Solidarité - Page 2

  • Faire du social, en ouvrant les yeux sur la réalité de terrain

    A Genève, le débat gronde sur les emplois de solidarité (EDS). Quand j’étais encore député, j’avais voté contre la loi instituant ce type d’emplois, craignant le sous-paiement de collaboratrices et collaborateurs.

     

    Depuis, dans mes activités associatives, j’ai rencontré ces EDS sur le terrain. Un peu en retrait du monde politique, je peux observer les débats électoraux avec plus de hauteur et affirmer qu’anéantir ce statut d’employé-e, pour soi-disant combattre le dumping salarial, est une simplification extrême. La réalité est bien plus complexe, comme la plupart des dossiers politiques. Sous le couvert de ces EDS, nous retrouvons des personnes bien différentes.

     

    Si les EDS permettent de moins payer des personnes bien formées au terme de leur période assez courte de chômage - souvent des jeunes à la recherche de leur premier emploi - plutôt que de les engager en tant que personnel fixe, ceci n’est pas acceptable. Les syndicats et la gauche ont raison de combattre ce genre de situation. Si les EDS permettent à des gens à l’assistance, en grande rupture sociale, de retrouver une occupation, de se former, et surtout de reconstruire des liens sociaux, ces statuts ont du sens.

     

    Naturellement, les salaires définis par la loi, et non pas fixés par les associations qui les emploient, sont assez bas. Si je reprends mon premier cas cité ci-dessus, ce niveau de salaire est indécent. Si nous considérons le second exemple, ce revenu est bas, mais offre à des personnes, « larguées socialement », ayant quasiment aucune chance de trouver un emploi - même au sein d’un syndicat - d’entrer dans un sas de reconstruction personnelle. Cette étape, entre l’assistance et le marché du travail, est une possibilité d’ouvrir, à ces personnes, de nouvelles perspectives d’avenir. Là, les EDS ont du sens. D’autant plus, que ces salaires modestes sont au-dessus de l’assistance et souvent complétés par des aides sociales.

     

    Dans cette situation, anéantir tous les EDS, repousserait ces personnes dans la marginalité. Les syndicats et la gauche devront être prudents afin de ne pas casser de l’humain, en voulant défendre les droits des salarié-e-s sans toujours se confronter suffisamment à la réalité de terrain.

     

    Christian Brunier, ancien député socialiste et militant associatif

  • Primes d’assurance-maladie payées en trop, remboursez-nous !

    Signe la pétition, lancée notamment par le Parti socialiste genevois, concernant les assurances-maladie : Primes payées en trop, remboursez-nous !  Les promesses doivent être tenues ! Deux milliards, c’est ce qu’ont payé en trop, de 1996 à 2011, les assurés de 9 cantons pour financer les réserves de l’assurance maladie obligatoire. Il s’agit notamment des cantons suivants : Vaud 603 millions ; Genève 351 millions ; Neuchâtel 22 millions ; Fribourg 23 millions ; Zurich 465 millions ; Tessin 140 millions ; Thurgovie 82 millions (données : OFSP, novembre 2012). Les propositions pour corriger cette injustice ne manquent pas : Le Conseil fédéral a proposé de compenser sur une période de six ans et pour moitié ces sommes versées grâce à la répartition de la taxe CO2. Or, quatorze cantons s’y sont opposés.  En septembre 2012, la Conférence des 26 chefs des départements cantonaux de la santé ont proposé que ce soient les assureurs qui remboursent sur une période de trois ans ce qui avait été payé en trop.  Or, d’hésitations en contre temps, on risque de ne rien obtenir du tout. Même si la nouvelle loi sur la nouvelle surveillance de l’assurance maladie prévoit que, dans le futur, les primes payées en trop seront remboursées l’année suivante. Mais cela ne concerne que l’avenir ainsi qu’une éventuelle situation similaire et non pas le passé ! Les assurés spoliés demandent donc justice et réclament d’être remboursés sans de nouvelles tergiversations. Il s’agit d’une simple question d’équité et de respect du fédéralisme.  Alors que le Conseil fédéral s'est engagé à trouver une solution pour rendre aux assuré-e-s les primes indûment encaissées et que les Chambres fédérales ont accepté des propositions parlementaires dans ce sens, la commission de santé et de sécurité sociale du Conseil des Etats vient de balayer tout remboursement. Les promesses faites doivent être tenues ! Nous demandons que cette injustice soit rapidement corrigée et que les assurés spoliés soient remboursés.  Cette pétition s’adresse au Parlement fédéral et au Conseil fédéral qui peuvent décider de la procédure et du délai de remboursement. Elle sera aussi adressée aux gouvernements et aux parlements cantonaux des cantons concernés.

     

    http://www.ps-vd.ch/petition

  • Le plus grand millefeuille du monde

    Je participe, très modestement, à la réalisation du plus grand millefeuille du monde, à Palexpo, durant la Foire de Genève.Cet événement marque les 25 ans de l’entreprise de Gilles Desplanches, avec qui j’ai siégé  au Grand Conseil genevois et avec lequel j’ai suivi mon cursus MBA. Cet exploit est réalisé au profit du dépistage du cancer du sein, cause qui me tient particulièrement à cœur. Ma femme a d’ailleurs présidé, durant près d’une décennie, la Fondation genevoise de dépistage du cancer du sein.

     

    Participent notamment à la conception de ce gâteau géant : Isabel Rochat, Conseillère d'Etat genevoise ; Sami Kanaan, Conseiller administratif de la Ville de Genève ; Marie-Thérèse Porchet, artiste ; Alain Morisod, artiste ; Pierre Froidevaux, le boss de SOS Médecin ; Robert Deillon, Directeur de l’Aéroport de Genève Cointrin ; Michel Balestra, ancien Président du Conseil d’administration des Hôpitaux Universitaires de Genève ;Jacques Jeannerat, Directeur de la Chambre de Commerce, d’Industrie et des Services de Genève ; Michel Forni, Président d’Honneur du Réseau Cancer du sein ; Claude Membrez, Directeur général de Palexpo ; Gabriel Barillier, le futur Président du Parlement genevois, et bien d’autres volontaires de talent.

     

    Après 3 heures 30 de labeur, le record tombe. Je ne prends qu’une petite pause de 20 minutes pour aller faire un petit coucou, avec Sami Kanaan, aux viticulteurs genevois, et plus spécialement à notre ami Loulou Serex. Le gâteau géant atteint 1'221,67 mètres. Il est homologué par une Juge, Anna Orford, du Guiness des records. Le précédent record était détenu par nos amis belges, avec une pâtisserie de 1’031,25 mètres. Notre œuvre est coupée en 30'000 tranches. Notamment, tous les enfants des cuisines scolaires de la Ville de Genève en recevront, demain, une part. Grâce à l’association « Partage », plusieurs personnes défavorisées en mangeront aussi un morceau.

     

    Cette aventure était une idée généreuse, ludique et conviviale. Bravo à Gilles pour cette belle initiative !

     

    Millefeuille.jpg

  • Le social, antidote des extrémismes !

    Dans son ouvrage « Le Prophète de l'Islam et ses Califes », Khaled Ridha met en lumière le sens de la solidarité coulant dans les veines de la religion musulmane : « Son caractère social prononcé fait de lui (l'Islam) un vecteur d'espérance et de mobilisation pour  les opprimés et les laissés pour compte des politiques officielles. » Les plus intégristes exploitent ce filon au maximum pour recruter leurs fidèles parmi les « sans-espoir ».

     

    En Israël, une étude sérieuse prouve qu'un Israélien sur trois vit au-dessous du seuil de pauvreté. Ce chiffre catastrophique s'aggrave chez les enfants, puisqu'un gosse sur trois est concerné par ce manque de ressources. Là aussi, les Juifs ultra-orthodoxe attirent ces personnes en rupture sociale. Lors du Shabbat  et des Fêtes juives, les mouvements religieux les plus durs offrent des repas aux pauvres et les intègrent, pour mieux les manipuler. Par leurs contacts, ils leur permettent de renouer des lieux sociaux. Mais, à quel prix ?

     

    Les sectes, les mafias et les mouvements populistes agissent de la même façon ; « chassant » les « mal dans leur peau » et les fragilisés de l'existence pour soi-disant les soutenir.

     

    Le désespoir social est le terreau de l'endoctrinement. Les extrémistes de tout poil, les fous de Dieu, l'ont bien compris.

     

    Le terrain gigantesque laissé libre par l'Etat est conquis par les pires mouvements. Le libéralisme économique à tous crins, coincé dans l'engrenage du profit à court terme, a asphyxié le social. La solidarité est montrée du doigt comme un luxe inutile. On fustige les défavorisés. On les marginalise. On les culpabilise. On les stigmatise en les assimilant aux profiteurs, aux tricheurs et aux bons à rien. Quelle horreur ! Quelle erreur ! Cette politique de délabrement du tissu social se paie cache et fait le lit de la résurgence des extrémismes.

     

    Reprendre le flambeau du social, retisser des liens humains, doit devenir une priorité des politiques. Cet engagement en faveur de la solidarité redonnera de la dignité et de l'espoir aux plus humbles. La rupture sociale n'est profitable à personne. Un meilleur investissement dans le social sera un antidote efficace contre les extrémismes religieux et politiques.

     

    Christian Brunier, ancien député socialiste

    Genève

  • Salut Tatie Danielle,

    Une sacrée indignée nous dit salut ! Danielle Mitterrand, la résistante contre le nazisme, puis contre toutes les formes d'inégalités a quitté ce monde. Femme de gauche, militante inlassable de la défense des droits humains, cette mère courage était admirable.

     

    Elle était venue à la rencontre d'une délégation parlementaire genevoise pour évoquer avec nous, et l'ancien Président socialiste portugais Mario Soares, le droit à l'eau pour chacune et chacun. Elle militait avec générosité pour que l'eau devienne, partout, un bien commun de l'humanité, et pas un simple produit de consommation comme un autre. Cette rencontre était un cadeau !

     

    Il y quelques temps, je l'avais invité pour parler publiquement, à Genève, de cette belle cause. Elle avait, à mon grand dam, décliné mon invitation pour des raisons de santé.

     

    Elle reste, pour moi, un modèle d'authenticité et d'obstination pour le bien commun. En tant que première Dame de France, elle s'est sans cesse engagée pour que la France soit un modèle de démocratie, en conformité avec les valeurs de la République. Tirant son mari sur la gauche, elle le rappelait souvent à l'ordre pour respecter les engagements de justice sociale du mouvement qui l'avait amené au pouvoir.

     

     A la tête de France Libertés, elle a déployé toute une série d'actions très concrètes pour améliorer le sort de plusieurs humains à travers le monde. Sa vie a été dédiée aux autres et tout spécialement aux plus défavorisés.

     

    Aujourd'hui, nous ne pouvons qu'éprouver de la reconnaissance envers cette femme exceptionnelle. La grande famille de la gauche vient de perdre l'une  de ses membres les plus lumineuses. Que cette sincérité soit un modèle quotidien de nos luttes.

     

    Christian Brunier, anc. député PS