment avec plein d’exceptions, la vie est plus légère durant cette période. D’où une force d’action gigantesque pour réaliser de belles actions et bénéficier de bons moments.

Les Quincados affrontent les années, mais avec détachement, avec humour. «  A la différence de ces bataillons de seniors attristés, de ces cohortes d’adultes fatigués et de ces hordes de juniors désabusés, ils font de la joie et de la curiosité un moteur pour aborder la tête haute le reste de leur vie », écrit Serge Guérin.

Et à Picasso de conclure : « Il faut du temps pour devenir jeune » …

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Commentaires

  • Le bonheur nait de la satisfaction du devoir accomplis. Tout le reste n'est qu'illusion.

  • Bien-sur, bien-sur... mais vous etes-vous demandé pourquoi tant de gens d`un certain age étaient aussi maladroits au bonheur, monsieur Brunier ? Le sort est un animal tres capricieux qui épargne certains tout en accablant d`autres, Lorsque l`on a atteint plus de cinquante balais au compteur apres avoir subi toutes sortes de pertes dans l`existence, surtout bien-sur la perte d`etres chers, il n`est pas si facile de pratiquer le bonheur au jour le jour. Cela dit, je vous félicite pour votre grande aptitude a vous faire aimer par la vie et vous souhaite tout de bon pour l`année a venir !

  • Certes, mais Camus avait une vison de l'existence moins optimiste qu'il n'y paraît supra: «La liberté est une illusion qui s'arrête à la mort. Si la liberté n'a de sens que par rapport à son destin limité, ce qui compte n'est pas de vivre le mieux, mais le plus. La croyance en l'absurdité de la vie revient à remplacer la qualité des expériences par la quantité» (*). Principe que nous mettons à profit depuis le début de la cinquantaine.
    (*) Albert Camus, «Essais», Pléiade.

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