Musique

  • L’air joyeux d’Armstrong

    « Il faut aimer pour être capable de jouer », Louis Armstrong.

    Louis Armstrong fêterait, ce jour, ses 119 ans. Il est né le 4 août 1901, à la Nouvelle-Orléans, en Louisiane.

    Un jazzman ne peut jamais être totalement mauvais, tant cette musique incarne la liberté. Mais lui, il était carrément bon. Positif naturellement ! Bon vivant assurément ! Il avait un goût immodéré pour les plaisirs de la table, pour le chanvre, pour la déconne, pour l’extase sexuelle. Lucille, son épouse, glissa au Pape Pie XII : « Nous n’avons pas d’enfants, ce n’est pas faute d’essayer ! »

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  • Carpe diem du 28 mars 2019 … Moment de bonheur intense avec l’OSR …

    Moment de bonheur à apprécier dans toute son ampleur. Nous avons assisté, hier soir, au concert de l’Orchestre de la Suisse romande (OSR), au Victoria-Hall de Genève, sous la direction du sympathique et talentueux Jonathan Nott. Le soliste de la soirée était le prodigieux et jeune pianiste Jean-Frédéric Neuburger, que nous avions déjà adoré à l’Alhambra de Genève.

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  • Le phénomène Melody Gardot …

    Merveille ! Allons admirer le concert de Melody Gardot, l’une des voix du jazz actuel, au Théâtre du Léman de Genève.

     

    Elle n’a que 28 ans. Cependant, sa voix est posée et son swing plein de maturité. Elle se positionne déjà comme l’une des grandes voix de l’histoire jazzy. Ses musiciens sont hors pairs. La scène est envahie par le génie et la niaque.

     

    Les sons jazz sont teintés par tous les voyages de Melody Gardot, qui compose et écrit presque toutes ses compositions. Des relents fado, latino, folk ou rock viennent enrichir le phrasé jazz de la chanteuse aux milles talents. En plus, de leur technicité musicale et de leur sens mélodique, cette équipe a une excellente présence scénique. Melody Gardot chante, joue du piano, gratte sa guitare, mais elle communique abondement avec son public ; non sans humour.

     

    Ce concert est l’un des plus fabuleux que j’ai vu. A tomber !

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  • Ron Carter, un génie du swing !

    Allons voir, au Victoria-Hall de Genève, le Pape de la contrebasse de jazz : Ron Carter. Il touche les cordes avec volupté et dégage un plaisir jouissif. Peut-être parce que son instrument évoque la forme d’une silhouette féminine. Il est accompagné d’un big band de haut vol : le WDR Big Band, des Allemands venant de Cologne. Ron Carter, en star n’ayant plus rien à prouver, laisse beaucoup de place pour que chaque musicien puisse faire éclater son talent. Les individualités sont remarquables, mais jamais au détriment du collectif. Ça swingue. Ça déménage. Tout est bon ! Mon léger état grippal disparaît, transporté par cette musique.

     

    Ron Carter s’impose par son style tout en décontraction, en classe et en humilité. Son charisme envahit la scène, tandis que ses cordes scandent les sons de la liberté musicale la plus grande. Il assume son rôle de pivot dans la rythmique de cet orchestre. Sans porter ombrage aux autres. Tout sonne rond, équilibré, harmonieux.

     

    Du haut de ses 76 ans (en mai prochain), qu’il porte dans un costume de jeunesse éternelle, cette figure historique du jazz a enregistré près de 2'500 à 3'000 albums. Il a joué avec les plus grands : d’Herbie Hancock à Wayne Shorter, de Thelonious Monk à Art Farmer, de George Benson à Freddie Hubbard, de Billy Cobham à Stan Getz.

     

    Ce mythe du jazz valorise ses compagnons de la soirée. Lorsque l’un des musiciens se lance dans un chorus, Ron Carter le soutient, parfois le guide. Il le fait briller. L’ancien contrebassiste de Miles Davis a un son hors du commun, allant jusqu’à « délirer » sur un air classique en plein solo. Grâce à sa dextérité et son sens mélodique, il peut prolonger des impros, seul, en subjuguant le public.

     

    Et puis, la section de saxs accomplit une parade, les trompettistes tapent dans les aigus, les trombonistes jonglent avec leur coulisse, et là, Ron Carter se fond dans la section rythmique.

     

    Nous passons une très, très, très belle soirée. Comme seul le jazz est capable de nous l’offrir.

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  • Jazzmaniaque

    Lu « Jazzmaniaque » de l’insoumis Siné. Il aime la provoc, l’humour corrosif, la polémique, le bon pinard, les femmes, le plaisir sous toutes ses formes … et forcément le jazz.

     

    Dessinateur et scribe, il a collaboré à un tas de revues humoristiques et à plusieurs revues de jazz : Jazz Magazine et Jazz Hot. « Jazzmaniaque » est le regroupement de plusieurs textes, illustrations, pamphlets, chroniques, dessins, affiches, pochettes de disques élaborés par Siné dans le registre du jazz.

     

    Il aime cette musique car elle symbolise le mouvement et la liberté : « Moi j’aime bien prendre tout dans la gueule. Le jazz, c’est de la musique populaire, pas la messe. C’est là pour foutre le bordel, sinon à quoi bon. » Le révolté Siné lie  le jazz à l’érotisme, nouvelle preuve irréfutable de l’esprit libre de cette musique : « J’ai découvert le jazz à l’adolescence, à l’âge où l’on ne pense qu’à ça. C’est probablement pourquoi j’associe inévitablement, depuis lors, cette musique au libertinage. » Un livre ressemblant à un chorus, libre, imprévisible, rythmé et tellement surprenant.

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